En 2009, Paradisio vous invitera une nouvelle fois à voyager aux quatre coins du monde à deux pas de chez vous. Le "Royaume de Ganesha", le premier et le plus grand jardin indonésien d'Europe. Surmonté de rizières en terrasse, ce fabuleux jardin authentique de près de 4 hectares, sera le royaume des éléphants, des buffles et des macaques, des fleurs exubérantes, des buissons odoriférants et des mystères des dieux gardiens.
Sur les chemins du Royaume
1. La Fontaine de Ganesha
2. Evocation des Rizières en hommage à Devi Sri
3. Le Bain des Eléphants Sacrés
4. La Sente du Temple
5. Garuda, l’aigle des Dieux
6. Le Territoire du Porc-Epic
7. Les trois volières des Iles
8. Dans la caverne aux Sarcophages
9. Dans la Gueule de Boma
10. Sous la Garde des Deux Serpents-Dragons.
11. Temple Pura Agung Santi Bhuwana
12. Pura Bunga (temple des fleurs)
13. Le petit Village de Timor
14. La halte du voyageur
15. Le Chemin Serpent
16. L'Ombre de Prambanan
17. Réminiscences de Borobudur
18. La forêt sacrée du Bouddha Méditant
19. Le Long des Flots
20. Les Pierres Dressées
Le Royaume de Ganesha en quelques chiffres
- Durée du chantier : 3 ans
- Tonnes de pierre de lave (dite aussi pierre de lune) : plus de 8.000 tonnes et plus de 300 containers
- Statues de divinités : plus de 200
- Nombre d’artisans et compagnons bâtisseurs d’Indonésie et de Chine : près de 200
- Pour le découpage à la main des pavés : plus de 1.000 artisans originaires de 6 villages de Java.
1. La Fontaine de Ganesha
Arrêtez-vous et saluez-les gentiment : pour vous accueillir dignement, huit petits éléphants cracheurs projettent leur eau bienfaisante sur cinq éléphants équilibristes ! C’est que le dieu Ganesha apprécie votre bonheur : protecteur des voyageurs et du foyer, divinité des arts, de l’enseignement, de la connaissance et des sciences, il s’emploie à détruire maints obstacles en votre faveur. De surcroît, Ganesha aime les bonnes choses : sucreries, fruits, fleurs et gâteaux et autres offrandes font partie de ses plaisirs joyeux.
4 bienfaits de Ganesh : kama, plaisirs sensuels - artha, richesse, prospérité - dharma, enseignements sacrés - moksha, libération spirituelle/cycle des morts et renaissances. A Bali, Ganesha est considéré surtout comme le dieu de l’enseignement et le gardien des temples -> parfois, son aspect sévère.
2. Evocation des Rizières en hommage à Devi Sri
Devi signifie « déesse » en sanskrit (ancienne langue indo-européenne du sous-continent indien) et Shri le riz. Devi Sri est donc la déesse du riz à laquelle est dédié ce paysage de rizières à flanc de la colline. Celle-ci a été terrassée en gradins, labourée avec l’aide de ces puissants buffles d’eau qui vous regardent paisiblement et creusée de tunnels d’irrigation. A Bali, ce sont les Subaks ou coopératives villageoises qui cultivent et entretiennent les rizières. Fait remarquable : l’extraordinaire fertilité du sol volcanique de Bali donne pas moins de trois moissons chaque année. Ragaillardi par cette agréable certitude, montez l’escalier qui longe l’enclos des buffles.
Agung, Batukaru et Batur. Toute la vie de Bali est tournée vers ces trois volcans sacrés veillés par les dieux. Quand elle ruisselle, leur eau est bienfaisante pour la fertilité. ! Eau des volcans = purification.
3. Le Bain des Eléphants Sacrés
Vous avez gravi le grand escalier et votre non moins grand courage est récompensé. En effet, vous voilà parvenu au bord de la piscine de nos princesses (eh oui, nos éléphants sont des éléphantes d’Asie !) Pour permettre à nos aimables pachydermes de prendre du plaisir – et à vous aussi, bien que vous ne soyez pas des éléphants – nous avons bâti ce bain monumental de 30 mètres de long, 20 mètres de large et 10 mètres de hauteur, aménagée avec trois niveau de profondeur et veillée par trois déesses. Nos éléphantes sont lavées trois fois par jour au printemps et en été, leur épiderme séchant très rapidement au soleil (presque) permanent de Paradisio. Depuis la terrasse circulaire où trône un magnifique tronc d’arbre sculpté en hommage à Ganesha, vous découvrez amarré, le baleinier, Mersus Emergo où dorment nos élégantes.
