La Garenne relâche un chat forestier dans la nature

Le 1 mai, un mâle de Chat forestier a pu être relâché dans la région de L’Abergement dans le canton de Vaud. Cette opération est le fruit d’une collaboration entre les surveillants de la faune de la Direction Générale de l’Environnement, le centre de soins pour la faune sauvage de la Garenne, le KORA et l’Université de Berne.

© Laurent Geslin

Il était arrivé le 27 décembre dernier au centre de soins de la Garenne, après que le service de la faune l’ait trouvé affaibli et amaigri. Il était dans un poulailler probablement poussé par la faim. Il a fallu quatre mois de soins avant de pouvoir le relâcher dans la nature. Arrivé à la Garenne à un poids de 3 kg, il faisait 4,7 kg à son retour dans la nature. Il a eu plusieurs problèmes de santé à régler: infestation par la gale, boiterie, conjonctivite…. Les conditions météorologiques avec des enneigements importants et tardifs n’étaient pas non plus favorables pour le relâcher.

Le biologiste du KORA Fridolin Zimmermann et la vétérinaire de l’Université de Berne, MariePierre Ryser-Degiorgis, ont fait la pose d’un émetteur GPS qui permettra de suivre les déplacements du chat forestier après son relâcher. Le chat a aussi fait l’objet d’un contrôle vétérinaire complet, incluant des analyses sanguines, des mesures… afin d’en connaître plus sur cette espèce rare.

Contrôle vétérinaire et pose e l’émetteur © La Garenne
L’émetteur © Laurent Geslin

Quelques éléments de biologie du Chat forestier
Il n’existe que trois espèces de félins sauvages en Europe, et notre région a la chance que deux d’entre elles parcourent la forêt, le Lynx des Carpates et le Chat forestier. La troisième espèce, le Lynx pardelle survit difficilement dans le sud de l’Espagne. On parle plus souvent du lynx que du chat forestier pourtant il est tout aussi fascinant. Si le lynx est discret mais peu farouche lorsqu’on a la chance de le croiser, le chat forestier est encore plus difficile à observer et fuit si possible tout observation. Comme la plupart des prédateurs, loups, ours, rapaces… ou animaux à fourrure, comme le castor, il avait été très farouchement persécuté, par piégeage, tir ou empoisonnement.

Il reprend progressivement son espace dans le canton de Vaud et est maintenant présent sur tout l’arc jurassien. Son retour a été récemment prouvé dans le canton de Genève.

Le Chat forestier reste toujours discret. Son retour s’est ainsi fait dans l’ombre. Il s’approche très peu des humains, reste caché en forêt, chasse de petites proies. Il n’est pas possible de le domestiquer et il reste toujours sur le défensif sans accepter le contact quand on le maintient en captivité.

Par ailleurs, depuis quelques décennies, le nombre de chats domestiques a explosé. Certains d’entre eux s’émancipent des humains et vivent aussi en nature, les chats harets. Si le Chat forestier est désormais protégé, il reste menacé par l’hybridation fréquente avec ces chats domestiques.

© Laurent Geslin

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