Un petit tour dans la jungle du Zoo de Bâle

Quand la tempête souffle et que la pluie tambourine contre les vitres, peu de gens s’aventurent en extérieur. Il existe pourtant un lieu dont l’atmosphère printanière vaut bien la peine de sortir de chez soi: le pavillon des oiseaux du Zoo de Bâle.

Depuis plus de 90 ans, le pavillon des oiseaux invite à s’attarder dans sa jungle verte peuplée de créatures colorées. Le Zoo de Bâle ouvre ses portes dès huit heures du matin et offre ainsi aux lève-tôt le privilège d’observer les soigneurs à l’œuvre dans le pavillon des oiseaux.

© Zoo de Bâle

Les garrulaxes à queue rouge sont les plus curieux
Dans le pavillon des oiseaux, les soigneuses et soigneurs démarrent leur journée par un «inventaire». La tâche est loin d’être aisée dans la végétation dense de la grande halle, aussi usent-ils d’une astuce: ils se présentent avec une petite boite de larves de Galleriinae et en déposent quelques-unes sur les parterres externes. Les premiers à se jeter sur ces friandises sont les garrulaxes à queue rouge, de nature très curieuse. Loin de se contenter d’un ver, ils n’hésitent pas à en engloutir cinq à la suite. Ces vers sont également très appréciés des précieux orioles de Montserrat ou des petits zostérops du Cap, qui s’approchent alors sans crainte des soigneurs. Avec les thraupidés, il faut davantage de patience. Ils n’aiment pas trop se poser au sol et préfèrent les fruits aux vers. Ils ne s’approchent pas avant l’apparition de la première mangeoire, proposant graines, morceaux de fruits et autres gourmandises.

La prévention et le soin par l’observation
Lorsqu’ils les nourrissent, les soigneurs contrôlent si les oiseaux viennent s’alimenter et en quelle quantité, ils vérifient l’aspect du plumage ou toute chose inhabituelle. Si l’observation des oiseaux fait partie du quotidien d’un soigneur, l’exercice n’en est pas moins complexe. Actuellement, près de 70 individus de 22 espèces différentes volent dans la halle. Les soigneurs aguerris connaissent pourtant le caractère et les préférences de chacun et savent évaluer la situation par la simple observation de leur comportement et de leur humeur.

Laisser les oiseaux décider
Il suffit de s’installer tranquillement sur un banc et d’écouter l’agitation et le chant des oiseaux pour réaliser à quel point certains d’entre eux sont «dociles». Certains visiteurs ont même pu tisser des liens d’amitié étroits avec des oiseaux. Ce genre d’expérience unique est plus fréquent en hiver, car les oiseaux, qui ne sont pas en période de reproduction, semblent avoir plus de temps à consacrer aux visiteurs. Il arrive qu’un touraco s’approche volontairement très près d’une personne qui, à défaut de pouvoir l’attraper, pourra l’admirer à l’envi. Le touraco décide de lui-même de la personne vers qui il va, et de la distance qu’il souhaite maintenir. Cette expérience inoubliable est seulement le fruit d’un peu de patience.

S’il s’en passe des choses dans la grande halle, les volières du pavillon des oiseaux ne sont pas en reste: les diamants de Gould et les paddas de Java ont eu des petits. Des tangaras à tête bleue viennent aussi de prendre leurs quartiers.

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