Nouvel échec à l’éclosion pour les gypaètes de la Garenne

L’histoire de la Garenne avait été marquée par son mâle de Gypaète, Athos. Arrivé en 1972, il décédait en 2015 à l’âge de 47 ans avoir eu 23 poussins avec deux femelles différentes. La femelle, Althia, est âgée de 28 ans et est arrivée à la Garenne en 1995. Elle a eu 13 poussins avec la mâle Athos.

Femelle devant ses oeufs @ La Garenne

En 2016, elle a été rejointe par un nouveau mâle, Helios, âgé de 22 ans. Il vient du Grand Parc du Puy du Fou en Vendée, dans l’ouest de la France dans lequel la reproduction restait infructueuse. La Fondation pour la conservation des vautours (www.4vultures.org) avait effectué ce transfert en espérant que le mâle arrivera à se reproduire à la Garenne avec Althia.

Il peut se passer plusieurs années avant que le couple ne se reproduise. Le couple s’était plu très rapidement. Le couple avait paradé et construit un nid dès l’automne 2016. La femelle pondait deux œufs durant l’hiver. Cependant, contrairement au mâle précédent, Helios ne s’occupait de rien, en ne prenant notamment aucun relais de la femelle durant les 55 jours d’incubation des œufs. Les soigneurs étaient ainsi obligés de mettre de la nourriture à côté de la femelle au nid pour qu’elle puisse s’alimenter sans laisser les œufs. Malgré tout cet effort, début 2017, les deux œufs s’avéraient non fécondés. Le suivi des oiseaux en direct et par une caméra dans leur cavité avait permis de voir que le mâle était particulièrement maladroit et n’arrivait pas à s’accoupler. L’équipe de la Garenne avait cependant l’espoir qu’il y soit arrivé.

Helios le mâle @ La Garenne

Un cas similaire existait déjà dans le réseau des centres de reproduction du Gypaète et la Fondation pour la conservation des vautours conseillait d’installer des promontoires à l’aide de pierres pour l’aider à monter sur la femelle. Malheureusement, cette aide n’a pas suffissant: durant l’hiver 2017-2018, le couple s’est de nouveau reproduit et la femelle pondait deux œufs à la mi-janvier 2018. Hier, 15 mars, après 58 jours passés sur les œufs (au lieu de 55 jours), la femelle a finalement laissé puis consommé les deux œufs qui étaient effectivement de nouveau non fécondés.

Le besoin de jeunes gypaètes est important pour le programme de réintroduction en Europe. La Fondation pour la conservation des vautours va transférer rapidement un nouveau mâle à la Garenne pour ne pas rater une nouvelle saison. Helios sera lui transféré dans un autre centre muni d’une grande volière avec d’autres gypaètes “à la retraite”.

Historique
Le Gypaète barbu avait disparu des Alpes au début du 20ième siècle. Les oiseaux nés à la Garenne sont destinés au programme de réintroduction de l’espèce dans les Alpes et en Espagne. Le précédent poussin né en février 2014 a été relâché dans le canton de Saint-Gall, un nouveau site de réintroduction de l’espèce dans les Alpes. Le poussin de 2015 a été transféré dans un autre centre de reproduction en Italie.

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