1.683 espèces découvertes sur les 20 hectares du Domaine des Grottes de Han!

Situé dans une des régions les plus riches en biodiversité de Belgique, le Domaine des Grottes de Han n’avait, jusqu’ici, jamais fait l’objet de recensement naturaliste de l’ensemble du site. Portés par Natagora, des spécialistes ont mis à jour une concentration d’espèces exceptionnelles en quelques jours, dont quatre nouvelles pour la Belgique.

Tout au long d’une fine bande calcaire en forme de « boomerang », la Calestienne est une région propice à la biodiversité. De tout temps, les naturalistes l’ont parcourue pour repérer des espèces rares et recenser les nombreuses espèces qui la peuplent. Au coude du « boomerang », se trouve le Domaine des Grottes de Han, vaste site privé peu accessible jusque-là aux naturalistes.

Poussé par l’envie de découvrir cette zone méconnue, Patrick Lighezzolo, naturaliste chez Natagora, décide d’y lancer le « défi des 1000 espèces », main dans la main avec le Domaine. En l’occurrence, ils rassemblent des spécialistes variés pour recenser ensemble, sur quelques jours, les espèces présentes. En trois journées de recensement, ils ont parcouru une vingtaine d’hectares du domaine, et recensé pas moins de 1.507 espèces. En rajoutant les observations de Patrick et deux stagiaires, on arrive à un résultat de 1.683 espèces !

Et ce n’est pas tout, durant ces trois jours de recensement, quatre nouvelles espèces d’insectes pour la Belgique ont été découvertes ! Il s’agit de deux mouches, d’un névroptère et d’un hétérocère (papillon de nuit). Cette dernière découverte est particulièrement étonnante. Les papillons de nuits sont en effet un groupe fort suivi par les spécialistes. La philobie du tamaris, découverte par Chris Steeman du Groupe de Travail « papillons de nuit » de Natagora, est une espèce vivant habituellement dans le sud de l’Europe. Elle semble donc, comme de nombreuses autres espèces, élargir son aire de répartition vers le nord, probablement du fait des changements climatiques.

De nombreuses espèces rares ont également été redécouvertes, certaines n’ayant plus été mentionnées depuis plusieurs décennies. 10% des espèces découvertes au Domaine sont soit très rare ou rare, le site est un véritable réservoir de cette biodiversité souvent méconnue et pourtant si importante.

Patrick Lighezzolo explique : « Je recense les papillons dans la région depuis des années, au sud, au nord, à l’est et à l’ouest du domaine. Rentrer dedans était un rêve de longue date. Nous avons pu faire se rencontrer sur le terrain des spécialistes qui ne se côtoient habituellement que dans les forums. Et nous possédons maintenant un instantané de la biodiversité. Dans 10 ou 20 ans, lors d’un prochain recensement, l’apparition ou la disparition d’espèces nous permettra de voir l’impact des changements climatiques ou de la pression anthropique.»

Point d’orgue de ce recensement, Natagora et le Domaine des Grottes de Han ont invité le 26 juin le grand public à découvrir les résultats et rencontrer les spécialistes. Plusieurs centaines de curieux sont venus en famille se frotter à l’entomologie, la botanique, ou l’ornithologie.

Anthony Kohler, responsable adjoint du parc animalier : « Au-delà de l’aspect festif, nous avons maintenant une photographie de la biodiversité sur le domaine. Elle va nous permettre d’adapter nos gestions en fonction des espèces rares et des zones les plus riches. Nous savions que le domaine était riche, mais une telle diversité découverte en si peu de temps nous réjouit franchement. Le travail d’inventaire va se continuer afin d’inventorier les zones encore plus inaccessibles du Domaine. De belles découvertes en perspectives que nous ne manquerons pas de partager avec le plus grand nombre…»

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