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Partie 4 - Le parc zoologique de Paris: un lieu récréatif et d'éveil écologique
Communiqué du Muséum National d'Histoire Naturelle
Mercredi 24 février 2010
Lieu de promenade, de détente et de découverte, le zoo allie loisirs culturels et éducatifs. On y apprend tout en se divertissant. Le public qui le fréquente appartient à toutes les catégories sociales et d’âge de la population. On le pratique en tant qu’enfant et puis parent et grand-parent. Le plus souvent, la visite est familiale et on y retourne plusieurs fois. Les nouveaux aménagements du Parc zoologique de Paris sont conçus pour s’adapter à ce public diversifié et lui offrir dans de bonnes conditions une visite « récréative et intelligente » dans le cadre de sa mission éducative (définie par l’arrêté du 25 mars 2004 sur le rôle d’un zoo).
1 | L’accompagnement du visiteur : le fil d’Ariane
a | Les parcours de découverte
Depuis l’entrée, un fil d’Ariane continue guide le visiteur sur plus de 3 km de cheminement. Un circuit principal (largeur : 4 m) maintient la découverte progressive des 6 biozones. Des circulations secondaires (largeur : 3 m) offrent une diversité de parcours complémentaires qui permettent une plus grande intimité avec chacune des biozones. Les circulations techniques en périphérie sont dissociées des circuits des visiteurs pour faciliter le fonctionnement quotidien du zoo. Les cheminements primaires et secondaires sont rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite. Tous les bâtiments sont en rez-de-chaussée. L’entrée et toutes les allées sont composées d’un sol continu (en béton) de l’extérieur vers l’intérieur, ce qui lisse complètement le parcours. Une muséographie multisensorielle est mise en place afin de rendre l’information accessible à tous (même en cas de déficience visuelle ou auditive). Volontairement sinueux, les parcours offrent belvédères, points de vue scénographiés, fenêtres aux visions sub-aquatiques, qui ménagent des surprises au fil de la déambulation. En période hivernale, l’attractivité du site est maintenue grâce à la serre tropicale, les vivariums, les kiosques d’exploration, l’espace audio-visuel qui sont des lieux abrités et dynamiques. Sur les parcours se déroule le « ruban » informatif, jalonné de différents « cartels » (panneaux intégrés dans la biozone) qui permettent de mieux connaître les espèces animales, leurs habitats, leur statut de protection et les actions de conservation. S’intègrent sur ce ruban des supports interactifs sensoriels et ludiques destinés aux plus jeunes : on sent l’odeur du lion, on écoute les cris des primates et on apprend à reconnaître leur signification, on touche la peau du serpent ou la fourrure de la loutre, on se mesure à la girafe, on voit comme un vautour percnoptère,…
b | Les lieux de médiation
La première pédagogie passe par l’immersion et la rencontre avec l’animal. Lorsque le visiteur évolue à travers les différentes biozones, il visualise l’habitat de l’animal et prend conscience que la sauvegarde des espèces passe par la préservation de leur milieu naturel. Les lieux de médiation viennent en appui de cette présentation qui permet déjà de véhiculer un message novateur. Elles sont de trois sortes : les kiosques, les espaces qui donnent accès aux coulisses, l’offre en ateliers et animations.
Les kiosques d’exploration
En léger retrait du parcours principal, ils sont situés en fin de chaque biozone. Ces kiosques, sortes de volières figurées, sont des abris végétalisés qui permettent l’accueil des visiteurs en groupe ou en visite guidée. Dotés d’écrans, de sonorisation et de supports informatifs, ces kiosques sont de petits espaces d’exposition. Destinés à apporter un approfondissement des connaissances du visiteur après son immersion dans la biozone, ils expliquent, pour chacune d’entre elles, le rôle des écosystèmes concernés, les menaces qui pèsent sur le milieu et les solutions envisagées ; ils informent aussi sur les activités et les résultats scientifiques des chercheurs du Muséum.
