Présentation des quatre girafes arrivées au Zoo de Montpellier
Communiqué du Parc Zoologique de Montpellier - Crédits photo © Parc Zoologique de Montpellier
Jeudi 25 mars 2010
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La girafe est l'animal le plus grand en hauteur, pouvant, grâce à son cou tout en longueur, atteindre jusqu'a 5,50 m ou même 5,80 m. Son cou comporte autant de vertèbres que les autres mammifères : 7 vertèbres cervicales mesurant chacune environ 40 cm. Son poids varie entre 950 à 1 100 kg pour les femelles et peut aller jusqu'à 1 500 kg pour les mâles. L'espérance de vie est de 25 ans environ. Son pelage à dominante rousse est réticulé ou tacheté de jaune ; son ventre est blanc. Sa queue, mince et longue, terminée par un pinceau de poils noirs, mesure de 70 cm a 100 cm. La tête porte deux ossicônes, des appendices osseux recouverts de peau. Les ossicônes des femelles sont couverts d'une touffe de poils tandis que ceux des males en sont pratiquement dépourvus après quelques combats. Les males développent parfois en plus des dépôts de calcium sur leur crane qui finissent par donner l'impression qu'un troisième ossicône est présent.
Un réseau admirable
La girafe possède un système sanguin unique. Le cœur de 11 kg doit envoyer le sang vers la tête, 3 mètres plus haut. Il fournit une pression sanguine trois fois plus élevée que celle de l'homme. Dans le cou, une série de muscles comprime l'artère carotide et contribue à propulser le sang jusqu'au cerveau.
La carotide externe alimente le cerveau par un réseau de vaisseaux spongieux qui régule la pression et l'afflux de sang : le réseau admirable. La carotide interne n'arrive pas jusqu'au cerveau mais constitue une dérivation. Quand la girafe baisse la tête, son cerveau se retrouve à deux mètres au-dessous du cœur. Il devrait être inondé par le brusque afflux de sang. Cela ne se produit pas grâce au réseau admirable et a la veine jugulaire, pourvue de 9 valvules qui empêchent le sang remontant vers le cœur de redescendre vers le cerveau par son propre poids.
Au bas des jambes où la pression est importante, un système de capillaires sanguins très résistants empêche l'apparition d'œdème. Les spécialistes du système nerveux de la NASA ont copie le réseau sanguin de la girafe pour réaliser la combinaison "anti-G" des pilotes de chasse et des astronautes pour mieux tolérer les accélérations verticales.
Le régime alimentaire
La girafe se nourrit de feuilles d'arbre très nutritives, essentiellement des légumineuses, riches en sels minéraux car la girafe a besoin de 20 g/jour de calcium. Elle peut occasionnellement se nourrir de fleurs, fruits, graines ou cosses. Sa consommation quotidienne va de 7 kg (nourriture rare) à 70 kg (nourriture abondante). Elle ne se nourrit ou ne s'abreuve au sol qu'en écartant les pattes de devant ou en pliant les genoux, après avoir bien inspecté les alentours. Elle lève souvent la tête entre deux gorgées lorsqu'elle est dans cette posture périlleuse, mais elle trouve l'essentiel de ses besoins en eau dans la nourriture et ne va boire que tous les 2 a 3 jours. Les acacias de la savane ont atteint des tailles leur permettant d'échapper aux zèbres et aux antilopes, mais leurs feuilles les plus tendres poussent entre 2 et 6 mètres, ce qui constitue pour la girafe la hauteur idéale et sa niche alimentaire.
Sa langue noire et préhensile est la plus puissante, la plus coriace et la plus longue (55 cm) parmi les ongulés. Elle peut l'allonger pour atteindre les pousses les plus tendres entre les barrières d'épines d'acacias.
La girafe n'a pas d'incisives à la mâchoire supérieure. Elle saisit donc les pousses d'acacias avec sa langue, puis les guide entre ses lèvres, referme la bouche et tire la tête en arrière pour racler les feuilles grâce à ses dents du bas.
