De nouveaux équipements au Zoo de Montpellier

Une nouvelle clinique, une nurserie et une zone de quarantaine, le Zoo de Montpellier se modernise.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Mercredi 10 juillet, Henri de Verbizier, adjoint au Maire délégué aux espaces verts et au Zoo de Montpellier, a représenté Philippe Saurel, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole, lors de l’inauguration des nouveaux équipements du zoo, en présence de Ludivine Girardot-Chaffard, représentante du Préfet de l’Hérault à la Direction Départementale de la protection des populations.

Un espace de quarantaine et une clinique vétérinaire ont été construits dans la cadre de la première phase de modernisation du parc afin d’améliorer les conditions de vie et de soins des animaux et les conditions de travail des équipes.

Une aire de quarantaine moderne pour faciliter les échanges entre zoos

Réadaptée aux normes européennes
Les parcs zoologiques ne prélèvent plus d’animaux dans la nature, leurs fonctionnements reposent donc désormais uniquement sur la reproduction réalisée à partir des populations captives, donc sur les échanges d’animaux entre parcs zoologiques. La directive européenne BALAI, votée en 1992 et appliquée en France depuis 2012, vise à limiter les risques sanitaires liés aux transports d’animaux d’un pays à l’autre. Elle impose donc la construction de bâtiments spécifiques aux quarantaines afin d’organiser aussi bien la réception d’animaux depuis l’extérieur que l’envoi d’animaux reproduits en captivité. Cela permet des échanges simplifiés entre parc zoologiques et limite les risques de propagation de maladies entre animaux ou entre animaux et humains.

Un bâtiment aux normes sanitaires élevées
Au vu de l’espace disponible et afin d’avoir le moins d’impact possible sur le parc, le Zoo de Montpellier  a fait le choix de construire un seul bâtiment pouvant accueillir plusieurs groupes d’animaux et non un bâtiment par type d’espèce. L’espace de quarantaine construit a donc la particularité d’être divisé en différentes zones pour accueillir différents groupes d’animaux, (ongulés, carnivores, primates, oiseaux et reptiles) dont les prérequis sanitaires et les temps de quarantaines sont différents. Ce choix implique plus de technicité pour maintenir une barrière sanitaire entre les espèces : un couloir central cloisonné en cinq sas sépare chacune de ces zones, à la manière des unités distinctes dans les hôpitaux ou les cliniques. Dans ce bâtiment de 309m², les systèmes de filtration de l’air et de traitement des eaux usées ont également été pensés en fonction de cet usage.

Un projet architectural pensé pour les animaux
Imaginer et construire ce type de bâtiment est, pour un architecte, un projet très particulier. La Direction Architecture et Immobilier de la Ville de Montpellier, en charge de la maîtrise d’œuvre, a donc travaillé en étroite collaboration avec les équipes du zoo depuis 2014 afin de respecter les normes sanitaires et les contraintes qui s’imposent pour l’accueil d’espèces aussi différentes. Ainsi, l’orientation de la toiture a été pensée pour assurer le confort des animaux en hiver comme en été et les façades vitrées sont au nord. Le revêtement des sols, quant à lui, a été choisi pour résister aux pattes, aux sabots mais aussi aux griffes.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Une nouvelle clinique vétérinaire

La nouvelle clinique vétérinaire de 300 m² vient doter le parc de Lunaret d’un équipement digne de la collection présentée au public et permettant un fonctionnement très amélioré par rapport aux installations vieillissantes utilisées jusqu’à présent. Outre les bureaux du service animalier, la clinique vétérinaire comporte : une salle d’examen, une salle d’imagerie médicale (radiologie numérique et échographie), une salle de chirurgie, des loges et des volières d’observation et de convalescence, une nurserie pour l’élevage des jeunes animaux, une dalle d’autopsie et 2 chambres froides.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Les loges blanches, conçues comme un service de médecine tropicale
Les loges blanches et la zone de soin sont des salles dans lesquelles la pression est inférieure à la pression atmosphérique afin de ne pas laisser de potentielles maladies sortir. Conçu comme un service de médecine tropicale à l’hôpital, tout dans ce bâtiment vise à contenir les agents pathogènes à l’intérieur : ni l’air ni les eaux usées ne sortent sans être filtrés et si besoin désinfectés. Pour obtenir son agrément sanitaire, le zoo a donc travaillé avec une entreprise ayant développé sa technique dans le milieu hospitalier en construisant des blocs opératoires.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

