Les visiteurs recherchent la proximité des animaux et prennent plaisir à les découvrir.
Pour leur bien être, ceux ci peuvent se cacher du public mais leur réapparition provoque un effet d’événement.
Des points de vision sont intégrés aux paysages et aucune vue sur un animal n’a lieu à travers une clôture ou un grillage. Les points d’observation sur les volières sont vitrés et pour les enclos, le visiteur est séparé de l’animal par un fossé planté.
Partie 2 - Le projet de rénovation du Zoo de Vincennes : une représentation de la biodiversité mondiale
Communiqué du Muséum National d'Histoire Naturelle - Crédits photo © AJOA BTUA
Mercredi 24 février 2010
Conçue pour recréer les conditions tropicales humides et présenter les espèces animales de Guyane et Madagascar, cette voûte de verre, très épurée, de 100 m de long et de 40 m de large, occupe l’emplacement de l’ancien Rocher des Singes.
D’une hauteur inférieure à cette masse rocheuse, aujourd’hui très dégradée, et disposée sur un socle densément planté, elle s’insère dans la transparence du paysage végétal environnant.
Dans la continuité des volumes majestueux du Grand Rocher s‘accroche une volière pénétrante (plus de 2 000 m²) habitée par des oiseaux en vol libre. Elle reprend l’emprise de l’ancienne fauverie et sa structure aérienne tridimensionnelle redéfinit avec précision les contours de l’ancien rocher.
La création d’un relief
Le site actuel est très plat, les reliefs existants sont principalement représentés par des fossés ou des douves autour des enclos. Le travail sur la création d’un relief permet de jouer sur différents niveaux créant ainsi des points de vue variés, permettant au visiteur de découvrir un paysage sous différents angles et l’emmenant en voyage dans des terres étrangères.
Des grandes masses de reliefs seront donc ainsi créées, de grandes perspectives sous forme de panoramas sont offerts au visiteur. Par exemple deux grandes perspectives dominées par le Grand Rocher sont proposées dans la biozone Sahel-Soudan permettant une large vue sur toute la profondeur des savanes. Dans la biozone de Patagonie, la perspective se fera sur l’ensemble de la pampa.
Une vaste plaine au pied du grand rocher (biozone du Sahel-Soudan)
Des reliefs chahutés (buttes, talus, vallées…) au nord et au sud (biozones Europe, Guyane, Madagascar et Afrique équatoriale)
Une longue plaine coté lac de Daumesnil (Patagonie)
Une densité et une diversité végétale
La forte présence végétale est une condition indispensable à l’immersion. L’évocation de milieux naturels et l’affirmation du caractère paysager du zoo ne peuvent être réussies sans une prédominance du végétal sur le site. Alors que dans le zoo actuel, les zones végétales sont plutôt réduites, le projet redonne de l’espace au végétal. Le projet tire parti du patrimoine arboré déjà existant et conserve le maximum de végétaux, notamment les plus beaux sujets et groupes remarquables.
Les biozones ne sont pas un simple décor aménagé. Il s’agit en fait de mettre en oeuvre d’habiles artifices pour évoquer les paysages d’Afrique ou de Madagascar. La végétation proposée joue sur le mimétisme (silhouette - texture -
feuillage…) entre les plantes in situ et les plantes poussant sous le climat parisien. En revanche, les végétaux d’origine sont mis en situation dans la serre qui recrée les conditions climatiques de leur milieu.
b | La stratégie architecturale
À l’exception du grand rocher (16 100 m 2), le zoo présentait un certain nombre de rochers dont la dégradation est telle qu’ils ne peuvent être restaurés. Ils constituaient des îlots artificiels posés sur un vaste socle plat sans intégration paysagère particulière mais permettaient de cacher les bâtiments techniques aujourd’hui obsolètes. Néanmoins une petite partie de ces rochers sont conservés : le rocher des Gardes et le rocher de la Souricière, à caractère architectural plus marqué, et entièrement reconstruit à l’identique, l’enveloppe en partie basse de la fauverie aussi reconstruite, enfin les rochers des îles moins dégradés. En revanche, un certain nombre de petits rochers sont créés pour accompagner les présentations animalières comme par exemple les côtes rocheuses de la Patagonie et viennent s’insérer dans chaque paysage et en appui à la scénographie. Grâce à cette surface (50 000 m² environ d’emprise au sol) de nouvelles structures fonctionnelles vont pouvoir être implantées et intégrées dans le cadre du Plan Local d’Urbanisme (PLU ).