Certains acacias (Acacia drepanolobium) se défendent en hébergeant dans des galles des fourmis agressives du genre Crematogaster à la morsure cuisante pour la bouche et les lèvres des girafes. Les acacias broutés émettent plus de nectar servant de nourriture à ces fourmis ainsi qu'une hormone végétale de stress qui prévient en quelque sorte les acacias voisins d'une agression. Ces derniers augmentent leur production de tanin, qui rend les feuilles plus ameres et moins appétissantes pour la girafe, laquelle s'éloigne alors pour aller brouter plus loin. Cette boucle de rétroaction expliquerait que les girafes et les éléphants n'ont jamais surexploité les acacias.
Le comportement
Le mâle girafe
Le grand mâle parcourt les pâtures des femelles pour trouver une partenaire. Il tente de dominer ses rivaux en leur coupant le passage et en dressant sa tête le plus haut possible. Le combat éclate lorsqu'un rival refuse de baisser la tête, de laisser le passage, ou fronce la lèvre en sa présence. Dans les combats de girafes, les mâles utilisent leur tête comme une massue, qui est lourde, cornue et bosselée. Ses ossicônes sont massifs et durs comme de l'ivoire et sur son front pousse une excroissance osseuse, la corne médiane.
Les deux males se cognent jusqu'a ce que l'un d'eux abandonne. La tête d'un male de 15 ans pèse 10 kg de plus que celle d'un jeune adulte de 7 ans, ce qui lui permet de gagner à tous les coups, mais le perdant est rarement tué et ils ne se battent jamais à coups de sabots. Une fois qu'un male a conquis une femelle, ses amours sont caressantes et paisibles, avec beaucoup de coups de langues.
La girafe et le girafon (ou girafeau)
La girafe peut commencer à mettre bas des l'âge de 5 ans. La gestation dure environ 15 mois. La mise bas s'effectue debout et le girafon tombe de près de deux mètres de haut. Il y a des risques que le girafon meure à la naissance, car en tombant il peut se blesser, et notamment se briser la nuque, même si cela reste rare. La girafe ne met au monde qu'un seul petit, rarement deux.
A la naissance, le girafon mesure 2 mètres pour un poids variant de 40 a 80 kg. Les jambes sont plus longues que le cou et sortent les premières. Le cou est proportionnellement moins long que celui des adultes. Sur la tête, deux touffes de poils noirs recouvrent les cartilages des futurs ossicônes, qui se souderont avec les os du crane.
Il s'agit de l'un des rares animaux dont les appendices crâniens existent des la naissance. La girafe n'adopte son petit que s'il est capable de se tenir rapidement debout (généralement au bout de 15 minutes) et de stimuler la lactation. Au bout d'une heure, il doit tenir sur ses pattes pour atteindre les mamelles de sa mère où il pourra se nourrir d'un lait très gras. Dans le cas contraire, elle l'abandonne ou même le tue. La mère se fait comprendre de son petit en le caressant avec le bout de son museau. Elle l'incite ainsi a la suivre et à la téter, créant ainsi le lien maternel.
Le girafon grandit de 1 mètre durant la première année de sa vie. A six mois, il approche les 3 mètres et à 7 ans, il aura sa taille d'adulte avec un minimum de 5 mètres. Le sevrage intervient au bout de 12 à 16 mois mais le girafon peut rester avec sa mère jusqu'à l'âge de 2 ans et demi. Apres cette période, il est gardé dans une " nurserie " qui permet à sa mère d'aller s'alimenter. La maturité sexuelle est acquise au bout de 3 a 4 ans pour un girafon femelle, et 4 a 5 ans pour un male.
La girafe, un animal qui dort debout ?
La girafe dort ou somnole en restant plantée sur ses pattes. En de très rares occasions, quand elle se sent tout a fait en sécurité, elle s'étend sur le sol pour se reposer et jamais plus de deux heures. Lorsqu'elle court, elle va à l'amble, à l'instar du chameau ou de l'ours, c'est a dire qu'elle lève ensemble les deux
pieds du même côté. Les pattes avant se lèvent ensemble mais largement écartées pour éviter que ses sabots s'entrechoquent. Leurs mouvements sont lents comme filmés au ralenti. En vitesse de croisière, elle court a 15 km/h pourtant, lorsque cela est nécessaire, elle peut atteindre 60 km/h. Son galop particulier est facilité par son long cou qui balance et crée l'équilibre, grâce à un petit muscle spécial qui le tire en avant.
