Reproduction mortelle chez la veuve noire!

De minuscules araignées ont vu discrètement le jour dans les coulisses du Zoo de Bâle. Mais l’élevage des veuves noires au venin dangereux requiert un maximum d’attention et de doigté de la part des soigneurs.

© Zoo de Bâle

Le Zoo de Bâle recense actuellement beaucoup de cocons et de jeunes veuves noires. Quelques-unes d’entre elles sont exposées dans les terrariums du pavillon Australis. La plupart se trouvent en coulisses, où les soigneurs les élèvent. Ces derniers doivent faire preuve d’une concentration et d’une attention extrêmes. Pour ce faire, ils utilisent des outils tels que des pinceaux, pincettes ou bâtonnets en bois. Jamais ils ne touchent les araignées à mains nues, car la femelle veuve noire est extrêmement venimeuse. Sa morsure traverse la peau de l’homme et son venin présente une forte toxicité, pouvant même entraîner la mort.

Des ébats amoureux fatidiques
L’appellation «veuve noire» désigne communément différentes espèces d’araignées issues du genre Latrodectus. L’espèce vivant au Zoo de Bâle est la Veuve noire à dos rouge (Latrodectus hasselti). Toutes les espèces ont en commun la taille disproportionnée de la femelle, environ 20 fois plus grosse que le mâle. Comme chez la plupart des araignées, le mâle, pour peu qu’il manque d’attention durant l’accouplement, est dévoré par la femelle.

Le mâle araignée atteint sa maturité sexuelle après seulement quelques mois, la femelle ayant besoin d’un peu plus de temps. On reconnaît le mâle à ses bulbes copulateurs, dressés sur la tête de l’araignée, tels de petits gants de boxe. Ils se brisent lors de l’accouplement et restent à l’intérieur de la femelle. Ainsi obturés, les organes reproducteurs ne peuvent plus servir à d’autres accouplements.

© Zoo de Bâle

Le mâle se propose en offrande
Chez la veuve noire à dos rouge, avant la fin de l’accouplement, le mâle se positionne de telle manière que la femelle puisse le dévorer. C’est la seule espèce d’araignée connue à ce jour où le mâle fait don de lui-même au cannibalisme sexuel. Chez toutes les autres espèces, le mâle tente d’échapper à l’appétit gourmand de la femelle. Après fécondation, la femelle produit plusieurs cocons avec des œufs. Elle peut stocker le sperme du mâle dans son organisme pour le réutiliser ultérieurement.

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