Sanuk, la petite éléphante « hollandaise » va mieux grâce aux éléphantes de Pairi Daiza

Pairi Daiza a évité une mort rapide à une jeune éléphante d’ARTIS Amsterdam Royal Zoo (Pays-Bas) qui était infectée par l’herpès des éléphants. Elle a survécu ce qui est exceptionnel mais le risque de rechute reste présent.

Le matin du 8 novembre 2018, les soigneurs et la vétérinaire d’ARTIS Amsterdam Royal Zoo ont décelé les symptômes du virus de l’herpès chez la petite Sanuk, une éléphante d’Asie de deux ans. Sa langue était anormalement rouge et présentait des saignements. Il fallait agir vite.

Sanuk © ARTIS/Pairi Daiza

Le virus de l’herpès peut tuer un pachyderme en 48 heures
Le virus de l’herpès est l’une des plus grandes causes de mortalité des éléphants, tant en milieu naturel que dans les jardins zoologiques. Ce virus est présent de façon latente chez tous les pachydermes mais ce sont surtout les jeunes qui y sont sensibles. 60% des décès des jeunes éléphants d’Asie (âgés de 8 mois à 8 ans) lui sont imputables en quelques heures ou quelques jours.

Oedèmes, hémorragies internes: son développement est foudroyant, l’animal perdant la vie dans 80% des cas. Même après une guérison, un risque de rechute est possible. Il n’existe actuellement aucun vaccin mais Pairi Daiza et la Pairi Daiza Foundation participent activement à la recherche scientifique visant à mettre au point l’arme qui permettra de lutter contre ce virus.

Les éléphantes de Pairi Daiza ont aidé la petite Sanuk
Quelques minutes après avoir diagnostiqué la présence du virus, l’équipe vétérinaire d’ARTIS a demandé l’aide urgente de Pairi Daiza. Pour permettre au système immunitaire de Sanuk de combattre le virus, des injections de plasma d’éléphants adultes sains s’imposaient. Tim Bouts, le Directeur zoologique et vétérinaire de Pairi Daiza, et les soigneurs ont prélevé le sang de Sayang, Mala et Aye Chan May, trois des éléphantes d’Asie de Pairi Daiza.

Les prélèvements sanguins sont forcément plus délicats chez des éléphants que chez des humains. Si les équipes de Pairi Daiza ont pu les réaliser si rapidement, c’est grâce à l’extraordinaire complicité qui existe entre les soigneurs et leurs protégés. Pairi Daiza est en effet un des rares Jardins zoologiques où les soigneurs européens et thaïlandais pratiquent le « Free Contact » (contact libre) avec les éléphants. Il est plus courant, dans le monde des parcs animaliers, de laisser une barrière entre l’homme et l’animal (« Protected Contact », contact protégé).

Le sang des trois éléphantes, contenu dans 7 sacs, a donc pu être acheminé en quelques heures vers Amsterdam où le plasma fut extrait pour le transfuser à la petite Sanuk. Cette transfusion fut répétée durant 3 jours parallèlement à l’administration d’anti-virus et d’antibiotiques. Huit jours après les premiers soins, ses valeurs sanguines avaient retrouvé leur équilibre. Tout ça n’a été possible que grâce à l’excellente collaboration entre ARTIS et Pairi Daiza. Une joie pour les équipes des deux parcs animaliers. « ARTIS est très reconnaissant pour l’action rapide de Pairi Daiza qui a permis d’octroyer les meilleurs soins à Sanuk », communiquent les équipes d’ARTIS. Bien sûr, tant qu’un vaccin ou un autre traitement préventif ne sont pas au point, le risque d’une rechute peut subsister jusqu’aux huit ans de Sanuk et donc la vigilance est de mise.

Sayang © ARTIS/Pairi Daiza

Pairi Daiza est actif sur trois fronts pour combattre l’herpès des éléphants
Le soutien de Pairi Daiza et de ses pachydermes ne s’arrête pas au sauvetage de Sanuk. En effet, Pairi Daiza, avec son troupeau d’éléphants le plus grand d’Europe (18 éléphants d’Asie et 2 d’Afrique), est de facto une banque de plasma. Le sang des vingt éléphants du Parc est une ressource précieuse de plasma pour intervenir en cas d’urgence dans d’autres parcs en Europe et récolter des informations nécessaires à l’analyse scientifique de ce virus complexe.

Dans le même temps, avec d’autres parcs zoologiques européens, la Pairi Daiza Foundation finance des programmes de recherche sur la pathogénèse de la maladie menés par des universités et centres de recherches comme l’Animal Health Agencies in Weybridge (Grande-Bretagne) et The Institute of Zoo and Wildlife Research (Allemagne). La prochaine étape portera sur la mise au point d’un vaccin.

La Fondation travaille également à la mise sur pied d’un laboratoire de diagnostic de l’herpès, au sein du labo vétérinaire Zoolyx à Alost.

Mala © ARTIS/Pairi Daiza

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