Un mahout – ou cornac, mot provenant de l’indien cornaca – est à la fois le maître et la « nounou » de son éléphant.
4. La Sente du Temple
Poursuivez lentement le chemin qui surplombe le bain des éléphants, en vous laissant gagner par la dignité tranquille de cette sente encadrée par une multitude de divinités attachées à votre protection. Vous longez à présent le lieu le plus sacré du royaume. Surtout, n’entrez pas dans le Temple Pura Agung Santi Bhuwana (coups d’œil autorisés ;-)) et dirigez-vous vers l’aigle Garuda… Le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand, puisque vous pénétrerez dans les temples plus tard !
Principaux dieux et déesses représentés tout au long de mon voyage : Ganesha, Vishnou (dieu protecteur, époux de la terre), Brahman (dieu majeur – avec Vishnou et Shiva. Il est considéré comme le créateur de l’hindouisme). Shiva (dieu à la fois destructeur et régénérateur et père de Ganesh), (Hanuman (dieu-singe courageux et modeste, fidèle à Rama).
5. Garuda, l’aigle des Dieux
Dans la mythologie hindoue Garuda est la monture de Vishnou.
Déesses représentés tout au long de mon voyage : Ganesha, Vishnou (dieu protecteur, époux de la terre), Brahman (dieu majeur – avec Vishnou et Shiva. Il est considéré comme le créateur de l’hindouisme). Shiva (dieu à la fois destructeur et régénérateur).
Dans la mythologie hindoue, Garuda est l’oiseau-soleil, la monture de Vishnou et de sa première femme Lakshmi (appelée aussi Shri, « Beauté »), déesse de la Beauté et de la Fortune. Chez les bouddhistes, les « garuda » sont un peuple d’hommes-oiseaux qui protègent les hommes et le monde. Garuda est souvent représenté par un corps humain muni d’une tête d’aigle et de serres puissantes, portant Vishnou ou Lakshmi, mais également tenant le serpent Seisha ou l’élixir d’immortalité. Les croyances lui attribuent des dons curatifs contre les morsures de serpent. Garuda figure sur de nombreux temples de l'île de Java et est le symbole de l’énergie créatrice. Les six fils de Garuda ont donné naissance au monde des oiseaux.
« Celui qui pendant une période non négligeable s'efforce sincèrement d'atteindre la plénitude intérieure progresse sur la voie de la perfection. Puis il atteint la réalisation du Soi. » (Swami Satyananda). Les Indonésiens sont majoritairement de religion musulmane (ce qui fait de l’Indonésie le plus grand pays de tradition islamique). Les autres religions pratiquées par les Indonésiens sont essentiellement l’hindouisme, le bouddhisme, l’animisme et les religions chrétiennes.
6. Le Territoire du Porc-Epic
Ce curieux animal est un porc-épic asiatique, reconnaissable à sa queue en forme de brosse. Ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un champion de course à pattes puisque, comme pour tous les porc-épics du monde, sa vitesse de pointe est de 2 km/h. En revanche, c’est l’animal qui possède les plus gros piquants. La famille des porc-épics est divisée en deux grandes branches : les hystricidés qui vivent en Asie, en Afrique et dans le Sud de l’Europe et les érethizontidés (à dire dix fois de suite et très, très vite) originaires des Amériques. Les porc-épics sont des rongeurs qui n’aiment pas la lumière et se déplacent la nuit.
7. Les trois volières des Iles
Dans la première volière, vous admirerez les calaos papous. En Asie, le calao est considéré comme un symbole de fidélité conjugale, car les couples de ces beaux oiseaux sont unis pour la vie. Leur mode de reproduction est pour le moins original : après avoir séduit sa dulcinée en lui offrant de multiples douceurs (insectes, fruits...) Monsieur Calao l’emmure dans un arbre creux dont il referme presque totalement l’orifice grâce à un mortier composé de boue, de végétaux et d’excréments. Madame Calao séjournera près de 4 mois à l’intérieur de cette prison dorée, le temps de la couvaison et de l’élevage des jeunes.
