Pairi Daiza, les Zoos d’Anvers et de Planckendael ainsi que l’Etat fédéral sont unis dans la lutte pour la sauvegarde des éléphants

Du 15 mai au 12 août, débarrassez-vous de l’ivoire dont vous ne voulez plus ou que vous ne pouvez pas vendre. Venez le déposer à Pairi Daiza, aux Zoos d’Anvers et de Planckendael ou au SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement. C’est l’objectif de «Sors tes dents» : campagne de sensibilisation sur le commerce de l’ivoire illégal qui cible aussi l’achat de souvenirs de vacances réalisés à partir d’animaux et de plantes menacées.

En Belgique, la vente et l’achat d’ivoire sont autorisés à la condition d’avoir un certificat CITES. Pour obtenir ce certificat, il faut prouver que l’ivoire date d’avant 1984 et/ou a été importé avant 1990, avec un permis CITES. Pas facile lorsqu’il s’agit d’ivoire ramené par un parent qui a travaillé en Afrique ou en Asie, il y a bien longtemps et que l’on ne possède plus aucun document datant de cette période.

Et que dire des colifichets, statuettes et bijoux rapportés de vacances ? Ils ont sans doute été ramenés en toute innocence, sans permis CITES … ce qui signifie qu’ils sont illégaux et qu’ils ne peuvent être vendus.

Qu’est-ce qui est autorisé en Belgique ?
– Seuls les objets travaillés en ivoire accompagnés d’un certificat CITES qui atteste qu’ils datent d’avant 1984 et/ou importés avant 1990 avec un permis d’importation, peuvent être commercialisés dans l’Union européenne.
– Seules les défenses brutes marquées et accompagnées d’un certificat CITES peuvent encore être achetées et vendues dans l’Union européenne.
– Seules les pièces travaillées en ivoire et accompagnées d’un certificat de réexportation CITES peuvent encore être exportées hors de l’Union européenne.
– Seules les pièces travaillées en ivoire acquis avant 1947 peuvent être commercialisées au sein de l’UE sans certificat CITES mais avec une attestation qui indique l’âge de l’ivoire d’une manière argumentée.

Alors, que faire de cet ivoire ?
Apportez-le à Pairi Daiza, au Zoos d’Anvers et de Planckendael ou encore au SPF Santé publique. Vous y trouverez un container où vous pourrez vous en débarrasser en toute discrétion. Vous aurez aussi la garantie qu’il sera détruit et n’ira pas grossir le trafic de l’ivoire. Les containers sont mis à disposition par la firme Benelux Textiel bvba. Pour en savoir plus : www.citesenbelgique.be

Que fait-on en Belgique pour protéger les éléphants ?
L’éléphant d’Asie est une espèce menacée dont le nombre d’individus dans la nature ne cesse de régresser de façon inquiétante. Selon de récentes estimations, il ne resterait plus que 40.000 – 50.000 éléphants dans toute la zone de répartition en Asie. La fragmentation de l’habitat est la plus grosse cause de diminution de la population d’éléphants d’Asie. Rien qu’en raison de leur taille, les éléphants ont besoin de beaucoup de nourriture et sont incapables de survivre dans des zones dominées par l’agriculture. Dès lors, les éléphants et les populations locales sont souvent en rivalité pour l’espace, la nourriture et l’eau, ce qui engendre des situations conflictuelles. La chasse est également un facteur important : les éléphants sont chassés pour leur ivoire, leur viande et leur peau. L’abattage des mâles pour s’approprier leurs défenses perturbe complètement la proportion mâles/femelles dans certaines régions. Cela contrarie davantage encore le rétablissement des populations, même dans les territoires protégés.

> Les Zoos de Planckendael et d’Anvers soutiennent le rétablissement de l’habitat en Inde
Depuis la naissance de Kai-Mook en 2009, la KMDA soutient le projet de corridors de l’Asian Nature Conservation Foundation (ANCF) en Inde. Dans le sud de l’Inde qui abrite la plus grande population d’éléphants d’Asie avec 6.000 individus, l’homme et l’éléphant convoitent les mêmes terres. Les hommes veulent y habiter et cultiver des céréales tandis que les éléphants empruntent ces terres pour passer d’un territoire à un autre, à la recherche d’eau et de nourriture. L’ANCF s’efforce d’améliorer l’habitat de l’éléphant en Inde et d’empêcher les situations conflictuelles entre les hommes et les éléphants. C’est dans ce but que sont notamment aménagés des corridors reliant entre eux les différents habitats. Elle intervient également contre les braconniers, essaie d’éloigner les éléphants des villages et propose à la population d’autres lieux de résidence et d’autres terres à cultiver. L’harmonie entre l’homme et l’animal est ainsi quelque peu rétablie. Les recettes engrangées par le plan de croissance K, lancé à la naissance de Kai-Mook, ont permis à l’ANCF d’acquérir le corridor de Thirunelli-Brahmagiri dans la province du Kerala. Ce corridor assure aux éléphants une liaison entre deux habitats importants, permettant ainsi aux populations d’éléphants jadis isolées de se rencontrer. La KMDA continue à soutenir l’organisation indienne de conservation de la nature afin qu’elle puisse mobiliser suffisamment d’hommes et de ressources pour suivre et protéger en permanence les populations d’éléphants.