c | Les coulisses du zoo
Des espaces de vie éclatés dans les divers équipements du zoo, visibles grâce à l’aménagement de parois vitrées, présentent leurs acteurs en situation. Le public est ainsi invité à mieux connaître les réalités pratiques des métiers exercés : soigneur, vétérinaire, éthologue,…
Ainsi, se découvrent
Une cuisine-relais pour la préparation des repas
Une nurserie équipée de couveuses et de terrariums à lampes chauffantes pour l’élevage d’oiseaux et de reptiles
Une clinique, visible en partie pour les soins des animaux et relayée par écran pour les interventions chirurgicales
d | Les activités ludo-éducatives
Les ateliers
Situés à l’entrée pour l’accueil des groupes, ces locaux de 200 m² peuvent se moduler en 4 salles où se déroulent des ateliers destinés notamment aux enfants des écoles ou aux centres de loisirs : activités de découverte et d’apprentissage, mais aussi d’expériences partagées en participant à l’élaboration des repas ou à l’enrichissement des loges et des enclos des animaux.
Une salle ressource
Contribuant à un apport dynamique d’information, un espace réservé de 100 places peut devenir un lieu d’échanges, de conférences et de débats ou de projection de films animaliers.
2 | Des animations au fil du jour et de l’année
« Il se passe toujours quelque chose au zoo »…
La journée est rythmée par des points de rencontre avec le personnel animalier lors du nourrissage ou du « medical training ». Naissances, nouveaux arrivants ou départs des animaux (pour d’autres aventures) sont de petits événements qui animent la vie du Parc zoologique de Paris. Jeux de piste, expositions animalières (photos, oeuvres d’art,…) viendront renforcer des manifestations (Fête de la Science,…) à caractère national ou des campagnes internationales sur la protection des espèces animales. Autant d’occasions pour inciter le public par des actes de parrainage d’un animal à contribuer à des actions de préservation in situ. De témoin de la dégradation de l’environnement, le visiteur du zoo devient ainsi un écoacteur engagé à enrayer le déclin de la biodiversité.
3 | Les services de convivialité
Une plate-forme de services
Le zoo possède un accès et une sortie unique. Ce dispositif amène à concentrer dans cette zone un ensemble de services mis à la disposition des visiteurs : restaurants, boutiques, location de poussettes, installations sanitaires et espaces bébé…
La boutique-librairie
Cet espace accessible depuis l’extérieur de la zone contrôlée est suffisamment vaste pour constituer un lieu convivial. S’il est source de recettes, il est aussi un élément important de la politique de communication. Par sa sélection de produits écocertifiés et de commerce équitable, la boutique permet de repartir avec une petite part de découverte de la vie sauvage.
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Une capacité diversifiée de restauration
L’offre de restauration va s’étendre de quelques points mobiles de vente à emporter à trois restaurants dont deux seront construits dès l’ouverture. Les snackings offrant une restauration rapide sont répartis sur le parcours. Les restaurants sont placés dans des endroits stratégiques d’ambiance et sont dotés de terrasses. Le restaurant situé à l’entrée, type « bistrot-brasserie » est constitué de deux parties, l’une s’ouvrant sur le zoo, l’autre sur le lac Daumesnil. L’autre espace de restauration, type cafetaria, se situe au coeur du zoo avec vue sur la plaine africaine.
Les espaces de repos
Une centaine de bancs, dont la disposition offre des perspectives intéressantes sur le zoo, constituent un support de haltes contemplatives. Deux aires de pique-nique et deux aires de jeux sont prévues à proximité du restaurant central et dans la 6ème biozone.
Le calendrier prévisionnel : ouverture en avril 2014
La durée totale de réalisation est de 46 mois. Elle comprend une phase d’obtention des autorisations administratives qui dure 19 mois et une deuxième phase qui correspond aux 27 mois de travaux. Les travaux pourraient donc démarrer en septembre 2011 pour une ouverture au public en mars-avril 2014. La phase d’exploitation par le partenaire à compter de la remise des ouvrages durera 25 ans.
Le fonctionnement du zoo pendant les travaux
Dans un premier temps, jusqu’au dépôt du permis de construire, puis pendant la phase de développement et jusqu’à la réalisation, les équipes restent mobilisées. Selon les thématiques, des ateliers techniques seront menés pour des mises au point avec les équipes concernées du Muséum et celles du groupement. Parallèlement vont se mettre en place des groupes de travail pour approfondir les messages à véhiculer et la muséographie attenante. Ces groupes de travail seront constitués par des équipes de diffusion, de techniciens zoologiques et botaniques, de chercheurs du Muséum de diverses disciplines. Pour certains sujets, il sera envisagé de faire appel, de manière ponctuelle, à une expertise externe. Un comité scientifique de suivi validera les travaux des groupes. Future équipe à constituer, suivi de chantier, formation des personnels, retour des animaux seront le quotidien des équipes jusqu’à la réouverture.
