L’EAZA réagit suite à l’interdiction de reproduire les cétacés en France

L’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) réagit suite à l’arrêté publié dans le journal officiel le 6 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés.

Le programme d’élevage européen (EEP) de l’EAZA pour le grand dauphin (Tursiops truncatus) gère tous les dauphins détenus dans les établissements de l’EAZA et les établissements agréés non EAZA. Plus de 90% des dauphins en Europe occidentale sont gérés dans le cadre de cet EEP, y compris les dauphins du Marineland d’Antibes, de Planète Sauvage et du Parc Astérix. Ce programme EEP a grandement réussi à atteindre ses principaux objectifs qui est de maintenir une population génétiquement saine et de favoriser les plus hauts standards d’excellence en matière d’élevage, de santé et du bien-être animal.

L’EAZA, 400 membres à travers l’Europe et le Moyen-Orient, ainsi que ses experts scientifiques sur les mammifères marins sont extrêmement préoccupés par l’interdiction française d’élever et de reproduire les grands dauphins, les orques et autres cétacés. Ils estiment que cet arrêté n’est ni dans l’intérêt du bien-être des animaux, ni de la conservation des mammifères marins, et va en outre contre le mandat des zoos tel qu’établi dans la directive Zoos de l’Union Européenne. En tant que partenaire clé touchée par cette décision, L’EAZA se félicite du dialogue avec le gouvernement français afin d’assurer que les règlements respectent les objectifs prévus et éviter les conséquences négatives pour la conservation des animaux et des espèces.

L’EAZA croit ce qui suit en ce qui concerne l’interdiction de garder et de reproduire les dauphins et d’autres cétacés dans les zoos:
1. Il n’existe aucune base scientifique pour interdire le maintien et l’élevage des grands dauphins ou même d’autres espèces détenues dans les zoos, y compris les parcs de mammifères marins. Les discussions sur les animaux sont souvent justifiées. Parfois, les rapports des militants des droits de l’animal sont trompeurs et basés sur une mauvaise recherche avec des résultats erronés.
2. La législation française est préjudiciable à la population EEP des grands dauphins gérée par l’EAZA, qui est génétiquement autonome sans avoir besoin, ni désiré, d’importer des animaux dans la population EEP de d’autres pays ou de la nature. La capacité de reproduire et d’échanger des animaux chez les participants au programme d’élevage est cruciale pour maintenir une population d’animaux en bonne santé dans des groupes socialement appropriés et avec des individus présentant un bien-être animal positif.
3. La reproduction des dauphins a été de plus en plus couronnée de succès au cours des deux dernières décennies. Comme les dauphins atteignent jusqu’à 50 ans dans les zoos, les animaux issus de la nature sont encore présents dans la population actuelle. Cependant, à l’heure actuelle, plus des deux tiers des animaux gérés dans l’EEP sont nés avec des soins humains.
4. La reproduction permet aux animaux en captivité d’avoir des comportements naturels comme l’élevage et l’élevage de la progéniture. Ces opportunités sont importantes pour le bien-être des animaux. Les animaux sociaux, comme les dauphins, profitent davantage de la présence de jeunes d’animaux et d’adolescents, car ils enrichissent les comportements sociaux du groupe par leurs comportements inattendus et stimulants.
5. L’expérience et la gestion ex situ des grands dauphins, des orques et autres cétacés sont d’une importance cruciale pour le sauvetage des animaux échoués et la conservation des espèces menacées d’extinction, comme par exemple le marsouin du Pacifique (Phocoena sinus)
6. La présentation des dauphins et autres animaux détenus par les zoos a un effet positif sur l’attitude des humains vis-à-vis de la nature, en particulier dans notre société moderne urbanisée. La préoccupation manifestée par les visiteurs envers les cétacés et le milieu marin témoigne de la réussite de ce rôle.

Prenant ces six points en considération, l’interdiction française de garder et de reproduire les dauphins, les orques et les autres cétacés va clairement contre le mandat des zoos, y compris les parcs marins, tels qu’ils sont définis dans la Directive Zoos de l’UE (Directive 1999/22 / CE du Conseil) selon l’EAZA.

En conclusion, L’EAZA croit que l’interdiction française de garder et de reproduire les dauphins, les orques et les autres cétacés devrait être levée pour assurer l’arrêté: apte au bien-être animal positif des cétacés détenus en captivité ; Répond à des contributions positives à la conservation des espèces; Et ne met pas en danger le programme d’élevage européen des grands dauphins, un programme de gestion de la population très performant de l’EAZA.

Pour en savoir plus : www.eaza.net

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