Interview de Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval
Je pense que vous pouvez vous réjouir de cette naissance, c’est un peu le but des parcs qui présentent des espèces délicates comme le koala non ?
Bien sur, on ne peut être que content d’une telle naissance. Comme chez tous les marsupiaux, le bébé nait deux fois en sommes. La vrai gestation ne dure qu’un mois, il mesure un centimètre lorsqu’il atteint la poche marsupiale guidé par un chemin de salive fait par sa mère. Cette étape a eu lieu à la fin du mois de Novembre 2008. Puis, le petit va s’agripper à une tétines et va se développer doucement. Depuis un mois ou deux on commencait à voir un pied, une main mais depuis la semaine dernière, Alkoomie fait de vraie sortie totalement à l’extérieur de la poche de sa mère.
Avoir accueilli des koalas pour la première fois en France était déjà un exploit, combien de temps on duré les démarches pour les accueillir ?
Nos koalas sont arrivés il y a sept ans dans le cadre du Programme d’élevage internationale géré par le Zoo de San Diego en Californie (USA). Il a fallu environ un an pour préparer les plans et accueillir les marsupiaux.
L’installation de Beauval est l‘une des dernières conçues en Europe ; pensez-vous que la serre, très bien aménagée, a joué un rôle majeure dans ce succès ?
Oui, effectivement, elle a eu une importance. En définitive, nous concevons toutes nos installations afin de favoriser la reproduction d’espèces délicates, c’est notre but principal. Les koalas étant difficile à élever, nous avons suivis les directives de San Diego pour concevoir la serre.
Les animaux vivent séparément hors des périodes de reproduction, comment les soigneurs captent-ils le bon moment pour mettre en contact les animaux ? L’accouplement a-t-il e lieu en public ou dans la pièce réservée à cet effet ?
Les koalas sont des animaux solitaires et ils vivent donc séparés à Beauval. Ils sont pesés chaque jour par notre équipe de soigneur et lorsque le poids de la femelle est au plus bas, cela signifie qu’elle est en chaleur. L’accouplement est assez rapide et il faut vite séparer les animaux après car, malgré leur apparence placide, les koalas sont très violents après la procréation. Il semble que cet accouplement ait eu lieu dans les installations principales.
Sa mère, Alguna, est très jeune et il s’agit de son premier petit, il n’a pas eu de souci au moment des premiers contacts mère-enfant ?
Malgré qu’elle soit primipare, Alguna est une très bonne mère, elle avait bien marqué de salive le chemin d’accès à la poche et a eu tout de suite les bons gestes lorsque le petit est sortie.
Vous présentez depuis 2008 deux couples de koalas, est-ce que la seconde femelle est gestante ?
Il n’y a aucune certitude quand a la gestation de Hanya, toute fois, elle s’est accouplée récemment avec un de nos mâles, il faudra donc suivre l’affaire …
Cet évènement est unique et les visiteurs adorent déjà habituellement les koalas, penses-vous que cette naissance est de bonne augure pour la saison ?
Tout à fait. La saison est déjà bien entamée et elle a très bien débuté mais l’impact médiatique de cette naissance devrait encore augmenter l’affluence vers le parc.
Autre changement dans le zoo, j’ai pu voir que vous aviez accueilli de nouvelles espèces d’oiseaux. Souhaites vous renouveler la collection ornithologique ?
En effet, nous hébergeons depuis peu de nouveaux oiseaux, notamment des espèces de perroquet rare (cacatoès de Bank et ara à gorge bleu) mais aussi d’autres espèces moins remarquables. Notre but est toujours de diversifié nos présentation avec l’ajout de nouvelles espèces en respectant leur environnement.
D’autres espèces sont attendues ?
On attend d’ici peu d’autres oiseaux mais je ne peux pas vous communiquer de nom exact car tout est aléatoire.
Etant le directeur du plus grand zoo de France, je pense que vous avez de nombreuses idées, quels sont vos projets dans un avenir proche ?
J’ai plusieurs idées en tête oui mais rien de vraiment concret. Pour 2010, nous préparons une zone asiatique qui devrait être assez importante. Quatre takins du Mishmi sont dors-et-déjà arrivés et ils devraient, à l’ouverture de la zone, cohabiter avec une ou plusieurs autres espèces. Réponse l’an prochain !
Parmi les autres naissances, celle d’un tamanoir est la plus rare, de plus, le bébé est élevé à la main, est-ce que l’élevage se passe bien ?
L’année a été particulièrement riche en naissance, avec des grands singes, cinq tigres blancs ou encore un tapir terrestre ; en tout on en compte déjà plusieurs centaines. Nos deux tamanoirs sont arrivés très récemment du Texas et ils n’ont pas d’expérience avec les petits, le jeune est dont élevé dans la nurserie où on trouve également une centaine d’oisillons principalement des perroquets et des calaos (rhinocéros, de Van Der Decken et d’Abyssinie).
Le petit sera-t-il mis avec ses parents par la suite ?
Oui, dans un mois ou deux normalement.