La Garenne en appui à un programme de réintroduction de l’Ibis chauve dans les Alpes suisses

Lancement d’un programme de réintroduction de l’Ibis chauve dans les Alpes suisses. Cette espèce avait disparu de Suisse au début du 17ième siècle et est actuellement menacé d’extinction au niveau mondial.

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Ibis chauve: une espèce en voie d’extinction
Les ibis chauves (Geronticus eremita) ne survivent actuellement dans la nature que sur la côte atlantique du Maroc où il ne reste que quelques centaines d’individus, faisant de cette espèce d’oiseau l’une des plus menacées au Monde. La population turque est passée de 3000 à 3 individus en un siècle, au point qu’il fut décidé de capturer ces derniers individus avant qu’ils ne disparaissent et de les faire se reproduire en captivité pour un futur plan de réintroduction.

Les ibis chauves vivent tout l’année en groupe et se reproduisent en colonies dans des falaises ou des ruines, comme des châteaux. Confiants, ils ont été très chassés pour être consommés. Les jeunes et les œufs étaient aussi récupérés directement dans les nids. Pour sauver l’espèce de l’extinction, des programmes de réintroduction ont été lancés en Andalousie dans le sud de l’Espagne et dans les Alpes, en Autriche et en Allemagne.

Une espèce suisse
Cette espèce proche de l’extinction faisait partie de la faune suisse il y a encore seulement quelques siècles. Au milieu du 16ième siècle, le célèbre naturaliste suisse Conrad Gessner le décrivait dans son ouvrage majeur Historiae animalium. Il le classait alors dans les corbeaux, le corbeau des forêts. Il s’était déjà raréfié et il ne vivait que dans quelques vallées. Au début du 17ième siècle, il disparaissait définitivement des Alpes.

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Au secours de l’Ibis chauve
L’association Zooschweiz (www.zoos.ch) qui regroupe les parcs zoologiques suisses gérés scientifiquement, comme ceux de Goldau, Bâle et la Garenne, se lance dans un projet de réintroduction en Suisse, qui passe au préalable par la reproduction en captivité. Ce projet est la suite des efforts menés depuis plusieurs années en Allemagne, en Autriche et en Italie. Le succès pour le retour du Gypaète barbu dans les Alpes a pris des dizaines d’années d’effort. Le travail pour l’Ibis chauve ne fait que commencer mais on pourrait imaginer son retour dès la fin des années 2020. L’objectif est de créer une population autonome qui se reproduira dans les Alpes et migrera l’hiver sur les bordures de la Méditerranée en Italie.

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Le rôle de la Garenne
Comme elle l’a fait depuis les années 1970 pour le Gypaète barbu, La Garenne participera à la production de poussins d’Ibis chauves. Des individus venant des zoos de Bâle et Goldau sont déjà présents dans la Grande volière. De nouveaux individus venant de zoos de République tchèque et du Portugal sont attendus dans les semaines à venir.

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LIFE II Ibis chauve
Se basant sur une étude de faisabilité (2002- 2013), le projet a débuté en 2014 avec la mise en place d’une population migrante d’ibis chauves en Europe. Fin 2019, cette population réintroduite devrait compter au moins 120 individus. Le but du projet consécutif est de mettre en place une population sauvage migrante apte à survivre de manière indépendante.

Des campagnes innovantes contre le braconnage des oiseaux et l’électrocution sur les lignes à moyenne tension, prenant l’ibis chauve comme porteur de drapeau, devraient servir à préserver durablement la population réintroduite, conformément aux objectifs européens de préservation de la biodiversité.
• Budget prévu pour le concept: 8 millions d’euros
• Durée: 8 ans (à partir 2020)

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