Dans la deuxième volière, vous découvrez les superbes étourneaux de Rothschild. Emblème de l’île de Bali, cet oiseau est aussi appelé « Jalak bali ». Ces étourneaux sont menacés d’extinction, leur beauté leur ayant valu d’être les victimes d’un intense trafic (il n’en resterait que deux cents en liberté, essentiellement dans le parc de Bali Barat. Paradisio participe à leur sauvetage dans le cadre du programme EEP (European Endangered species program).
Dans la troisième volière, vous apercevez des Padda de Java. Ces petits oiseaux de couleur grise volent le riz cultivé sur les champs de l’île de Java au grand dam des agriculteurs. Le Padda construit d’ailleurs son nid dans les arbres, à proximité des rizières. De nos jours, ce bel oiseau est beaucoup moins répandu.
8. Dans la caverne aux Sarcophages
« Après neuf mois où le maître fut déclaré absent et son corps embaumé et conservé dans sa maison, ses funérailles durèrent plusieurs jours et l’on vint des quatre coins des terres avoisinantes et plus lointaines encore. Les femmes se parèrent de leurs plus beaux atours et l’on déposa son sarcophage au centre de l’enceinte sacrée où, sous la houlette du maître de cérémonie, se déroulèrent repas et rituels. A cette occasion, on sacrifia plusieurs buffles (le maître était riche et influent) et animaux consacrés, on les mangea et l’on fit bombance de fruits et de volailles, et puis, on chanta et enfin sa dépouille fut portée en un imposant cortège jusque dans sa maison funéraire, un rocher creusé pour l’accueillir. » Voici comment un narrateur pourrait résumer les rites funéraires Toraja des îles des Célèbes (dites aussi Sulawesi), rites de passage très longs et très complexes où la mort n’est pas niée, mais au contraire, sacrée et partagée. Les sarcophages traditionnels que vous découvrez ici proviennent de cette île ainsi que de Kalimantan, sur l’île de Bornéo.
Vogue, vogue la maison !
En pays de tradition toraja, les toits des maisons ressemblent à s’y méprendre à des coques de bateaux. On les appelle « Tongkonan », et il semble bien que ce soit une résurgence des temps lointains où les Torajas vinrent par la mer. Pour échapper aux pluies torrentielles et aux rongeurs, ces coques furent primitivement montées sur pilotis et la tradition en serait restée.
9. Dans la Gueule de Boma
En quittant la caverne aux sarcophages, vous franchissez une porte découpée dans la racine d’un vénérable Litchi qu’un magicien a changée en une gueule monstrueuse : celle du Dieu Boma, fils de Vishnou et de Lakshmi. Son sosie en pierre défend l’entrée d’un célèbre temple de Bali, appelé « Goah Gaja », signifiant « Grotte de l’éléphant », consacré au dieu Ganesha.*
10. Sous la Garde des Deux Serpents-Dragons.
Sorti de la gueule de Boma, vous parcourez quelques mètres pour vous trouver nez à nez avec deux terrifiants dragons. Monstres fabuleux qui, dans la tradition balinaise, ne représentent pas un danger ou le principe du mal, mais au contraire, la protection, l’abri, la sécurité. En ceci, l’île de Bali est conforme aux traditions asiatiques où le dragon symbolise la force et la bonne fortune. Les dragons de Paradisio ont été spécialement chargés de vous protéger contre les tremblements de terre, ouragans et autres désastres de la nature. A présent, saurez-vous reconnaître qui est Monsieur et qui est Madame Dragon ? Donnez-vous quelques minutes pour les observer avant de regarder la réponse, écrite ci-dessous à l’envers !
La solution de l’énigme
Si vous avez trouvé, vous êtes digne d’admiration et/ou… très connaisseur ! En effet, le dragon femelle est placé à votre droite et le dragon mâle à gauche (en montant). A présent, observez leurs différences qui résident dans leur corps, écailleux ou non…
11. Temple Pura Agung Santi Bhuwana
Les Temples de la Déesse et des Fleurs, le Candi Kurung
Avant d’entrer dans le temple dédié à Devi Shri, puis de monter vers celui des Fleurs, quelques explications. A Bali, on regroupe les (dizaines de) milliers de temples en trois catégories : les Pura Dalem consacrés à la mort et à son dieu Shiva, les Pura Puseh dédiés aux défunts et les Pura Desa bâtis en l’honneur des divinités protectrices. C’est donc un Pura Desa que vous allez visiter. Pour vous aider à comprendre la profusion de bâtiments que vous allez découvrir, nous vous proposons ce petit plan indiquant leurs principales fonctions.
