Le petit phoque polaire accueilli au centre de soins d’Océanopolis a été relâché sur la côte finistérienne

Recueilli par le centre de soins le 29 mars dernier, le jeune phoque annelé a aujourd’hui retrouvé le milieu naturel. Relâché depuis la côte finistérienne, Océanopolis suivra son parcours grâce à une balise fixée sur l’animal.

© SimonCohen

Un pensionnaire insolite
À la fin du mois de mars, l’équipe du centre de soins a reçu un appel étonnant : un jeune phoque annelé, espèce polaire, s’était échoué dans le bassin d’Arcachon, en Gironde. Le petit mâle a été rapidement secouru par le centre de sauvegarde d’Audenge – LPO Aquitaine puis acheminé vers Océanopolis, seul centre de soins habilité ayant les compétences et l’expérience du soin d’espèces polaires. Le jeune mâle y a porté le numéro 622 et était donc le 622ème phoque accueilli au centre de soins.

Cette espèce, bien plus habituée aux zones arctiques qu’à la côte girondine, s’observe habituellement au niveau de la zone circumpolaire de l’hémisphère nord : océan arctique, archipel arctique, baie d’Hudson et mer du Labrador. On peut également trouver cette espèce dans le nord du golfe du Saint-Laurent, sur la côte nord-est de Terre-Neuve mais aussi en mer Baltique et dans la mer de Béring.

Au-delà de cet éloignement de sa zone de répartition, cet animal présentait également un âge étonnant pour cette période de l’année. En effet, pour cette espèce les naissances ont habituellement lieu aux mois de février/mars. Or, les spécialistes du centre ont estimé la naissance de ce phoque au mois de janvier jugeant que l’animal avait environ 3 mois au moment de son arrivée.

« Une mise-bas plus au sud qu’à l’accoutumée ainsi qu’une naissance prématurée pourraient expliquer cet échouage étonnant. » explique Sami Hassani, Directeur du Centre de soins et de conservation de la faune aquatique de Bretagne.

Des soins quotidiens
Présentant plusieurs plaies, vraisemblablement dues à des morsures canines, le phoque a bénéficié de soins adaptés pendant deux mois et demi. Pesant 9 kilos à l’arrivée, l’animal aurait dû en peser une vingtaine compte tenu de son âge estimé. Grâce au travail de l’équipe du centre de soins et aux repas nourrissants composés de 3 kg de poissons entiers (harengs et capelans) par jour le jeune phoque a vite retrouvé des forces.

Afin d’être relâché dans les meilleures conditions et de s’assurer que ses réserves lui permettront de mener à bien le grand voyage qui le sépare aujourd’hui de l’Arctique, l’équipe du centre de soins s’était donné l’objectif de mener l’animal jusqu’à un poids de plus de 20 kg. Mission accomplie : relâché aujourd’hui, l’animal pèse 25,6 kg.

Une balise pour suivre le parcours du jeune phoque
Le phoque relâché aujourd’hui a été équipé d’une balise Argos de petite taille généralement utilisée pour les manchots. Le jeune phoque était si petit qu’une balise habituellement utilisée pour les phoques gris ne convenait pas. Cette balise, plus adaptée au gabarit de l’animal, a été fournie au centre de soins par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC – CNRS) avec l’aide de l’Agence française pour la Biodiversité.

Cette balise, fixée sur l’arrière de la tête de l’animal avec l’aide d’un agent du Parc Naturel Marin d’Iroise expert de ce type de manipulations, nous permettra d’observer les choix de direction qu’il va effectuer et ainsi de suivre son parcours. Capable de parcourir une cinquantaine de kilomètres par jour, ce jeune phoque annelé ne devrait pas avoir de difficulté à rejoindre la zone arctique depuis la côte finistérienne.

La balise sera active quelques mois et émettra des signaux de positionnement à chaque fois que l’animal sera hors de l’eau. Cette source d’informations permettra aux spécialistes de constituer une carte de déplacement afin de visualiser le parcours de ce jeune phoque.

© Océanopolis

Une opération menée en collaboration
Depuis sa création, Océanopolis ne cesse de tisser des liens avec les chercheurs bretons, nationaux et internationaux. Ces étroites collaborations entre les équipes d’Océanopolis et les structures scientifiques en lien avec le monde marin aboutissent régulièrement à la construction de projets communs. Pour ce relâcher exceptionnel, l’équipe du centre de soins a su s’entourer de spécialistes : le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC – CNRS) et l’Agence française pour la Biodiversité qui ont accompagné l’équipe du centre de soins pour obtenir une balise, mais aussi le Parc Naturel marin d’Iroise pour leur aide sur la pose de cette balise et enfin, le laboratoire BioGemme (UBO) et l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) avec qui le centre de soins a collaboré pour des analyses génétiques sanguines qui permettront de déterminer l’origine de cet individu.

Le saviez-vous ?
• Ce phoque est le 4ème de son espèce (Phoca hipsida) à être recueilli au centre de soins à Océanopolis.
• En 28 ans d’existence, le centre de soins a accueilli plusieurs espèces de phoques polaires : phoques annelés, phoques à capuchons, phoque barbu et phoque du Groenland.
• Le phoque annelé est l’une des plus petites espèces de phoques.
• À la naissance, le petit phoque annelé est entièrement recouvert d’une épaisse fourrure blanche. C’est cette fourrure qui lui vaut le nom de « blanchon ».
• Après 6 à 8 semaines d’allaitement, cette fourrure blanche laisse place à un pelage gris sombre avec des anneaux plus clairs sur le dos. Ce sont ces anneaux qui donne à cette espèce le nom de phoque annelé.

Le Centre de Soins et de Conservation de la Faune Aquatique de Bretagne est une association réunissant quatre partenaires et amis de longue date : l’association Bretagne Vivante, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), le Groupe Mammalogique Breton (GMB) et Océanopolis.

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