Arrivée des biches au zoo de La Garenne

Deux biches sont arrivées au zoo de La Garenne, rejoignant un mâle de cerf présent depuis quelques mois, et sont visibles par les visiteurs.

© La Garenne

Deux biches sont arrivées le 21 février au zoo de La Garenne. Elles sont nées en 2018 au zoo de Berne. Elles rejoignent ainsi le jeune mâle présent depuis l’été dernier. Ils disposent d’un vaste enclos au sein de la forêt. Cet espace a été entièrement financé par la Fondation Ernest Dubois qui avait déjà régulièrement aidé La Garenne dans le passé. La Fondation Ernest Dubois a également financé le développement d’activités pédagogiques pour les classes et le grand public sur le cerf.

Histoire du cerf en Suisse
Un réchauffement s’est déroulé sur plusieurs milliers d’années, entraînant d’abord le recul des steppes et des rennes vers le nord, puis vers – 9 000 ans la progression des forêts tempérés et avec elles du Cerf. A la même époque, les humains domestiquaient des animaux sauvages : l’aurochs est devenu le bœuf, le sanglier le cochon… Le Cerf n’a pas été domestiqué mais est resté à la chasse la proie primordiale des humains jusqu’au Moyen-Âge.

Puis, jusqu’au début du 20ième siècle, la pression humaine sur la nature a augmenté avec en parallèle le déclin de la faune sauvage. La démocratisation de la chasse et le progrès des armes, sans création de réserves ou de plans de prélèvements, ont signé la disparition du Cerf de Suisse en 1850. La loi nationale sur la chasse en 1875, les lois sur la protection de la nature ainsi que des opérations de réintroductions durant le 20ième siècle ont permis le retour du Cerf. Cela s’est fait cependant dans un contexte humain totalement différent. La nature était beaucoup plus urbanisée et gérée avec de nouveaux et forts intérêts économiques ou de loisirs, rendant parfois la cohabitation difficile. Le retour du Cerf s’est fait avant le celui de son prédateur, le Loup, induisant un impact sur la rentabilité économique de l’exploitation du bois. La Société forestière suisse a ainsi soutenu le retour naturel du loup constatant son effet positif sur la forêt. Ceci a déjà pu être constaté dans la région du Calanda, entre les Grisons et le canton de St-Gall, après l’installation d’une meute.

Le bois des cerfs
Les mâles de cerf développent au fil des ans des bois de très grande taille. Au-delà d’un simple signal de statut, ils servent également directement aux combats entre mâles. Le terme « bois » a été donné en raison de l’apparence de branches, mais il s’agit bien d’os, organisé en quatre couches différentes. Les cerfs perdent leurs bois durant les mois de mars et avril. Leur mode de croissance est remarquable et l’objet de recherche scientifique. Les bois sont en effet le seul organe capable de se régénérer totalement chaque année. Lors de la croissance, l’os est recouvert et alimenté par un tissu, « le velours », très riche en vaisseaux sanguins et en nerfs. Os comme nerfs peuvent grandir de plus d’un centimètre par jour et la très forte demande en calcium provoque une ostéoporose transitoire du squelette. Il faudra attendre 4 à 5 mois pour qu’ils atteignent leur taille définitive et à l’automne ils seront prêts pour le brâme.

Brame pour éviter le combat
Chez les animaux, il existe de multiples exemples de coopération ou de modération qui offrent des avantages à tous. Lors de la saison de reproduction, le cerf le plus puissant pourrait violemment écarter tous les autres pour accéder aux biches. Les combats directs sont en fait rares et remplacés par un rituel. Chacun a un bénéfice à ne pas engager le combat pour se préserver de blessures. Les cerfs évaluent d’abord leur puissance par le brame. Si cela ne suffit pas, ils s’évaluent visuellement par leur corpulence. Et si cela ne suffit toujours pas à évaluer le plus fort, en derniers recours ils engageront le combat. Les scientifiques se sont demandé pourquoi chez les animaux la coopération arrive à se maintenir alors qu’il semble plus avantageux d’être un tricheur aux dépends des autres. Par exemple un cerf qui ne respecterait pas les “conventions” et attaquerait par surprise, aurait un accès plus facile aux femelles et ce comportement devrait être sélectionné. La théorie des jeux développée en économie a permis de l’expliquer en démontrant que la stratégie d’évaluation de la force de l’autre avant d’agir était la plus avantageuse pour un cerf. La stratégie pacifique sans engager le combat est à la merci des tricheurs ou des combatifs. La stratégie toujours combative expose aux blessures ou à la mort.

© La Garenne

Quelques points clés

• Un forestier
Il y a environ 11 000 ans, le réchauffement du climat a permis la progression et la domination des forêts. Les cerfs ont remplacé les espèces des steppes comme les rennes.

• Une proie de choix
Le Cerf est resté la proie majeure des humains jusqu’au Moyen-Âge. La démocratisation de la chasse et le progrès des armes au 19ième siècle ainsi que la déforestation ont conduit à sa disparition totale de Suisse en 1850.

• De retour
Le Cerf est peu à peu revenu en Suisse durant le 20ième siècle depuis les populations autrichiennes. Il a aussi été réintroduit au milieu du 20ième siècle à la frontière française.

• Son prédateur
Le retour du Cerf s’est fait avant celui de son prédateur principal, le Loup. Quand les populations de cerfs sont très importantes, elles ont un impact sur la rentabilité économique de l’exploitation du bois.

• Les bois
Les mâles de cerf développent au fil des ans des bois de très grande taille qui servent à marquer leur statut social. Il s’agit d’os, qui tombent et repoussent totalement chaque printemps.

• Attention faons
Durant les mois de mai à juin, la biche donne naissance à un ou plus rarement deux faons. Le faon reste caché en journée dans les hautes herbes et sa mère le rejoint le soir. Il ne faut jamais déplacer un faon, sa mère l’a volontairement caché.

• Le Brame
De fin septembre à octobre, les mâles émettent des cris puissants et rauques à partir du crépuscule. Il s’agit de séduire les femelles et d’impressionner les concurrents.

• Corridors écologiques
En hiver, avec la baisse de nourriture et les chutes de neige, beaucoup de cerfs élaphes quittent les montagnes jurassiennes pour rejoindre les bords du lac et les fonds de vallée. Ils transitent par des cordons forestiers préservés pour leur rôle de corridors.

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