Plan en longueur
- Meru : tour représentant la Montagne mythique, si haute qu’un esprit humain aurait bien du mal à l’imaginer
- Candi Bentar et Candi Kurung : portes d’entrée… et de sortie
- Padmasana (ou posture du Lotus) : place surélevée où l’on entre en relation avec les dieux.
- Dugul : autel des offrandes. Lieu festif.
- Pelyiangan : lieu de cérémonies.
- Pylasan : lieu où l’on stocke les offrandes.
- Bale Gong : place de la musique.
- Bale Kulkul : tour du Tambour (appelé kulkul)
12. Pura Bunga (temple des fleurs)
Ce temple, dédié au monde des fleurs, évoque les fondements animistes de l’hindouisme balinais qui consacre le caractère divin de toutes les formes de vie. L’eau, source de vie dévale le long d’un de ses flancs, sous la protection de deux petits serpents-dragons. A l’extérieur du temple, vous vous laisserez charmé par les jeux incessants des loutres asiatiques.
13. Le petit Village de Timor
Entrez dans ce petit village de l’île de Timor avec ses maisons traditionnelles bâties sur pilotis (très utiles contre les rongeurs). Vous y découvrirez autour et alentour des stèles de Sumba, des statues Letti du Timor oriental, des tambours de Manggarai ainsi que des sculptures de chevaux provenant de Florès et des sculptures javanaises. Parmi les animaux les plus communs dans les villages indonésiens, vous reconnaissez de sympathiques canards et cochons.
Petit lexique personnel :
Stèles de Sumba : stèles funéraires en nombre sur cette île de l’archipel indonésien (culture mégalithique vivace)
Letti : gardiens des ancêtres.
Manggarai : peuple et culture situés à l’ouest de l’île de Flores.
Florès : île volcanique à vallées profondes et végétation luxuriante de l’archipel indonésien (nord-ouest de l’Australie, dans les îles de la Sonde).
(Sumba, Flores et Timor sont situées dans la mer de Savu).
14. La halte du voyageur
Au Royaume de Ganesha, même les lieux d’aisance se visitent ... A Présent, vous avez le choix :
- soit vous empruntez le passage entre la halte et la volière des Padda de Java ; ce qui vous conduit au sommet du temple des singes, habités par les macaques huppés.
- soit, vous longez la halte du voyageur et descendez le chemin serpent (notre recommandation)au pied duquel le temple des singes vous dévoilera ses ruines à moitié enfouies et ses joyeux occupants.
15. Le Chemin Serpent
Scruté avec curiosité (ou carrément ignoré, mais vous connaissez leur caractère de divas) par les macaques huppés batifolant sur votre droite, vous redescendez lentement le chemin lorsque vous découvrez un nouveau temple à votre gauche. Arrêtez-vous un instant et regardez, car voici une nouvelle merveille…
16. L'Ombre de Prambanan
Les temples de Prambanan (îles de Java) comportent huit Candi (portes) et deux cents vingt-quatre petits temples funéraires construits en trois carrés concentriques. Les trois temples principaux rendent grâce à Vishnou, Shiva et Brahma. Bâties en roche de lave noire, ces tours à base carrée, dont le premier niveau représente la divinité honorée, sont dominées par la tour de Shiva qui mesure quarante-sept mètres de haut. Erigés par les rois hindouistes Sanjaya en commémoration de leur victoire sur les rois bouddhistes Sailendra de Java (856 de notre ère), elles ont été victimes du temps et des déprédations et se sont effondrées par pans entiers avant d’être restaurées depuis 1937. Ici, à Paradisio, une petite tour symbolise l’ombre de Prambanan.
La plupart des bâtiments du Royaume de Ganesha, ainsi que les chemins de Paradisio, sont en lave noire originaire du volcan Merapi, situé à proximité du temple de Borobudur. En revanche, les sculptures à l’exception du Pura Agung Santi Bhuwana, proviennent du Mont Agung, volcan le plus sacré de Bali.
17. Réminiscences de Borobudur
Bienvenue sur l’une des sept merveilles du monde, reproduite pour votre bonheur à l’échelle 1/25ème. Le temple bouddhiste de Borobudur (île de Java), un chef d’œuvre d’une rare complexité architecturale, fut bâti au 9e siècle de notre ère. Il comporte six terrasses superposées, elles-mêmes surmontées de trois terrasses circulaires, toutes ceintes de plusieurs rangées de fresques de pierre. Sur la plus haute terrasse, proches du ciel, cinq cents Bouddhas méditent pour l’éternité. Ce temple, abandonné trois siècles après avoir été érigé, s’est enfoncé dans une mer végétale avant d’être redécouvert en 1814 et d’en être patiemment extrait, puis protégé par l’UNESCO qui l’a classé au patrimoine mondial de l’humanité.