> Zoos de Planckendael et d’Anvers : partenaires d’un programme d’élevage fructueux
Le Zoo d’Anvers et le Zoo de Planckendael jouent un rôle actif dans le programme d’élevage international de l’éléphant d’Asie menacé. En 2012, le Zoo de Planckendael a inauguré son tout nouveau temple des éléphants, doté d’un enclos intérieur et d’un enclos extérieur. Ce palais est équipé pour accueillir un troupeau d’une douzaine de pachydermes. Les éléphants jouissent d’un espace suffisant pour exercer au maximum leur comportement naturel, au sein d’un groupe social tel qu’il s’en forme dans la nature. Les naissances survenues dans ce groupe témoignent du succès rencontré. Nous possédons déjà quatre éléphanteaux nés dans le nouvel enclos : Qiyo en 2015, Suki en 2017 et Tun Kai et Tarzen en 2018. Outre ces quatre petits, le temple abrite également les femelles May Tagu, Khaing Phyo Phyo, Dumbo, Yu Yu Yin et la célèbre Kai-Mook. Un mâle reproducteur complète le troupeau. Il y a d’abord eu Chang, le père des quatre éléphanteaux. Il a entre-temps rejoint le zoo de Copenhague. Aujourd’hui, c’est Kanvar qui a repris le rôle de mâle reproducteur.

Le Zoo d’Anvers héberge lui aussi des éléphants d’Asie. Le Temple égyptien a été aménagé de manière à pouvoir accueillir quelques jeunes éléphants mâles. Ces derniers ne peuvent plus rester dans le troupeau de leur naissance mais sont encore trop jeunes pour rejoindre un nouveau troupeau en tant que mâle reproducteur. Lorsqu’ils auront atteint leur maturité sexuelle, ils pourront intégrer d’autres parcs animaliers en vue de la reproduction.

> Pairi Daiza
Le lien entre les éléphants et Pairi Daiza a toujours été très fort. Pas moins de 20 éléphants séjournent actuellement dans le Jardin des Mondes (3 éléphants d’Afrique et 17 éléphants d’Asie). Au-delà de donner l’opportunité aux visiteurs d’admirer cet animal fantastique, Pairi Daiza désire leur offrir une retraite heureuse en leur donnant la chance de vivre en groupe dans de grands espaces et en compagnie de soigneurs et cornacs les associant à leur propre famille. L’espèce est terriblement menacée par le braconnage et le conflit avec les êtres humains qui détruisent les forêts et la savane, leurs habitats naturels. C’est pour cette raison que la Pairi Daiza Foundation, créée en 2015, a mis en place un projet « Elephant Focus » qui reprend quatre actions :

• Continuer à développer le sanctuaire ouvert à Pairi Daiza
L’objectif étant de pouvoir recueillir à l’avenir un total de 30 individus, notamment des éléphants de cirque.

• Soutenir des projets de conservation en Asie et en Afrique
La Pairi Daiza Foundation soutient un programme de préservation de l’espèce au Vietnam, où la population est passée de 2000 individus en 1975 à moins de 150 à ce jour. La Pairi Daiza Foundation aide notamment au développement d’un centre de reproduction destiné à recréer de petites hardes qui seront réintroduites dans le milieu naturel tout en développant un écotourisme responsable qui implique tant les propriétaires des éléphants que leurs cornacs.

• Financer la lutte contre l’herpès des éléphants
L’herpès est un facteur important de mortalité chez les bébés et les jeunes animaux. Avec le soutien de la communauté scientifique internationale, la Pairi Daiza Foundation participe à la fois à la mise au point d’un test simple et peu coûteux de dépistage de l’herpès et à la recherche du vaccin lui-même. Tim Bouts, le directeur vétérinaire, est une des chevilles ouvrières de ce programme.

• Informer le public de la terrible pression qui pèse sur les éléphants
Parce que c’est aussi en sensibilisant tout un chacun, notamment les plus jeunes, au travers d’actions ciblées, sur les risques d’extinction de l’espèce que nous pourrons la sauver, tous ensemble.

Depuis la création de Pairi Daiza, il existe un lien très fort entre le Parc et les éléphants. Le parc accueille aujourd’hui 17 éléphants d’Asie et 3 éléphants d’Afrique. Son succès lui permet de participer à plusieurs projets de conservation. Les zoos d’ Anvers et de Planckendael ont développé avec succès un programme d’élevage pour les éléphants d’Asie. La preuve avec la naissance récente de trois éléphanteaux. Les deux zoos collaborent à la création de corridors entre zones d’habitats des éléphants, dans la province du Kerala, en Inde et proposent aux habitants d’établir domicile en dehors de ces zones. Le Fédéral (Service CITES) soutient financièrement les plans présentés par les états africains dans le cadre de l’African Elephant Fund des Nations-Unies.

Et l’Etat Fédéral?
Depuis plusieurs années, la Belgique soutient financièrement l’African Elephant Fund. Cette année, comme l’année précédente, 50.000 euros seront versés à cette organisation qui vise à développer des plans nationaux de protection des éléphants en Afrique. La Belgique fait partie depuis peu du comité de gestion de l’organisation, ce qui lui permet de participer à l’évaluation et l’approbation des projets. Le pays subsidie également le Parc du Virunga, dirigé par le Belge Emmanuel de Mérode qui lutte sur le terrain contre le braconnage des éléphants.

Les chiffres sur le commerce de l’ivoire en Belgique en 2017
• Certificats pour le commerce intra-communautaire de l’ivoire: 166 certificats pour 142 objets et 117 défenses
• Réexportations de l’ivoire à partir de la Belgique (sur base des demandes de certificats): 23 demandes toutes pour des défenses (depuis le 1er juillet 2017, la demande est très faible).
• Les chiffres sur les saisies d’ivoire en 2017
En 2017, les saisies d’ivoire ont fait l’objet de 16 dossiers. 27 défenses et 89 objets en ivoire travaillé ont été confisqués soit par les douaniers du SPF Finances (11 dossiers) soit par les inspecteurs CITES du SPF Santé publique (5 dossiers).

 

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