Où sont partis les animaux ?
C’est donc dans la continuité logique de ces principes que les animaux du Parc zoologique de Paris ont été transférés vers d’autres horizons. Ces départs ont été préparés de nombreux mois à l’avance par les gestionnaires des espèces animales. Ces derniers ont
trouvé les lieux de réception des animaux via les programmes d’Elevage Européen (EEP ), les coordinateurs de studbooks européens et internationaux (ESB et ISB), les « bourses aux animaux » (échanges nationaux et internationaux), les réseaux zoologiques…
Exemples de transferts réussis
Le groupe de trente-trois babouins de Guinée (un des plus grands groupes de babouins en captivité et le plus grand groupe de mammifères à évacuer du zoo) a été accueilli par le zoo d’Edimbourg en Ecosse. Le transfert de ce groupe, qui fait l’objet d’un suivi éthologique particulier depuis presque vingt ans, a nécessité l’accompagnement d’une équipe du zoo chargée de transmettre son expérience et d’assurer la continuité des recherches initiées par le parc zoologique.
Des lémurs vari à ceinture blanche (deux mâles et une femelle) et deux mâles babouins de Guinée ont été accueillis par le zoo de Port Lympne en Angleterre le 7 octobre 2008, dans le cadre du programme d’élevage de l’espèce géré par le Parc zoologique de Paris.
Le mâle zèbre de Grévy Tsavo a, quant à lui, rejoint un groupe de mâles en présentation mixte avec d’autres espèces. Le transfert des animaux du parc a aussi été l’occasion d’une étroite collaboration avec le zoo d’Alger et son annexe le zoo de Jijel. Ainsi, plusieurs visites ont eu lieu sur place avant et au moment du transport des animaux afin de travailler sur leurs futurs enclos (modifications d’enclos existants, construction de nouveaux enclos) et de former l’équipe animalière des deux parcs aux techniques d’élevage d’espèces qu’ils ne connaissaient pas.
En juin 2009 c’est l’armée algérienne qui effectue le transport de nombreux animaux. Ils ont été transportés ce jour-là avec l’appui technique d’un transporteur spécialisé et de l’escorte de 6 motards de la police nationale qui ont facilité le trajet des animaux jusqu’à l’aéroport du Bourget où ils devaient embarquer, en arrêtant pour l’occasion la circulation du périphérique !
Les hippopotames devaient être également transférés au zoo d’Alger ce jour là. Mais Pélagie, qui rentrait pourtant tous les jours dans la caisse de transport depuis plusieurs semaines, a pris peur lorsqu’elle s’est retrouvée enfermée à l’intérieur et a dégradé sa caisse. Le transfert a donc été annulé et reporté dans l’attente du bon vouloir de la pétulante Pélagie et de retrouver un zoo d’accueil en capacité de l’héberger.
Les flamants roses, près d’une centaine d’individus, constituant ainsi le plus important groupe d’animaux à évacuer, ont été répartis dans plusieurs parcs zoologiques français. De nombreux oiseaux ont été transférés le même jour au Parc des oiseaux de Villars les Dombes dont cinq pélicans, un couple de grue antigone, vingt-huit manchots de Humboldt et un couple de vautours fauves.
Une collaboration étroite a aussi été entretenue avec les deux autres parcs animaliers du Muséum la Ménagerie du Jardin des Plantes et la Réserve de la Haute-Touche (36), ainsi neuf antilopes cervicapres ont été transférées à la Haute-Touche et trente flamants roses à la Ménagerie.
Ceux qui restent…
Deux espèces demeurent au Parc Zoologique de Paris durant les travaux de rénovation : les girafes restent pour des raisons techniques (déplacement difficile d’individus adultes dont Valère, un des plus grands mâles et d’autres plus âgés) et comportementales (maintien de la cohésion d’un des plus grands et prolifiques groupes européens). Enfin le grand hapalémur, un lémurien fragile, le plus menacé d’extinction à Madagascar, reste pour des raisons sanitaires.