Le Bioparc de Doué-La-Fontaine présente son nouvel espace : Les Fantômes de l’Himalaya

En ce début de printemps, au sein du Bioparc de Doué-la-Fontaine, les visiteurs peuvent venir découvrir un nouvel espace de 11 000 m² dédié à la faune eurasienne.

Baptisé Les Fantômes de l’Himalaya, il est composé de plusieurs carrières dont les falaises ont été ciselées de centaines de prismes de falun, la roche calcaire douéssine. Elles sont reliées entre elles par des tunnels mais aussi par des passerelles suspendues pour un point de vue vertigineux !

De nombreux végétaux ont été plantés pour donner aux animaux tout le confort nécessaire. Ces travaux monumentaux ont duré 9 mois et ont nécessité de déplacer environ 65 000 tonnes de terre et de roche.

Panthères des neiges, bouquetins markhors – magnifiques caprins aux immenses cornes spiralées de plus de 1,50 m de long – marmottes et un groupe d’une quarantaine de vautours fauves et moines vont y trouver progressivement refuge au cours du mois d’avril.

Avec cette nouveauté, le Bioparc de Doué-la-Fontaine s’agrandit et passe d’une surface de 14 à un peu plus de 15 hectares.

© Kryzalid Films / Bioparc de Doué-la-Fontaine

Pourquoi «Les Fantômes de l’Himalaya »?
Le Bioparc de Doué-la-Fontaine qui s’investit depuis des années dans la conservation des espèces animales menacées s’est tout particulièrement intéressé à une zone géographique complexe, où vivent des espèces relativement méconnues : la chaîne himalayenne.

Couvrant une superficie 2 400 km de long sur 400 km à leur point le plus large, les montagnes de l’Himalaya séparent le sous-continent indien du plateau tibétain. Elles traversent ou bordent sept pays, de l’Afghanistan au Bhoutan. Quatorze de ces montagnes ont une cime qui dépasse les 8 000 m d’altitude, la plus célèbre étant l’Everest, plus haut sommet du monde. Tels des fantômes, les animaux vivant dans ce milieu minéral et hostile – où les proies sont rares – ont développé une capacité de dissimulation poussée à l’extrême.

La panthère des neiges est l’une des plus belles et des plus discrètes occupantes de ces montagnes. Sa population serait comprise entre 4 000 et 6 500 individus à l’état sauvage dont presque 5 000 se trouveraient dans l’Himalaya. Ce splendide animal, chassé entre autres choses pour sa fourrure, est classé «En Danger» par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Il est classé en Annexe I de la convention de Washington (CITES) et fait l’objet d’un Programme d’Élevage Européen (EEP). Depuis 2001, le Bioparc de Doué-la-Fontaine s’investit en Mongolie dans la protection in situ de cette espèce via la fondation américaine Snow Leopard Trust.

Un couple de panthères des neiges est déjà présent au Bioparc ; il s’agit de Junga, 5 ans, et Armin, 2 ans. Ils vont être transférés dans les jours qui viennent dans l’espace des Fantômes de l’Himalaya pour prendre possession de leur nouveau parc de 2 000 m², quatre fois plus spacieux que l’ancien !

Autre espèce emblématique de ces hautes montagnes, des markhors – et plus spécifiquement la sous-espèce du Turkménistan, la seule faisant l’objet d’un EEP dont il ne reste plus que 2 000 individus dans la nature – vont également occuper un vaste territoire de presque 2 000 m².

La curée des vautours
Le Bioparc de Doué-la-Fontaine s’est toujours investi dans la conservation et la réintroduction des vautours fauves, puis moines, en France et en Bulgarie. Il travaille pour cela avec plusieurs associations dont la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et l’ONG bulgare Fund for Wild Flora and Fauna (FWFF). Centre d’élevage, l’établissement offre depuis 1983 quasiment tous les petits nés chez lui à des fins de réintroduction, ainsi près de 50 vautours fauves et moines en provenance du parc douéssin on déjà été relâchés dans les montagnes européennes. Également centre de recueil, le Bioparc participe d’une façon complémentaire à la sauvegarde de ces rapaces, mal connus et mal aimés, en accueillant exclusivement des individus accidentés dans la nature et aujourd’hui incapables de voler.

Avec les Fantômes de l’Himalaya, le Bioparc de Doué-la-Fontaine atteint une dimension très différente. Ce vaste amphithéâtre de 4 000 m² creusé dans la roche offre un espace à l’amplitude proche des conditions de vie naturelles des vautours fauves et moines, tout en étant adapté aux capacités physiques diminuées des oiseaux recueillis. Les prismes de falun sont autant de palliers successifs qui leur permettent de grimper et de parcourir confortablement l’ensemble de leur nouveau territoire.

C’est au total une quarantaine d’individus fauves et moines que le public va pouvoir découvrir quotidiennement, notamment à l’occasion d’une curée telle qu’elle se déroulerait dans les conditions naturelles.

Focus sur le vautour moine
Grâce aux actions de réintroduction, l’espèce qui avait complètement disparue en France au début du XXe siècle, a vu son effectif remonter dans l’hexagone pour atteindre une trentaine de couples. Avec une population mondiale qui oscille entre 16 000 et 21 000 individus et une population européenne estimée entre 4 600 et 5 000 individus, le vautour moine reste l’un des rapaces les plus en danger dans cette partie du monde où sa population est très morcelée. L’espèce est classée «Quasi-menacée» par l’UICN. Elle se trouve en Annexe II de la CITES et fait l’objet d’un EEP

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