Le phoque, un mammifère menacé clé dans la compréhension de l’écosystème marin

Alors que les équipes du Zoo de La Flèche reviennent tout juste de trois jours de suivi des populations de phoques en mer d’Iroise (Finistère), elles ont souhaité attirer l’attention sur ce mammifère clé de l’écosystème marin classé comme quasi-menacé par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et sur les projets menés en France pour la conservation de cette espèce et de son écosystème.

Equipes du Zoo de La Flèche, d'Océanopolis, de l’Université de La Rochelle, de l’ONCFS et du parc marin de la mer d'Iroise lors du marquage d'un phoque. © Cécile Vincent
Equipes du Zoo de La Flèche, d’Océanopolis, de l’Université de La Rochelle, de l’ONCFS et du parc marin de la mer d’Iroise lors du marquage d’un phoque © Cécile Vincent

Les côtes françaises sont riches d’une biodiversité marine importante. De nombreuses espèces de mammifères marins y vivent. Une dizaine d’espèces de cétacés (dauphin commun, globicéphale noir etc.) et deux espèces de pinnipèdes (phoque gris et phoque veau marin) peuplent ainsi nos côtes. Les mammifères marins, et les phoques en particulier, sont, de par leur position dans les réseaux trophiques, d’excellents bio-indicateurs de la santé de leur écosystème.

Conscients de l’enjeu lié à la compréhension de cette espèce, l’Université de La Rochelle et le CNRS mènent depuis de nombreuses années des programmes de suivi de ces populations de pinnipèdes. Une équipe multidisciplinaire, regroupant biologistes et vétérinaires, a donc été constituée pour mener à bien ces études.

Désireuses de s’impliquer fortement dans le domaine de la recherche et de la conservation sur le territoire national, les équipes vétérinaires et animalières du Zoo de La Flèche s’engagent depuis 6 ans, aux côtés des biologistes de l’Université de la Rochelle et des membres de l’équipe du Parc naturel marin d’Iroise, pour assurer le suivi des populations de phoques sur la côte Atlantique. Ce suivi a pour but de déterminer l’utilisation par les animaux de leur espace vital et les limites de ce dernier. En découlent des recommandations pour la gestion des sites Natura 2000*, pour la conservation de cette espèce et en particulier sur les possibilités de cohabitation avec des activités économiques et touristiques pérennes.

Depuis 2010, le Zoo de La Flèche a fourni des moyens techniques et humains pour la réalisation de ce projet, notamment par l’encadrement vétérinaire, assuré par Cyril HUE, vétérinaire du Zoo de La Flèche, et le don de fournitures techniques (médicaments et matériel vétérinaire). Les soigneurs animaliers du Zoo, formés à la manipulation de mammifères marins, ont également participé au marquage des phoques sur le terrain.

Cet été, les équipes du Zoo de la Flèche ont retrouvé les membres de l’équipe du Parc naturel marin d’Iroise et Cécile VINCENT, biologiste de l’Université de La Rochelle, pour découvrir et analyser de manière détaillée l’évolution des données recueillies sur ces dernières années. Les recommandations apportées grâce à ces programmes ont déjà permis à la population de phoques d’augmenter : une nouvelle réjouissante dans la mesure où les deux espèces de phoques présentes sur les côtes françaises sont classées comme étant quasi-menacées par l’UICN.

Comment le suivi de ces populations de phoques est-il possible ?

Le suivi de ces mammifères marins est réalisé à l’aide d’un protocole novateur. Lors des expéditions passées, des balises GPS ont été placées sur les phoques. Ces dernières émettent les informations enregistrées (position GPS, profil de plongée, température de l’eau) sur les réseaux de téléphonie mobile. Elles permettent ainsi aux chercheurs d’obtenir des informations impossibles ou très difficiles à obtenir par des méthodes traditionnelles.

Pour fixer ces balises, chaque animal a été isolé à l’aide de filets spéciaux. Ramené sur la terre ferme, le phoque a été tranquillisé. Une fois l’animal immobilisé, une première équipe s’est chargée de la pose de la balise au niveau des cervicales, à l’aide d’une colle spéciale. Une seconde équipe s’est chargée des aspects vétérinaires : différents échantillons biologiques ont ainsi été récupérés (sang, poils etc.) pour réaliser des analyses.

 Balise GPS placée sur un phoque veau marin © Cécile Vincent
Balise GPS placée sur un phoque veau marin © Cécile Vincent

Le saviez-vous ?

Le phoque gris et le phoque veau marin sont les seules espèces de phoques présentes dans le nord et le nord-ouest de la France.
Le phoque gris mâle a une fourrure gris foncé avec quelques taches plus claires. Les femelles, elles, sont claires avec des taches foncées.
Le veau marin a, lui, un pelage gris, voire brun-clair, plus ou moins tacheté.

Au total, il existe plus de 18 espèces de phoques présentes sur la planète.

* Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européens, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales, et de leurs habitats. Natura 2000 concilie préservation de la nature et préoccupations socio-économiques. En France, le réseau Natura 2000 comprend 1758 sites.

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