Les zoos français reconduisent leurs actions “in situ” en faveur des espèces menacées

Les parcs zoologiques membres de l’AFdPZ ont reconduit pour 2019 leurs actions de protection de la faune menacée à travers le monde. Ces programmes sont conduits soit par l’Association, soit en direct par les parcs, en coopération avec des ONG spécialisées locales. En 2018, les parcs français ont consacré plus de 2,5 millions d’euros à la protection des espèces dans leur milieu naturel.

Le cercopithèque de Roloway est un petit primate de l’ouest africain. Sa taille est comprise entre 40 et 60 cm. Il se nourrit de fruits, de fleurs, de jeunes feuilles, d’insectes et d’invertébrés. Mais surtout, le cercopithèque de Roloway figure sur la liste des 25 primates les plus menacés au monde en 2018. Il figure aussi sur la liste des espèces pour lesquelles l’Association Française des parcs Zoologiques (AFdPZ) se mobilise en finançant des programmes de conservation.

« Les forêts tropicales humides du Ghana ou de Côte-d’Ivoire qui constituent son habitat sont ravagées par la déforestation, notamment pour la culture d’huile de palme », explique Brice Lefaux (directeur du Parc Zoologique et Botanique de Mulhouse et Vice-Président de la Commission Conservation de l’AFdPZ), qui coordonne à l’échelle européenne les actions des zoos en faveur du cercopithèque de Roloway. « Nous collaborons avec un primatologue ivoirien, le Pr Inza Koné, qui a créé un réseau de communautés villageoises pour gérer et protéger la forêt de la déforestation. Cela fonctionne très bien, mais le problème ce sont les braconniers venus des régions environnantes, notamment du Ghana. Les fonds affectés par l’AFdPZ ont servi notamment à procurer aux comités villageois de gestion de la forêt une pirogue puissante, capable de rivaliser avec les rapides embarcations qu’utilisent les braconniers »

© J-M Lernould

Sur la liste de l’AFdPZ, on trouve des espèces de tous les continents, qui font l’objet de programmes de recherche ou d’actions de conservation (par la protection de leur habitat, ou par la formation de rangers pour la prévention du braconnage, par exemple), du macaque à crête de Sulawesi (Indonésie) à la tortue radiée de Madagascar ou au condor des Andes… ou même à des espèces menacées sur le territoire français : oiseaux, reptiles, chauvessouris…

A côté de ces actions pilotées et financées par l’AFdPZ, les parcs conduisent des actions en direct, en partenariat avec des associations locales. Ainsi, le Parc Zoologique et Botanique de Mulhouse (Haut-Rhin) apporte une expertise vétérinaire et zootechnique ainsi qu’une aide financière pour la création de réserves naturelles protégées pour les lémuriens (Madagascar), pour les addax (Maroc), pour le cerf du prince Alfred (Philippines) et pour le lion d’Asie (Inde). Une zone humide a été réhabilitée pour la réintroduction de la cistude en Alsace (France). Un centre de refuge a été construit pour les capucins à poitrine jaune (Brésil) et des patrouilles ont été formées pour la protection des zèbres de Grévy (Kenya). De nombreux animaux capturés par des braconniers ont pu être sauvés, soignés puis relâchés.

Le zoo de la Boissière-du-Doré (Loire-Atlantique) soutient entre autre l’association Save The Rhino qui œuvre pour la protection des rhinocéros dans le monde tout en impliquant les communautés locales.

De nombreux autres parcs participent à des actions de conservation à travers le monde, soit directement soit par l’intermédiaire des associations française (AFdPZ), européenne (EAZA) ou mondiale (WAZA).

Au total, les parcs zoologiques français ont contribué à hauteur de 2,5 millions d’euros en 2018 aux programmes mondiaux de conservation in situ et reconduisent leurs engagements pour 2019, à un niveau au moins identique.

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