Rana, ambassadrice de la cause des tortues marines, a retrouvé la mer le 19 juin à Monaco

Retrouvée en hypothermie dans le port de Monaco il y a quatre ans, Rana est devenue un symbole. Recueillie et soignée par le Musée océanographique de Monaco, Rana fera germer l’idée d’un centre de soins pour les tortues marines, espèce menacée par les pressions que l’homme exerce sur les milieux marins. Aujourd’hui pleinement rétablie, Rana a retrouvé son élément naturel le 19 juin.

Robert Calcagno et Rana la marraine de la tortue éponyme © F.Pacorel, Musée océanographique

L’histoire commence le 9 avril 2014. Une jeune tortue caouanne* est trouvée accidentellement, flottant en surface dans le port de Monaco. Affaiblie et proche de la mort, elle mesure une dizaine de centimètres à peine. Elle est alors confiée aux équipes du Musée océanographique de Monaco qui la prennent en charge et lui prodiguent les soins nécessaires à sa survie.

L’ambassadrice Rana
Baptisée Rana, du nom de sa marraine, une jeune élève passionnée de biologie marine, la tortue reprend des forces au fil des ans et se développe dans les meilleures conditions. En avril 2018, soit quatre ans après sa découverte, Rana mesure 53 centimètres et pèse plus de 20 kg. Elle devient une ambassadrice de la cause des tortues marines, qui malgré leur capital sympathie et leur statut d’espèce protégée, sont menacées par l’activité humaine : braconnage, urbanisation, collisions avec les navires, pollutions…

Le 19 juin, Rana a retrouvé le grand large !
En quatre ans, Rana a bien grandi. Elle répond aujourd’hui à tous les critères lui permettant de retourner en mer. C’est au petit matin que le bateau quitte le port de Fontvieille, s’éloignant à 5 milles des côtes.

Avec le concours du CNRS, et grâce au soutien de l’Association des Amis du Musée, Rana sera géolocalisée grâce à une balise GPS, permettant notamment d’étudier son comportement et de suivre sa migration. Ces observations, précieuses pour la recherche, participent à une meilleure compréhension de la vie des tortues marines.

Suivez la migration de Rana en ligne : www.institut-ocean.org/suivi/

Rana dans les mains de son soigneur Olivier Brunel © F.Pacorel, Musée océanographique

Les tortues marines, au cœur d’un programme complet porté par l’Institut océanographique
Désireux d’apporter sa contribution à la sauvegarde de ces animaux emblématiques, l’Institut océanographique s’attache à mieux les faire connaître, pour mieux les protéger.

Au printemps 2016 naît le projet d’un centre de soins pour recueillir et soigner les tortues blessées, avant de les relâcher dans leur milieu naturel. Situé aux abords du Musée océanographique, il sera composé d’une clinique et d’un bassin de réhabilitation. Les travaux, initiés en octobre 2017, devraient s’achever en fin d’année, pour une ouverture prévue au premier semestre 2019. Un travail en réseau avec nos partenaires français et italiens permettra à la fois la prise en charge et l’étude des tortues marines, ainsi que la mise en place d’actions de sensibilisation à destination du public.

Différents projets scientifiques à travers le monde sont également menés par l’Institut océanographique, notamment dans le cadre des Explorations de Monaco. Au cours de la mission au Cabo Verde en 2017, un soutien tout particulier a été apporté aux actions de la Sea Turtle Foundation et d’autres ONG présentes sur l’île de Boa Vista.

Les Explorations de Monaco accompagneront aussi le développement d’un nouveau dispositif mené par l’IFREMER : le suivi des tortues en période de ponte, ainsi qu’une grande étude génétique permettant de caractériser les groupes de tortues et leurs interactions à travers le monde. La première étape se déroulera en Martinique début octobre.

A ce programme de sensibilisation, amorcé en 2015, viennent s’ajouter un jeu de société à destination des familles, SOS Tortues, l’organisation de sessions éducatives pour les plus jeunes ou encore l’ouvrage Tortues marines, la grande odyssée par Robert Calcagno (Ed. Glénat).

*La tortue caouanne (Caretta Caretta) est largement répartie et la plus commune en Méditerranée. La caouanne mesure jusqu’à 1,20m pour 200kg. Carnivore, elle mange des méduses, des petits poissons, des crabes et des crevettes (Source : « Tortues marines, la grande odyssée », par Robert Calcagno, Ed. Glénat).

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