Les prédateurs de la girafe
Adulte et en bonne santé la girafe n'a à craindre que le lion. Elle le voit approcher de loin et peut d'une ruade lui briser le crâne ou les côtes. Par contre les jeunes qui échappent à la surveillance de leur mère ou isolés du troupeau et les sujets affaiblis par la vieillesse, la maladie ou une blessure, peuvent être la proie de prédateurs comme les lions, les hyènes rayées, les hyènes tachetées, les léopards ou les lycaons. C'est ainsi que trois girafons sur quatre se font tuer avant l'age de trois mois. Aux points d'eau, les girafons peuvent aussi être victimes des crocodiles.
Conservation
La girafe est chassée pour sa viande et sa peau. Elle fut tuée aussi pour sa queue, utilisée comme monnaie primitive ou symbole d'autorité. En plus de ce braconnage, elle est menacée par la destruction de son habitat, notamment dans le Sahel où la déforestation est répandue. La population des girafes d'Afrique occidentale a baissé fortement dans les décennies récentes. D'autre part, les populations de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe sont stables, et dans certaines régions elles ont même augmente. La girafe est une espèce protégée dans la plupart des pays correspondant à son aire de répartition. On à estimé que la population totale des girafes représente entre 110 000 et 150 000 animaux. Les plus grandes populations nationales se trouvent au Kenya (45 000), en Tanzanie (30 000) et au Botswana (12 000).
La girafe et l’histoire…
Les Grecs pensaient que la girafe résultait de l'union du chameau et du léopard, d'ou le nom scientifique de l'espèce camelopardalis. Selon Pline l'Ancien, le cortège ramenant Vercingétorix vaincu a Rome aurait comporte une girafe. Le sage arabe Al-Qazwini dit d'elle : " Sachant qu'elle se nourrirait dans les arbres, Allah lui donna des membres antérieurs plus longs que les postérieurs ".
En Asie de l'Est et notamment au Japon où elle porte ce nom, la girafe est associée au qilin (ou kirin), animal mythique proche de la licorne. En effet, une girafe fut ramenée d'Afrique en Chine dès 1414 par Zheng He et accueillie par l'empereur Ming Yongle comme un qilin, témoignage de son bon gouvernement.
Elle a été décrite, pour la première fois en France, par Pierre Belon (1517-1564). La première girafe à entrer vivante sur le sol français fut emmenée en 1827 par Etienne Geoffroy Saint-Hilaire : elle parcourut près de 800 km (dont plus de la moitie à pied) entre Marseille et le Jardin des Plantes à Paris. L'événement eut a l'époque une portée considérable. Il s'agit probablement de celle qui est actuellement visible, naturalisée, au Muséum d'histoire naturelle de La Rochelle.
En 1809, Lamarck pensait qu'à force d'allonger le cou, elle avait transmis ce trait à sa descendance. En 1872, Darwin pensait que son long cou était dû à une sélection liée aux périodes de famines, où un ou deux pouces faisaient la différence et permettaient de survivre. L'hypothèse de la sélection sexuelle est aussi avancée, les mâles se battant à coup de cou.
La girafe dans la langue française
L'expression " peigner la girafe " signifie ne rien faire ou perdre son temps. L'origine de cette expression, qui n'est pas attestée avant 1900, est inconnue. On sait cependant que lorsqu'une girafe fut offerte a Charles X par le pacha d'Egypte, celle-ci fut présentée à la France dans un grand tour où elle était accompagnée en permanence de quatre soigneurs, dont l'un avait en effet pour charge de la peigner (de l'étriller, pour être plus précis) chaque jour, travail qui en regard de la condition ouvrière à l'époque ne devait pas paraître exténuant.
Ces girafes sont jeunes, âgées seulement de 2-3 ans et mesurent entre 2,50 mètres et 3,80 mètres. Elles évolueront dans un enclos de 3000 m² environ et occuperont un bâtiment de 200 m², chauffé au bois, pour garantir une température minimum de 16°C.