18. La forêt sacrée du Bouddha Méditant
Ce Bouddha médite sans doute sur la vacuité du temps et sur la splendeur des arbres qui l’entourent et qui sont devenus un jour, par la fixité grandissante de leurs branches, d’émouvantes sculptures végétales Il s’agit de platanes d’Orient multiséculaires, entourés d’une forêt de tronc d’arbre fossilisés, vieux de millions d’années.
19. Le Long des Flots
Mais où sont donc les pêcheurs de ces barques multicolores tendrement alanguies dans les flots (puissants) de cette mer paradisiaque ? Peut-être les trouverez-vous, endormis, un bienheureux sourire aux lèvres, à l’ombre de nos arbres vétérans. Peut-être ne sont-ils que des songes émanés de votre longue promenade à travers les îles. Peut-être encore, sont-ils réunis en quelque lieu de médiation, pour réciter ensemble cet ancien texte de tolérance religieuse entre hindouisme et bouddhisme, écrit par le sage Prapañca (14e siècle de notre ère) : « Il est dit que les célèbres Bouddha et Shiva constituent deux substances différentes. Ils sont en effet différents, mais comment est-il possible de reconnaître leur différence en un clin d'oeil, car la vérité de Bouddha et la vérité de Shiva est une. Ils sont bien différents, mais ils sont de même nature, car il n'y a pas de dualité dans la vérité. » *
* Sources : Texte adapté, basé sur l'édition critique du Dr. Soewito Santoso, Sutasoma, une étude en Vieux-javanais Wajrayana, 1975:578. New Delhi: International Academy of Indian Culture.
20. Les Pierres Dressées
Non, vous n’êtes pas en pays celtique, à Carnac ou à Stonehenge : vous êtes dans les îles des Célèbes (aujourd’hui Sulawesi). En pays Toraja, on y trouve de nombreux champs de « menhirs ». Sur les îles de Sumba et de Florès, les pierres se dressent au milieu même des villages en guise de sépultures des morts ou de lieux de sacrifices humains. Enfin, dans la tradition hindouiste, et notamment sur l’île de Bali, on trouve des pierres dressées, symbole phallique représentant le principe masculin créateur.
L’histoire de Ganesha
Ce jour-là, le dieu Shiva revint en sa demeure après avoir longuement médité sur les plus hauts sommets. Il s’apprêtait à retrouver sa délicieuse épouse et demi-déesse Pârvâti, lorsqu’il vit, barrant la porte d’entrée, un audacieux jeune homme.
- Eh bien ! fit Shiva, qui es-tu toi pour m’empêcher d’entrer dans ma maison ?
- Je suis Ganesh, dit aussi Ganesha, répondit calmement le jeune homme et je te préviens que je ne laisserai entrer personne, car la belle Pârvâti prend son bain et j’affirme que nul ne saurait la voir dans son naturel.
- Je t’enjoins de me laisser entrer ! gronda Shiva peu habitué à se faire refouler de chez lui par un étranger. Et il fit un pas en avant.
Alors Ganesha se dressa de toute sa stature pour repousser l’intrus. Fou de rage, Shiva se saisit de son épée et d’un coup, d’un seul, il décapita le jeune homme dont la tête roula si loin qu’elle disparut à toute vue.
- Qu’as-tu fait ? s’exclama Pârvâti, attirée hors de son bain par le vacarme. Lorsqu’elle aperçut le corps sans tête, son désespoir fut immense.
- C’est mon fils ! hurla-t-elle, mon fils engendré de la poussière et des onguents raclés de ma peau pendant ma profonde solitude.
Et elle exigea de son époux, qui pouvait beaucoup de choses et maintes merveilles entre autres, qu’il rendît la vie à son fils.
- Ainsi ferai-je, promit Shiva, dépité et confus : la première tête de la première créature que je verrai passer, je la trancherai pour que revive ton fils.
Cette première créature fut un éléphant et voilà comme Ganesha ressuscita.
(Vous pouvez retrouver l’histoire de Ganesha dans maintes versions. Celle-ci est inspirée de la tradition du Shiva-Purâna.)