A la découverte de l’Amazonie et des oiseaux chanteurs au Parc zoologique & botanique de Mulhouse

Chaque année, des millions de petits animaux, souvent des singes et des oiseaux, sont capturés illégalement en Asie et Amazonie pour être vendus à des particuliers. Ce trafic rend les forêts de ces régions chaque jour plus silencieuses. Les 17 et 24 juin, dans le cadre de la campagne annuelle « Silent Forest » menée par l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums), le Parc zoologique & botanique de Mulhouse sensibilise ses visiteurs à cet odieux commerce et présente les espèces en danger visibles au Parc.

En participant à la campagne 2018 de l’EAZA, le Parc zoologique & botanique de Mulhouse met en lumière ses compétences en matière d’élevage et en gestion de populations menacées, présentant ainsi au grand public des outils concrets de conservation des espèces victimes du commerce illégal international.

En effet, le commerce de ces petits animaux d’Asie et d’Amazonie, oiseaux et singes, a conduit au développement d’une industrie parallèle qui représente un chiffre d’affaires colossal. Des centaines d’espèces sont menacées d’extinction, dont 146 en Indonésie qui est le deuxième pays au monde comptant le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux menacés.

Programme

• Sous le chapiteau face à la Petite Amazonie
– Jeu géant « retrouve les titis roux »
– A la découverte des chants d’oiseaux
– Projection continue d’un court métrage pour tous
– Puzzles à réaliser sur place et puzzles à gagner
– Ateliers de pliage origamis (le 24 juin)
– Mini-visites commentées (départs 10h30, 15h45 et 16h45)

• Au chalet éducatif, à 14h et à 16h
– Projection du dessin animé « Mouk et l’oiseau de Bornéo » (duree: 11 minutes)

Les espèces ambassadrices de ce trafic présentes au Parc zoologique & botanique de Mulhouse

• Garrulaxe du Père Courtois (Garrulax courtoisi)
Ce petit oiseau très coloré d’à peine 55 grammes, classé « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN (l’Union Internationale pour la conservation de la nature), vit en grandes colonies au sud de la Chine. Le Parc zoologique & botanique de Mulhouse présente cette espèce depuis 1995. A cette date, le directeur du Parc identifie un spécimen de cette espèce rare en vente dans une jardinerie locale et apprend qu’il apparaît en petits nombres depuis quelques années chez les importateurs d’oiseaux de cage. Ce sont en effet les captures intensives de spécimens sauvages entre 1988 et 1993, associées à une importante anthropisation du milieu (tourisme et infrastructures routières), qui ont pratiquement fait disparaître cette espèce. Depuis, le Parc participe au programme d’élevage EEP de l’espèce, associant ainsi conservation ex situ et in situ. Depuis quatre ans, il contribue financièrement à ce programme afin de protéger son milieu et soutenir les recherches sur cet oiseau.

© G. de Lepinay

• Garrulaxe bicolore (Garrulax bicolor)
Endémique de l’île de Sumatra, cette espèce présente au Parc depuis cette année, est classée « en danger d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. Cible facile des braconniers en raison de sa nature bruyante et de l’accessibilité accrue à son habitat, elle a disparu d’une grande partie de son milieu naturel. Des études sur le terrain sont nécessaires pour vérifier la présence de populations sauvages et la protection de l’espèce devient urgente en Indonésie. C’est pourquoi le Parc a accueilli cette année l’espèce et a rejoint sont programme de conservation EEP.

© M. Foos

• Martin de Rothschild (Laucopsar rothschildi)
Ce très beau et très rare petit oiseau de la famille des étourneaux (Sturnidae), classé « en danger critique » sur la liste rouge de l’UICN, est facilement reconnaissable à sa silhouette élancée et au bleu intense qui entoure ses yeux. On le trouve au Nord-ouest de Bali et à Java. Découverte au début du XXe siècle, l’espèce n’a cessé de diminuer en effectif : de 200 individus sauvages en 1980, il en reste à peine 50 selon une estimation de 2008. La cause principale est la capture illégale de l’espèce pour le commerce local et international : son aspect le rend très attractif sur le marché mondial des oiseaux de cage, et son chant attrayant est apprécié lors des concours d’oiseaux chanteurs en Asie. Le Parc héberge l’espèce depuis 1982 et participe à son EEP.

© M. Foos

• Saïmiri (Saimiri sciureus)
Les saïmiris, aussi appelé « singes écureuils », sont des petits primates des forêts tropicales humides d’Amérique du Sud. Très actifs et rapides, ils sont aussi très sociaux. Cette espèce présente au Parc n’est pas considérée comme menacée bien que le nombre d’individus dans la nature diminue de manière constante à cause du commerce illégal de ces petits singes et de la réduction de leurs forêts.

© DR

• Tamarins et ouistitis
Les ouistitis et les tamarins, de la famille des Callitrichidae, sont de petits singes originaires d’Amérique du sud, de la
taille d’un écureuil. L’ouistiti pygmée est le plus petit singe connu (12 à 15 cm sans la queue pour 120 g environ). La petite taille des Callitrichidae les rend vulnérables à la prédation mais leur permet d’accéder aux branches les plus fines et fragiles. Six espèces de tamarins et trois espèces de ouistitis sont présentes au Parc. Beaucoup sont menacées et font l’objet de programmes d’élevage internationaux (EEP) ou de conservation dans leur milieu naturel. L’espèce la plus menacée est le tamarin pinché, dont les forêts sont surexploitées pour leur bois et l’agriculture.

© M. Foos

• Titi roux (Callicebus cupreus)
Ces petits singes sud-américains au tempérament placide arborent un magnifique pelage roux, plus ou moins foncé. Ils sont présents en forêt amazonienne, particulièrement dans les régions non inondées, y compris dans les forêts déforestées et réaménagées par les humains.

• Ara à gorge bleue (Ara glaucogularis)
La famille des Psittacidés regroupe l’ensemble des perroquets, perruches, titis et inséparables. Ce sont des oiseaux zygodactyles, c’est-à-dire ayant deux doigts orientés vers l’avant et deux doigts vers l’arrière. Leurs cris bruyants leur permettent de communiquer dans le brouhaha des forêts tropicales où ils vivent. Parmi les 332 espèces de Psittacidés répertoriées à ce jour, presque 90 espèces sont menacées de disparition. Cette proportion d’espèces menacées n’est atteinte par aucune autre famille d’oiseaux. Le ara à gorge bleue est classé « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. Les causes de disparition sont la destruction de l’habitat combinée à un commerce illégal très développé.

© DR

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