Les zoos français prennent position face à la déforestation

Réunis en Assemblée générale à Amiens du 12 au 14 mars, les 95 membres de l’Association française des parcs zoologiques (AFdPZ) ont adopté une déclaration d’intention pour soutenir la lutte contre la déforestation importée. 

Assemblée générale de l’AFdPZ à Amiens du 12 au 14 mars

Par leur activité, les parcs zoologiques français sont tout particulièrement sensibles à la perte accélérée des habitats naturels de la faune sauvage mondiale. En particulier, la destruction des forêts tropicales, qui sont les écosystèmes terrestres les plus riches et les plus complexes de la planète, menace une biodiversité unique et contribue de façon significative au réchauffement climatique. Cette destruction, engendrée par la surconsommation, est essentiellement liée au développement agricole pour la production d’huiles végétales (huile de palme ou soja), de protéines animales (animaux d’élevage) et d’autres denrées (cacao, bois et ses produits dérivés, hévéa, café, etc.).

L’AFdPZ a travaillé depuis un an sur ce sujet en vue d’adopter en assemblée générale une déclaration d’intention qui engage à la fois l’Association et chacun de ses membres. Pour ce travail, elle a sollicité le Dr Marc Ancrenaz, vétérinaire et Directeur de l’association Hutan – KOCP. Cette ONG française œuvre à Sabah, dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo, où elle travaille à protéger la faune sauvage, et en particulier les orangs outans dont les habitats forestiers disparaissent au profit des champs de palmiers à huile. A l’issue de cette année de réflexion, les membres de l’AFdPZ ont conclu qu’il est aujourd’hui préférable de privilégier une diminution de la consommation, et que celle-ci doit se faire au profit des produits issus de productions durables.

Par exemple pour l’huile de palme : « L’arme du boycott a été efficace pour faire prendre conscience aux industriels des limites de leur exploitation traditionnelle, explique Marc Ancrenaz, mais ils sont en train de changer. Ils se rendent compte qu’ils perdent un marché à cause de leurs pratiques non durables. C’est pourquoi je pense qu’aujourd’hui il devient beaucoup plus efficace d’essayer de les accompagner dans leur démarche plutôt que de continuer de s‘opposer. Le boycott a créé une grosse pression sur l’industrie et c’était nécessaire, un des résultats de cette lutte a été la création de la certification RSPO (Round Table on Sustainable Palm Oil). Elle n’est pas parfaite mais elle s’améliore : de nouveaux critères ont été votés au mois de décembre : non-déforestation, pas d’exploitation dans les zones humides etc. Les gros industriels qui veulent continuer d’exporter vers l’Europe ou les EtatsUnis doivent être certifiés RSPO, c’est à dire suivre un cahier des charges de plus en plus strict. Mais s’ils n’arrivent plus à vendre leur huile certifiée, s’ils n’ont plus d’intérêt à essayer d’utiliser la certification ils vont se détourner des marchés européen et nord-américain et se retourner vers d’autres marchés, le marché indien, le marché chinois qui sont moins regardants ».

Dans la déclaration d’intention adoptée le 14 mars, les membres de l’AFdPZ réunis en assemblée générale à Amiens sont conscients qu’il est urgent de promouvoir des pratiques plus durables d’exploitation et de production afin de minimiser l’empreinte des activités anthropiques induisant de la déforestation (culture du palmier à huile, du soja, du cacao, de l’hévéa ou élevage par exemple) et de gérer au mieux les ressources naturelles de la planète. Ainsi les zoos membres de l’AFdPZ s’engagent à:
• sensibiliser leurs visiteurs à l’impact de la surconsommation actuelle sur les forêts et la biodiversité;
• faire découvrir à leur personnel et visiteurs l’existence de la certification pour soutenir la consommation de produits certifiés durables comme outil de protection des forêts tropicales;
• consommer prioritairement des produits issus d’une production responsable non liée à la déforestation.

DECLARATION AFDPZ

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