Les enveloppes "filtre"
Les enveloppes architecturales sont légères et définies suivant les besoins de l’immersion pour chacune des 6 biozones. Les bâtiments ne sont jamais vus comme tels mais sont perçus au loin et associés à la diversité végétale. Les bâtiments animaliers disparaissent dans l’espace pour ne faire qu’un avec l’environnement de l’animal. Le dispositif architectural proposé est caractérisé par sa discrétion dans la relation établie entre le public et les animaux. Les bâtiments ne se voient plus au sens traditionnel du terme. Leurs enveloppes sont conçues à partir de matériaux bruts ou naturels et agissent comme des filtres sur l’environnement. Ce sont des membranes symbiotiques qui interagissent avec leur milieu et sont de plusieurs natures : l’enveloppe dite bioclimatique pour créer un climat tropical dans les serres, l’enveloppe dite topographique pour le bâtiment de la plaine africaine, l’enveloppe volumétrique à base de filets aériens pour la Grande Volière située à l’emplacement de l’ancienne fauverie, et enfin une enveloppe végétalisée qui mettra le visiteur en condition d’immersion dès l’entrée du zoo, située Porte de Paris.
c | Les éléments phares
Le Grand Rocher
Cet élément emblématique (65 m de haut, 354 marches), entièrement restauré en 1997, va continuer à perpétuer la mémoire du lieu avec l’association des rochers des gardes et de la souricière reconstruits à l’identique. Il sera sublimé en « icône » grâce à la vaste plaine sahélo-soudanienne qui s’abaisse à son pied et qui, ouverture sur l’horizon, offre au regard de le découvrir entièrement. Le Grand Rocher abrite les vivariums Europe tandis que les rochers de la Souricière et des Gardes vont accueillir les salles d’élevage de ces espèces animales européennes.
La Grande Volière
b | Le bien-être animal : au coeur du projet de la rénovation
Les biozones telles que représentées dans le projet sont au service du bien être de l’animal dont les conditions conduisent à lui offrir plus d’espace et donc à privilégier la qualité à la quantité. L’enclos de l’animal doit être le plus vaste possible et structuré d’un enrichissement (branchages, rochers,…) tel qu’il puisse exprimer ses fonctions biologiques et comportementales. C’est pourquoi la présence de certaines grandes espèces comme l’éléphant, l’hippopotame ou l’ours n’a pas été jugée envisageable compte tenu de la surface du Parc zoologique de Paris. En revanche, des espèces moins communes et moins bien connues, mais tout aussi importantes, montrent le rôle du monde animal dans un écosystème. Ce postulat a donc influé sur le choix des espèces représentées dont la sélection a été faite selon leur intérêt attractif, pédagogique, scientifique et les critères de conservation (selon statut UICN) :
espèces emblématiques (girafes, loups),…
espèces moins connues (gloutons, lamantins),
espèces menacées impliquées dans des programmes internationaux
de conservation (lémuriens, rhinocéros blancs,…).
Ainsi, les biozones présentent un éventail de la biodiversité animale avec des mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons et invertébrés.
c | L’immersion du visiteur : la rencontre avec l’animal
Les conditions de vie réelles des espèces animales vont être suggérées au mieux par des paysages représentatifs, diversifiés et faisant appel à des éléments naturels. Le visiteur, immergé dans l’environnement de l’animal, est plus réceptif à saisir son comportement, à comprendre la place qu’il occupe dans son écosystème. La rencontre du visiteur se fait dans le milieu de l’animal, il est « invité chez lui », ce qui lui procure une émotion et l’incite à respecter les usages de son bien-être. Il accepte que l’animal puisse se dérober à sa vue dans des zones de tranquillité.
2 | L’organisation de l’espace
Stratégie paysagère, stratégie architecturale, éléments phares
Le paysage s’impose, l’architecture s’efface
Pour atteindre les objectifs d’immersion et de restitution des milieux naturels des animaux, architectes, paysagistes et zootechniciens ont mis en oeuvre un programme à travers la création d’un nouveau paysage fait de reliefs, plantés d’une dense et diverse végétation mais aussi d’un bâti discret et camouflé.
a | La stratégie paysagère
La scénographie des points de vue
Les 6 biozones et leurs milieux sélectionnés sont :
La biozone Patagonie : pampa, côte rocheuse, forêt andine
Le biozone Sahel-Soudan : savane arborée, savane arbustive, savane rase et delta africain
La biozone Europe : forêt de conifères et forêt de feuillus
La biozone Guyane : forêt tropicale humide
La biozone Madagascar : forêt humide de l’Est, forêt sèche de l’Ouest
La biozone Afrique équatoriale, provisoirement remplacée par la biozone Australie : milieu australien.
1 | Le concept de la rénovation
Ecosystème, bien-être animal et immersion du visiteur
La mutation du Parc zoologique de Paris est réalisée en offrant une réponse aux préoccupations écologiques, actuelles et futures, dont le thème majeur est la conservation de la biodiversité mondiale. Trois éléments définissent le concept de la rénovation : écosystème, bien être animal, immersion du visiteur. Ces trois éléments constituent le fil conducteur qui va être déclinée dans la présentation des animaux, les aménagements architecturaux et paysagers, les parcours de visite et les lieux pédagogiques.
a | L’écosystème : la restitution d’un milieu au sein d’une biozone
La sélection des biozones repose sur plusieurs paramètres : des milieux représentatifs des hauts lieux de la biodiversité, des milieux sensibles à la pression anthropique, des milieux à endémisme élevé et qui font l’objet de travaux scientifiques ou de politiques de soutien à des programmes de conservation in situ. Chaque biozone incarne une problématique majeure en terme de conservation : déforestation, viande de brousse, pollutions, réchauffement climatique...
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