Particulièrement menacée dans le milieu naturel, l'accueil de cette nouvelle espèce s'inscrit dans le cadre de la politique de protection des espèces et de diversification de l'offre pédagogique à destination du public, développée par le parc zoologique. A titre d'exemple, un programme de conservation initié par le zoo de Doué-la-Fontaine contribue actuellement a protéger ces girafes Niger " in situ "en collaboration avec les populations locales. Seulement 150 individus a ce jour dans la nature.
Adhèrent à plus de 57 plans et programmes d'élevage européens pour des espèces particulièrement menacées sur les 171 espèces présentées, le parc zoologique de Montpellier participe et soutient également activement des programmes de conservation " in situ " (zèbres de Grévy a Djibouti, tamanoirs en Argentine, lémuriens à Madagascar, onagres de Perse, tamarins au Brésil, guépards…).
Les caractéristiques physiques
La girafe (Giraffa camelopardalis) est une espèce de mammifère ongulé artiodactyle et ruminant, originaire des savanes africaines et répandue du Tchad jusqu'en Afrique du Sud. Le mot girafe vient de l'arabe " zarāfah "signifiant "charmante" . Apres des millions d'années d'évolution, la girafe a acquis une anatomie unique lui permettant notamment de brouter la cime des arbres. Il existe des divergences entre les scientifiques concernant les sous-espèces. Il y a 9 sous-espèces généralement acceptées, avec quelques variations de couleurs et de répartition géographique :
Girafe réticulée G.c. reticulata - nord-est du Kenya, Ethiopie, Somalie.
Girafe d’Angola G.c. angolensis - Angola, Zambie.
Girafe de Kordofan G.c. antiquorum - Ouest et Sud-Ouest du Soudan.
Girafe Masaï G.c. tippelskirchi - Centre et Sud du Kenya, Tanzanie, Est du Rwanda (P.N. de l'Akagera, introduite en 1986).
Girafe de Nubie G.c. camelopardalis - Est du Soudan, Nord-Est de la Republique democratique du Congo.
Girafe de Rothschild G.c. rothschildi - Ouganda, Centre-Nord du Kenya.
Girafe du Cap G.c. giraffa - Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zimbabwe, Mozambique.
Girafe Thornicroft G.c. thornicrofti - Niger, Cameroun.
Girafe peralta G.c. peralta - Afrique de l'Ouest, Niger.
La Ville de Montpellier a informé dès 2005, lors du congrès de l'EAZA (European Association of Zoos and Aquaria) à Leipzig, Marc Damen, directeur du parc zoologique de Rotterdam et coordinateur du Plan d'Elevage, du souhait d'accueillir des girafes au parc zoologique. A l'époque le parc zoologique de Montpellier était 23ème sur la "liste d'attente".
Dans un premier temps, il était question de se voir attribuer des girafes de l'espece du Niger, puis en fonction des naissances, décès et différents transferts gérés par le coordinateur, se sont 4 representants de l'espece de Rothschild qui ont été attribués au zoo.
Quatre mâles girafes de Rothschild sont donc arrivées de quatre parcs différents :
Pessac (Gironde)
Peaugres (Ardeche),
Augsburg (Allemagne)
Usti (Tchequie)
Avec ses 80 hectares, le parc zoologique de Montpellier est aujourd'hui l'espace vert le plus vaste de Montpellier. Haut lieu de promenade privilégié des Montpelliérains, il invite, à travers un sentier de 11 km, à une découverte des animaux du monde ou d'espaces "sauvages" dans l'yeuseraie (chenaie) à pins d'Alep. Le parc propose 90 espèces et plus de 1500 animaux qui sont répartis sur 76 enclos, vivariums, aquariums et volières dont la plupart font partie des plus vastes d'Europe. Il est également doté d'une lémurie riche d'une des plus belles collections de lémuriens, une serre, deux etangs artificiels où se concentrent la plupart des oiseaux.
S'etalant sur les hauteurs de Montpellier, le parc est un balcon sur l'arrière pays et offre quelques points de vue pittoresques sur les paysages languedociens et c'est dans cette superbe réserve que sont arrivées quatre girafes en mars.
Les girafes au parc zoologique de Montpellier visible dés le 2 avril