Le fabuleux sauvetage de Nina, l’éléphante du PAL

© Le PAL

Blessée par Max l’éléphant l’été dernier, Nina a guéri de sa fracture du tibia et du péroné grâce à l’expertise et au dévouement illimité de l’équipe vétérinaire du PAL. NINA « la battante » évolue aujourd’hui avec son petit TOM sous les regards des visiteurs. Retour sur ce formidable défi médical remporté par les équipes du PAL en 12 mois.

Une guérison unique au monde.

L’été dernier, Nina se fracture la jambe. Aucun antécédent médical dans le domaine pour guider l’équipe vétérinaire puisqu’à chaque fois les animaux ont soit été euthanasiés soit sont décédés au cours de l’anesthésie. Contre vents et marées, Nina s’est battue et a survécu. Elle évolue aujourd’hui dans la plaine des éléphants avec son petit Tom (2 ans) sous le regard des visiteurs.

Fracture du tibia et du péroné

A des fins de reproductions, l’équipe vétérinaire du PAL avait procédé à la mise en contact de Nina avec Max, un nouveau mâle reproducteur. Les contacts sont d’abord visuels, avec des barrières amovibles puis physiques par séquences de 30 minutes à 1 heure. Les pachydermes utilisent le plus souvent leurs trompes pour faire les approches tactiles. Après plusieurs semaines de cohabitation pacifique, le mâle, Max a eu une réaction agressive qui a eu pour conséquence une fracture du tibia et du péroné pour Nina.

Un problème non résolu à l’échelle internationale

Depuis cette date fatidique, l’équipe du PAL soutenue par son PDG, s’est engagé « corps et âme » pour sauver Nina. Aucune littérature scientifique à l’échelon mondial pour résoudre le problème hormis un cas aux Etats-Unis dans les années 80 avec des réponses floues. Pas question d’euthanasie pour Le PAL, l’équipe a donc mobilisé toute sa créativité, son intuition, ses connaissances pour sortir Nina de l’impasse. Cet animal si évolué, une des seules espèces à être capable d’empathie, méritait cela !

Une mobilisation hors normes du PAL

Les soigneurs et la vétérinaire ont croisé toutes les solutions, médecine vétérinaire classique, médecines douces, magnétiseur… tous les moyens possibles ont été mis en œuvre sans que ne soit fixée aucune limite au plan technique ou budgétaire. Le Dr Florence Ollivet-Courtois, vétérinaire experte en faune sauvage de renommée internationale, a accompagné le Dr Rosemary Moigno, la vétérinaire du parc, et l’équipe des soigneurs pour donner à cet animal un maximum de chances de guérir.

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Comme pour les équidés, la solution fut de plâtrer la jambe de Nina. Des bandes molles de résine sont appliquées sur la jambe de l’animal sur laquelle on a apposé une attelle en croix en inox confectionnée sur mesure. Les bandes durcissent au contact de l’eau qu’il faut doser afin de ne pas créer un garrot. Extrêmement délicate, cette manipulation est une partition qui se joue à 6 mains. Elle doit être répétée tous les 15 jours sous anesthésie générale.

A chaque fois, des radios sont réalisées afin de suivre l’évolution de la fracture et de sa consolidation. Les premières semaines se sont déroulées sous haute surveillance 24h/24 avec caméra dans la loge et astreinte de nuit pour les soigneurs.

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Au cours des premières semaines et pour compenser sa boiterie, Nina se déplaçait à genou. L’équipe lui a conçu momentanément une genouillère spéciale en cuir et bâche. Pour lui faire absorber les médicaments, alors qu’elle souffrait et était épuisée par son manque de sommeil, les soigneurs ont sollicité sa gourmandise et chercher son goût préféré entre sirop de fraise, chocolat, melon, pastèque.

De nombreux engins ont été réquisitionnés pour aider Nina et ses 4 tonnes à se relever après chaque intervention sous anesthésie : Manitou, tourettes, tractopelles, treuils… sangles. Pour permettre à l’éléphante de se reposer, le parc a fait construire un mur en béton préfabriqué sur lequel une tonne de sable a été déversée afin de servir de reposoir à Nina tout en lui évitant d’avoir à s’allonger complètement.

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Afin de combattre l’usure excessive des ongles de son pied arrière valide, l’équipe a fait venir d’Australie des bottines spéciales en cuir et plastique.

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Les accélérateurs de la guérison : TOM, le fils de Nina et les entrainements médicaux

Pour rompre l’isolement et remonter le moral de Nina, son fils Tom lui a fait des visites régulières et a contribué à la motiver dans son combat pour guérir, même si sa curiosité et ses jeux ont participé à la dégradation rapide de son
plâtre.

Les soigneurs reconnaissent que sans les entraînements médicaux qu’ils effectuent régulièrement avec les éléphants, ils n’auraient pas pu soigner Nina. La femelle qui a acquis une relation de confiance extrême avec ses soigneurs, accepte que l’on soigne ses blessures secondaires, escarres notamment, que l’on fasse les prises de sang sans anesthésie… « Nina est une battante hyper motivée, on se bat tous et on lui envoie des ondes positives pour sortir de ce cauchemar » dit Rosemary la vétérinaire du parc.

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Sauvetage réussi !

La seule façon de s’en sortir pour Nina : produire suffisamment de cal osseux pour guérir de sa fracture (processus de calcification). L’équipe lui a donné sans relâche tous les éléments pour « faire de l’os », endiguer la fonte musculaire et accélérer sa convalescence. Calcium, oligo-éléments, minéraux, compléments alimentaires, granulés, luzerne ont produit progressivement leurs effets.

Le 1er mars, soit 7 mois après sa fracture, Nina effectue ses premiers pas !

Des progrès chaque jour

Le rétablissement continue de se poursuivre petit à petit, les progrès de Nina sont toujours là. Elle fatigue un peu à la marche mais explore mieux son enclos, et s’aventure dans des endroits un peu moins plats. Elle recommence à manger dans les filets à foin suspendus la nuit, avec bon appétit, ce qui indique qu’elle peut rester plus longtemps debout (elle n’utilisait plus son filet à foin avant, cela la fatiguait trop). Avec ses 3,8 tonnes, elle a atteint son poids de forme. Elle vient bien au training médical, et depuis peu, recommence à se coucher quand les soigneurs le demande, ce qu’elle ne faisait plus ou pas dans la position demandée, elle gardait son pied anciennement fracturé debout.

Un heureux dénouement

Aujourd’hui, Nina évolue tranquillement avec son petit Tom, sous le regard des visiteurs. Elle ne se baigne pas encore, car il ne fait pas assez chaud. Elle rejoindra sa copine Acra dans les jours qui viennent.

Elle sort, dès que possible, au moment du goûter avec le soigneur et le public, tout se passe bien. Son fils grandit, il est dans sa phase Ado, « je n’écoute et ne fait que ce que je veux ». Il est donc en pleine forme précise la vétérinaire.

Une plaine de 2 ha et un bâtiment de 1 200 m² accueillent la petite famille. La grande zone de baignade avec son accès sécurisé permet aux éléphants de procéder à leurs jeux aquatiques comme ils le font régulièrement dans la nature. Unanimement reconnue par les professionnels comme étant l’une des installations la plus aboutie d’Europe, celle-ci constitue l’espace de vie de deux mâles (dont Tom né il y a 22 mois) et de trois femelles.

Une formidable aventure vient de s’achever, de nouvelles pages illustrant l’incroyable complicité entre l’homme et l’animal continueront de se poursuivre au PAL.

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