Le parc de Clères ouvre à nouveau ses portes et fête son centenaire

Le parc de Clères rouvre ses portes ce samedi 9 mars. Une date qui marque le point de départ d’une année haute en festivités puisque le parc fête cette saison ses cent ans d’existence.

Les plumes seront de sortie pour la réouverture du parc de Clères le samedi 9 mars prochain dès 13 h. Comme au temps de Jean Delacour, le fondateur du Parc, des flamants de Cuba et leur magnifique plumage rouge vif rejoindront les pelouses du château.  Mais ils ne sont pas les seuls nouveaux arrivants puisque la Colombe à poitrine dorée sera une espèce de plus à découvrir. Lieu idéal pour une promenade bucolique, le parc se transforme en terrain de jeux, scène naturelle, musée à ciel ouvert et ce, selon les événements imaginés et orchestrés par le Département de la Seine-Maritime.

Ainsi, le calendrier des festivités et animations débutera par “Clères en folie” les 23 et 24 mars. Une grande fête sur le thème des années folles avec stage de danse rétro, véhicules d’époque, marché du terroir, soirée cabaret ou encore visites guidées historiques et qui se poursuivra dans le village avec la fête de la jonquille.

Puis s’enchaîneront de nombreux événements qui mettront en valeur tour à tour la mission de conservation du parc, son patrimoine exceptionnel et son rôle d’éducation populaire à travers des concerts, des spectacles, des conférences, des visites, des ateliers, des masterclasses, des sorties ornithologiques…
> Consultez le programme sur www.parcdecleres.net

2019: Les flamants rouges
“Les flamants roses devant le château”, cette carte postale vendue en centaines d’exemplaires depuis les années 70 , figure parmi les vues les plus typiques et les plus symboliques du site. Les flamants avaient quitté cette partie du site, le groupe ayant été rassemblé sur le lac pour former une plus grosse colonie. Aujourd’hui le choix a été fait de reformer un groupe avec une espèce différente des flamants du lac (flamants du Chili, Phoenicopterus chilensis) : les flamants de Cuba (Phoenicopterus ruber ruber). Aussi appelés flamants rouges, leur couleur rappelle celle des ibis rouges présentés dans les volières historiques.

Julie Levrier, Directrice scientifique et capacitaire:
Ce nouveau groupe sera constitué de 15 individus qui seront encore immatures en 2019. C’est à dire qu’ils n’auront pas encore leur plumage rouge définitif. Il faudra encore attendre deux à trois ans pour qu’ils soient complètement rouges, et donc matures sexuellement.

Un zoo centenaire
Quand Jean Delacour achète le domaine de Clères en 1919, il vient de perdre son château de VillersBretonneux en Picardie, théâtre de la tristement célèbre bataille de la Somme. Dans le parc de ce joli manoir du XIXe siècle, il avait déjà aménagé plusieurs parquets et enclos pour accueillir différentes espèces d’oiseaux.

Pendant les années 1920 et 1930, Jean Delacour accueille de nombreuses personnalités, têtes couronnées, scientifiques ou écrivains… Le gouvernement lui demandait également de recevoir quelques fois des hôtes officiels ou des congrès. Sur place, le naturaliste se fait aider par un personnel compétent et dévoué. Francis Fooks, était le responsable du parc en l’absence de Jean Delacour. Il est devenu véritablement le directeur après la guerre tandis que Jean Delacour travaillait aux Etats-Unis. Le château de Clères ne voit son propriétaire que quelques mois dans l’année. Ce dernier partait en effet en expédition de 3 à 6 mois par an. L’Indochine aura sa prédilection. Il en fera un inventaire ornithologique détaillé qui, encore aujourd’hui, est une référence.

En 1939, un incendie est déclaré dans le château affectant énormément la toiture, mais surtout la bibliothèque et les archives du domaine. L’ensemble des boiseries, et plafonds à caissons disparaissent. Des réparations de fortune sont effectuées, et la seconde guerre mondiale éclate laissant le domaine aux mains des forces occupantes. Durant cette sombre période, l’ensemble des animaux périssent, chassés pour être mangés. Les bombardements alliés marquent le paysage du parc mais n’engendrent que peu de dégâts. A la libération, le château est temporairement transformé en hôpital militaire, la grille d’entrée, massive est renversée par un char. Une infirmière de l’armée britannique, amie de Jean Delacour, lui envoie une description du village et de l’état du château. Francis Fooks parti en Angleterre pendant l’occupation, revient à Clères et s’attaque à un état des lieux très précis des travaux à effectuer. Dès lors, les réseaux s’activent pour repeupler Clères. Hubert Astley, Alfred Ezra, ou John Lewis participent en envoyant des jeunes oiseaux issus de leurs collections, tandis que Delacour transfère certains animaux directement depuis les États-Unis.

En 1947, l’heure de la réouverture a sonné et un appel à souscription est lancé. L’entrée du parc sera payante.

En 1966, Jean Delacour, retraité de son poste de directeur du Muséum du comté de Los Angeles laisse la gestion de son zoo au Muséum National d’Histoire Naturelle. Le manoir reste sa résidence estivale. Il reviendra avec plaisir chaque année au parc jusqu’à sa mort en 1985. Avec le Muséum, le parc garde le cap de la recherche scientifique et développe la conservation. Clères obtient une réputation scientifique d’excellence.

A sa mort, Jean Delacour lègue Clères au Muséum qui en assurera la gestion jusqu’en 1989. A partir de cette époque, le Département de la Seine-Maritime entre en jeu et prend le rôle de gestionnaire. Durant les années 2010, d’importants travaux sont effectués et des procédures de classement sont mises en route. La propriété du site est finalement transférée à la collectivité territoriale en 2013 et le château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2017.

Le parc animalier et botanique de Clères au terme de son premier siècle, a toujours pour missions la conservation, l’éducation et la recherche. Il est un des sites touristiques majeurs de la Seine-Maritime et participe à l’attractivité de son territoire.

Des projets d’avenir
Entre 2019 et 2023, le Département de la Seine-Maritime envisage plusieurs investissements à grande échelle pour assurer l’avenir du site. Dans un contexte concurrentiel, aucun zoo ne peut survivre sans investir dans des nouveautés ou des aménagements de visites. Parmi les projets, un bâtiment d’accueil avec un parvis sécurisé où l’on retrouvera une boutique et des salles pédagogiques. Cet espace reprend l’emplacement de l’ancien bar-tabac et la graineterie. Le projet de ce bâtiment intégré dans le patrimoine clérois a été confié à l’architecte Bruno Saas du cabinet « les ateliers de Saint Georges ».

Pour toutes informations: www.parcdecleres.net

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