Le Bioparc de Doué-la-Fontaine réalise une mission exceptionnelle à Madagascar!

Le déplacement de varis roux dans une forêt protégée de Madagascar : un projet exceptionnel mené par le Bioparc de Doué-la-Fontaine.

© Chabot/ Bioparc de Doué-La-fontaine

Pierre Gay et Rudy Wedlarski, respectivement directeur et vétérinaire du Bioparc de Doué-la-Fontaine, viennent de procéder à la translocation de deux varis roux sauvages vers la forêt protégée de Farankaraina. Un projet initié et mené par le Bioparc de Doué-la-Fontaine et Antongil Conservation, avec l’aide du GERP (Groupe d’Etude et de Recherche sur les Primates). Cette translocation est un acte de survie pour quelques individus d’une forêt vouée à disparaître. Elle représente un espoir pour l’avenir à long terme d’une espèce de primates parmi les plus menacés au monde, pour l’éducation des populations locales et pour l’implication des parcs zoologiques.

La translocation des varis roux : une lueur d’espoir pour cette espèce en danger d’extinction
Primate emblématique de Madagascar, le vari roux subit depuis de nombreuses années les lourdes dégradations de son habitat forestier naturel et est aujourd’hui classé parmi les espèces en danger d’extinction selon la Liste Rouge des Espèces Menacées établie par l’Union Mondiale pour la Nature (UICN). Après une étude de faisabilité menée par le Groupe d’Etude et de Recherche sur les Primates (GERP), l’équipe de primatologues et de botanistes a confirmé le bon état du site de Farankaraina et sa légitimité à recevoir ce lémurien. Outre le retour à une aire qu’il peuplait jadis, la réintroduction du vari dans cette forêt participe à la survie de cette espèce rare, mais aussi à la préservation de la biodiversité locale. Elle permet au peuple malgache de découvrir la faune emblématique de son pays et de le sensibiliser à sa protection.

Une mission rare orchestrée par le Bioparc
Pierre Gay, co-directeur du Bioparc, et Rudy Wedlarski, vétérinaire, viennent de participer, début juin, à la capture et au déplacement de deux varis roux vers la forêt protégée de Farankaraina. Afin de faciliter leur capture, deux membres de l’ONG Antongil Conservation ont habitué à la présence de l’homme un groupe familial de six varis roux, identifiés à quelques kilomètres dans une zone forestière non protégée dont la disparation est imminente.

De son côté, Pierre Gay s’est consacré à la création d’une volière d’habituation au sein même de la forêt de Farankaraina afin de pouvoir accueillir les varis roux déplacés et de les habituer à leur nouvel environnement avant de les relâcher. Les matériaux utilisés pour sa construction ainsi que le filet métallique, offerts par le Bioparc, sont durables dans le temps et pourront servir pour les prochaines missions.

Parallèlement, le vétérinaire du Bioparc, accompagné par l’équipe de primatologues œuvrait à la capture des varis. Sur les six initialement identifiés, deux ont pu être fléchés, un mâle et sa fille, et faire l’objet de prélèvements pendant une courte phase d’endormissement avant de se voir poser un collier émetteur. Installés dans des caisses adaptées, les deux animaux ont été transportés en bateau, pour rejoindre la volière d’habituation de Farankaraina dans laquelle ils ont été relâchés. Ils seront définitivement libérés au bout de 3 semaines.

Rudy Wedlarski, le vétérinaire du Bioparc, procède à l’examen de l’animal et lui pose un collier émetteur © Chabot/ Bioparc de Doué-La-fontaine

Antongil Conservation et le GERP vont, dans les semaines à venir, tenter de déplacer les 4 lémuriens restants lors de deux missions distinctes, et appliqueront la même procédure. Les équipes pourront continuer de suivre leur comportement et leurs déplacements au cœur de la forêt de Farankaraina grâce aux colliers émetteurs.

Cette translocation laisse présager de la réintroduction future d’individus nés en captivité dans la forêt de Farankaraina, et l’épanouissement de l’espèce. Un espoir rendu possible grâce au travail et à l’engagement du Groupe lémuriens de l’EAZA, au programme d’élevage en zoos du vari roux, aux spécialistes malgaches…

De nombreux partenaires du Bioparc et de son fonds de dotation ont contribué au financement de la translocation : le Zoo de Champrepus, Spaycific Zoo, Zoo de Paris, Zoo de la Palymyre, Zoo de Dublin, Zoo de Berlin, Parc de l’Auxois.

Volière d’habituation dans laquelle les varis resteront 3 semaines, avant d’être relâchés définitivement dans la forêt de Farankaraina © Chabot/ Bioparc de Doué-La-fontaine

Protection de la forêt de Farankaraina à Madagascar : un des premiers projets nature du Bioparc
Si Madagascar est connue pour sa biodiversité exceptionnelle, la déforestation massive des forêts tropicales de l’île menace sévèrement la faune et la flore endémiques de Madagascar. Sensible à la préservation des espèces et des écosystèmes menacés, le Bioparc de Doué-la-Fontaine décide de participer, en 1999, à la création de l’ONG malgache Antongil Conservation dédiée à la protection de la baie et de sa biodiversité. Dès ses débuts, l’ONG a pour objectif la préservation du vari roux, une espèce particulièrement touchée par la déforestation et qui joue un rôle primordial dans la régénération naturelle de la forêt. Grand disséminateur de graines, le vari est en effet le plus grand pollinisateur de fleurs au sein de la forêt tropicale malgache. Sans lui, la forêt disparaît, l’eau n’est pas stockée et n’est donc plus disponible pour la culture du riz, aliment fondamental mais aussi principale source de revenu des peuples malgaches.

En 2006, le Ministère de l’environnement et des forêts malgaches légitime l’existence de l’ONG Antongil Conservation en lui confiant la gestion des 1660 hectares de la forêt protégée de Farankaraina, au nord-est de l’île. L’ONG commence alors à étudier un projet de réintroduction des varis roux au sein de cette zone protégée de Farankaraina, qui depuis 60 ans, a vu disparaître un à un les lémuriens, victimes de la chasse, de l’exploitation du bois et de la culture sur brûlis.

Le retour des varis dans la forêt de Farankaraina est une belle consécration pour l’ONG Antongil Conservation et le Bioparc de Doué-la-Fontaine, et un magnifique espoir pour les zoos de l’EAZA qui pourront réintroduire des animaux nés en captivité dans cet espace protégé.

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