Chaleur et bien-être animal : le zoo de Mulhouse au coeur de l’été

Ils ont des noms qui fleurent bon le froid. Ours et renards polaires, panthères des neiges, loups du Canada affronteront ces semaines prochaines, tout comme les 170 autres espèces d’animaux accueillies au Parc zoologique & botanique de Mulhouse, les températures peut-être extrêmes que les étés réservent à l’Alsace depuis quelques années. Face à la chaleur, vétérinaires et soigneurs du Parc veillent au bien-être de leurs protégés. Plus qu’à tout autre moment de l’année ?

© Zoo de Mulhouse

Avec des températures qui ont allègrement dépassé les 35° au plus fort de l’été dernier, l’Alsace doit désormais faire de ces chaleurs extrêmes la règle plus que l’exception. Au Parc zoologique & botanique de Mulhouse, l’un des zoos historiques de France, qui fête cette année son 150e anniversaire, le personnel animalier se met en quatre pour rendre la situation la moins pénible possible pour ses pensionnaires. Une situation qui n’est pas forcément aussi redoutée que ce que l’on pourrait penser…

De nouveaux enclos adaptés
Du haut de ses 150 ans, le Parc zoologique & botanique de Mulhouse est un sage parmi les établissements européens, qui jouit d’un savoir-faire en bien-être tenant compte du changement climatique. Ainsi l’Espace Grand Nord de 10 000 m2, qui accueille bœufs musqués, ours et renards polaires depuis sa création animal et d’une expérience qui le mènent vers des choix tenant compte du changement climatique. Ainsi, l’Espace Grand Nord de 10 000 m2, qui accueille bœufs musqués, ours et renards polaires depuis sa création en 2014, propose des aménagements qui permettent aux animaux de choisir la température à laquelle ils s’exposent.

L’ombre, grâce à quelque 90 arbres plantés pour l’occasion, est bien entendu omniprésente, mais les ours polaires ont par exemple également accès à deux bassins dans lesquels ils peuvent s’immerger totalement ainsi qu’à un bâtiment dont l’épaisseur des murs fait largement descendre les températures.

La création de l’enclos asiatique, en 2016, qui accueille notamment des loutres naines et des pandas roux, s’est également accompagnée de la création d’un bâtiment en dur, aux températures moins variables d’une saison à l’autre que celles observées à l’extérieur. La chaleur, occasion de nouveaux enrichissements

Au cœur des préoccupations des parcs zoologiques modernes, le bien-être animal pourrait être mis à mal par des chaleurs auxquelles ne seraient pas habitués les pensionnaires des zoos. A Mulhouse, un thermomètre qui grimpe est cependant synonyme de nouvelles sources d’enrichissement pour les animaux, rafraichissantes et… distrayantes !

« Chaque nouveauté dans un enclos éveille la curiosité des animaux, explique Brice Lefaux, vétérinaire, directeur du Parc zoologique & botanique de Mulhouse. L’été, le nourrissage peut être différent et ainsi contribuer à la stimulation et au bien-être des 1 200 animaux du zoo, félins, primates, et pas uniquement espèces polaires. Nous leur distribuons par exemple… des glaces ! »

Hydratants, ces glaçons stimulent l’activité des pensionnaires qui les découvrent. Pour rendre attirants ces blocs de glace, les soigneurs ont quelques recettes, qui rencontrent un franc succès comme la glace au poisson, la glace qui emprisonne des fruits, ou encore la glace… au sang, distribuée aux lions du parc qui, s’ils sont habitués à la chaleur, profitent malgré tout de cette originale source d’enrichissement. Autre source d’enrichissement : la glace (toujours elle) récupérée des étals des poissonniers de la ville, dans laquelle les ours polaires adorent se rouler et dont ils raffolent de l’odeur. Enfin, des sprinklers, diffuseurs-brumisateurs automatiques d’eau, ont été installés dans certains enclos du parc alsacien, comme dans celui des loups à crinière.

© Dominique Villiseck

Et si les animaux souffraient moins de la chaleur que ce que nous pensons ?
Les animaux des parcs zoologiques européens sont, dans une immense majorité des cas, nés en zoos et, de génération en génération, se sont adaptés au climat continental. Ainsi, un ours polaire né au Parc zoologique & botanique de Mulhouse, comme c’est le cas de Nanuq, jeune femelle d’un an et demi née en novembre 2016 en Alsace, supporte bien entendu plus facilement les épisodes caniculaires que ses cousins qui évoluent sur la banquise. Il est toutefois à noter que l’été, les températures peuvent dépasser les 25°C dans les zones arctiques où vit l’ours blanc. Autre exemple, le chameau de Bactriane, originaire d’Asie centrale, habitué aux hivers à -30°C, adapte naturellement son pelage aux variations de températures : à l’approche de l’été, le chameau perd sa laine et affronte aisément les 35°C que la steppe aride lui propose. « Le bien-être animal est une mission au long cours, toute l’année et pas uniquement l’été, témoigne Benoît Quintard, vétérinaire et directeur adjoint du Parc zoologique & botanique de Mulhouse. L’été et les températures élevées sont par exemple moins redoutés que l’hiver, les températures négatives et le gel. Ce que nous redoutons réellement durant les mois d’été, c’est l’humidité mêlée à la chaleur, qui est inévitablement accompagnée de l’apparition de mouches et autres parasites. Les mesures prophylactiques nous conduisent alors à appliquer des insecticides sur le pelage des animaux. »

Plus que biens d’autres établissements, le Parc zoologique & botanique de Mulhouse bénéficie d’une végétalisation exceptionnelle pour au zoo de centre- ville. Les 25 hectares de verdure, l’ombre des 837 espèces et variétés d’arbres et arbustes contribuent naturellement à la baisse du mercure, dont profitent aussi et surtout les 385 000 visiteurs annuels du premier site touristique du Haut-Rhin et troisième  d’Alsace.

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