Deuxième réintroduction d’écrevisses des torrents avec le Muséum de Besançon

En mai 2018, dans le cadre du plan de conservation de l’Écrevisse des torrents, espèce en danger critique d’extinction, le Muséum de Besançon, le Parc naturel régional des Vosges du Nord et l’Agence française pour la biodiversité ont réintroduit 15 femelles portant des œufs et 15 mâles dans une rivière bas-rhinoise. En parallèle, 17 femelles ont regagné les installations de l’Aquarium du Muséum afin de participer à des essais d’élevage inédits.

© Muséum de Besançon

Pour préserver cette espèce qui n’est présente plus que dans deux ruisseaux pour la France, le Muséum de Besançon s’est engagé dans un programme ambitieux de reproduction ex-situ (hors de la nature). L’objectif de ce programme d’élevage est de conserver des juvéniles en vue de réintroductions importantes dans des ruisseaux ayant perdu leur population. Plus de 1 200 petites écrevisses sont ainsi nées en juin à Besançon, issues des spécimens prélevés dans la nature, mais aussi à partir de femelles qui ont réalisé leur cycle de reproduction au sein de l’écloserie de la Citadelle, ces différentes expériences visant à définir le meilleur protocole pour réintroduire cette espèce dans la nature.

© Muséum de Besançon

Le 5 octobre 2018, 76 petites écrevisses ont été réintroduites dans un ruisseau de bonne qualité en Alsace. C’est la deuxième fois qu’a pu être réalisée une réintroduction avec quelques dizaines d’individus.

Seul lieu au monde de reproduction ex-situ de l’Ecrevisse des torrents, le Muséum de Besançon travaille pour maîtriser l’ensemble du cycle de vie, la réintroduction et le suivi des populations après relâcher. L’élevage de cette espèce est rendu complexe par ses 8 mois d’incubation et sa très haute sensibilité à la qualité de l’eau. Grâce au travail mené depuis un an par les équipes du Muséum, on en sait aujourd’hui beaucoup plus sur la reproduction de cette espèce, mais il reste encore des interrogations sur l’élevage des juvéniles. C’est pourquoi tous les efforts seront mis en 2019 sur les éléments qui déterminent une survie importante de cette espèce ex-situ. La reproduction des écrevisses des torrents débutera fin octobre à l’Aquarium de la Citadelle ; cette expérience devrait permettre de lever les dernières incertitudes sur la biologie de cette espèce grandement menacée.

© Muséum de Besançon

Besançon désignée « Capitale française de la biodiversité 2018 ».
L’action du Muséum en faveur des écrevisses – mais aussi de l’Apron du Rhône, première espèce de poisson d’eau douce en voie d’extinction sur la liste française de l’UICN – a été saluée par le jury dans son « rapport de visite terrain », qualifiant le Muséum comme « particulièrement actif en termes de recherche et conservation de la biodiversité ».

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