Kaï, le lamantin, s’envole ce mardi pour le Parc Zoologique de Paris

Réunis pour la première fois le 28 juillet dernier, les membres du comité d’orientation régional (COR) ont, depuis, exprimé collectivement leur volonté de trouver rapidement un nouveau lieu d’accueil pour Kaï.

© Parc national de la Guadeloupe

Arrivée en Guadeloupe en août 2016, depuis le zoo de Singapour, Kaï jeune mâle de 8 ans devait faire partie du groupe fondateur du projet de reproduction et de réintroduction des lamantins porté par le Parc national de la Guadeloupe. Il devait contribuer à un enjeu mondial de conservation de la sous-espèce de lamantin des Caraïbes en restaurant une part de la biodiversité et de la culture qui illustre la notion de solidarité écologique que la charte du territoire a identifié comme une priorité autour du Grand Cul de Sac Marin.

Suite à la refonte du programme et aux décisions récentes du ministère puis de l’Union Européenne, le Comité d’Orientation Régional du 28 juillet dernier a exprimé sa volonté de trouver rapidement un nouveau lieu d’accueil pour KAI permettant de répondre au bien être de l’animal dans des délais contraints compte-tenu de ses besoins de socialisation.

Aujourd’hui, Kaï est en bonne santé grâce au travail de l’équipe dédiée du Parc national de Guadeloupe. Son bassin de soins intensifs à Blachon est devenu trop petit et le jeune lamantin a besoin de socialisation. Au Parc Zoologique de Paris, Kaï retrouvera trois de ses congénères dans un bassin adapté à sa nouvelle vie. Son voyage, moins long qu’un retour vers Singapour sera également moins éprouvant. Le partenariat avec le zoo de Vincennes a facilité les démarches.

Le transfert aérien d’un mammifère marin est une opération délicate qui nécessite différentes étapes de mise en sécurité.

Une fois le bassin de soins vidé, environ 12 personnes seront nécessaires pour effectuer les manutentions permettant de glisser Kaï dans sa caisse et le charger sur le camion le menant à l’aéroport.

Il sera mis à bord d’un avion cargo pressurisé, accompagné de deux vétérinaires, dont le vétérinaire du Parc zoologique de Paris, et du capacitaire du centre de soins de Blachon, qui connaît bien l’animal. Il voyagera hors d’eau, dans une caisse ouverte spécialement conçue à cet effet, qui permettra aux vétérinaires et au soigneur de vérifier ses paramètres physiologiques et de le maintenir humide.

Les manipulations préparant le transport commenceront environ 6 heures avant le décollage de l’avion, pour un vol qui durera 8 heures. Environ 3 heures après l’arrivée, Kaï sera dans son nouveau bassin avec ses congénères.

Pourquoi Kaï est-il transféré ?

Le projet de réintroduction est actuellement en phase de transition suite à la décision du MTES de décaler les échéances afin de réorienter les aspects techniques, scientifiques et la gouvernance du programme. Pendant cette période de refonte, l’Europe principal financeur, a décidé de suspendre le programme Life Sirénia, outil financier qui accompagne le projet. De fait, les négociations avec le Mexique et l’arrivée de nouveaux animaux sont reportés.

Le bien être de Kaï a toujours été une priorité pour le Parc national de la Guadeloupe. Sa santé s’est nettement améliorée depuis plusieurs mois. Il a repris du poids et a retrouvé une vigueur digne de son âge. Le bassin de soin intensif dans lequel il évolue depuis 1 an est devenu trop étroit et il manifeste de plus en plus des besoins physiologiques de contacts avec ses congénères. Le report de l’arrivée des animaux en provenance du Mexique et les incertitudes sur la suite du programme obligent le parc à trouver des solutions rapides pour améliorer son bien être et réduire sa solitude.

Le parc national n’a pas vocation à garder des animaux en captivité en dehors du cadre d’un protocole scientifique, il est par conséquent préférable qu’il soit transféré vers un établissement pouvant l’accueillir convenablement dans les meilleurs délais.

Plusieurs solutions ont ainsi été envisagées localement, mais aucune ne permettait de remédier à sa solitude. Des recherches dans les structures de la Caraïbe et d’Europe ont alors été menées afin de lui éviter un trop long voyage vers Singapour, qui restait prêt à le recevoir malgré leur surpopulation.

Kaï sera ainsi transféré au Parc Zoologique de Paris, dans le cadre d’une convention de partenariat, qui possède déjà 3 lamantins. Ce parc possède une capacité d’accueil de 6 lamantins et des femelles devraient bientôt arriver de Nuremberg.

© Manuel Cohen-MNHN

Tout projet de réintroduction s’inscrit sur le long terme. Les travaux avec les lamantins Junior et Kaï ont permis d’avancer sur des méthodes adaptées pour la réintroduction de ces espèces. Le comité d’orientation régional capitalise sur cette expérience pour conforter de nouvelles modalités de réintroduction du lamantin en Guadeloupe, comme le relâcher direct d’animaux semi-sauvages en milieu naturel, participant ainsi à la conservation de la biodiversité. Des études de faisabilité et d’analyse des risques sont attendues d’ici la fin du mois.

Retrouvez tous nos articles sur ce projet:
1/ Deux lamantins vont rejoindre la Guadeloupe dans le cadre d’un projet de réintroduction
2/ Les lamantins arrivent en Guadeloupe
3/ Un des lamantins arrivé en Guadeloupe en provenance de Singapour est décédé ce dimanche

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