La nurserie et la salle d’opération en partie visible du public 
Autre nouveauté grâce à ces travaux d’aménagement, la zone nurserie de la clinique vétérinaire sera partiellement visible depuis le chemin public qui longe le bâtiment. Trois vitres permettront de voir la salle d’incubation et deux loges. La salle de chirurgie sera également visible et certaines opérations pourront se dérouler à la vue du public. Ce choix vient d’une volonté de montrer l’activité interne du zoo, et notamment les soins, pour des raisons pédagogiques et pour plus de transparence et d’échanges avec le public.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Un nouvel espace pédagogique dédié aux grands singes et une exposition

Autre nouveauté au Zoo de Montpellier, un espace est désormais consacré aux quatre plus célèbres primatologues du XXe siècle et dédié à l’une d’entre elles, Dian Fossey, dont l’engagement auprès des gorilles d’Afrique de l’Est lui a coûté la vie. Le zoo de Montpellier n’accueille volontairement pas de grands primates mais ce lieu, aménagé pour les évènements du parc, offre l’occasion de les évoquer grâce à des silhouettes positionnées dans les arbres à proximité d’un espace de jeu et d’une zone de pique-nique.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Quatre femmes primatologues mises à l’honneur
• Dian Fossey (1932- Dian Fossey (1932-1985) est une primatologue, ethnologue et zoologiste américaine, spécialisée dans l’étude du comportement des gorilles de l’Est. Elle les a étudiés régulièrement dans les forêts de montagne du Rwanda. Ses recherches ont révélées le comportement timide et pacifique des gorilles. Sa lutte contre le braconnage est sans doute à l’origine de son assassinat.
• Jane Goodall Jane Goodall(1934-) est une éthologue et anthropologue britannique. A 26 ans, elle part vivre au milieu des chimpanzés de la réserve de Gombe en Tanzanie. Elle est la première à avoir observé et rapporté que les chimpanzés utilisaient des outils pour s’alimenter. Ses travaux ont profondément transformé la compréhension des rapports entre les humains et les animaux.
• Birute Galdikas (1946 Birute Galdikas (1946-) est spécialisée dans la primatologie et la protection des orangs-outans. En 1971, à 25 ans, elle part à Borneo afin d’étudier sur le terrain les orangs-outans dans un environnement de jungle inhospitalier. Elle alerte les occidentaux des effets néfastes de la destruction de la forêt tropicale pour la culture du palmier à huile sur ces primates et sur la biodiversité en général.
• Claudine André (1946- Claudine André (1946-) est la fondatrice de « Lola ya bonobo », un sanctuaire recueillant
des petits bonobos orphelins car victime de braconnage au sud de Kinshasa, en République démocratique du Congo. Elle découvre que les orphelins ne peuvent survivre sans l’attention et l’amour d’une mère et confie donc chaque bébé à une maman de substitution.

© Ville de Montpellier/Christophe Ruiz

Découverte théâtrale de l’Espace Dian Fossey, mercredi après , mercredi après-midi
« A la recherche des chercheuses » par Sara Ferroud et Sarah Lazarus
Deux admiratrices des 4 chercheuses les plus connues dans le domaine de la primatologie vont leur rendre hommage à leur façon… Une brève découverte théâtrale, ludique et pédagogique, des grands singes et des femmes qui se sont battues pour eux.

« Solo en Cuba », une exposition sur la richesse de la nature cubaine  
Toujours dans un but pédagogique, le parc de Lunaret accueille régulièrement des expositions. Pour la seconde fois, le zoo en propose une sur la richesse de la nature des îles antillaises : après la biodiversité d’Haïti, c’est la plus grande île des Antilles, Cuba, qui est à l’honneur grâce au concours de l’association Caribaea Initiative, qui œuvre dans toute la Caraïbe insulaire. Il existe à Cuba plusieurs milliers d’espèces d’oiseaux, de reptiles, d’invertébrés et de mammifères dont beaucoup sont endémiques de l’Île. Cette exposition trilingue (français, espagnol, anglais) de photographies naturalistes, a pour ambition de donner une idée de cette biodiversité foisonnante comme le colibri abeille, le plus petit oiseau de la planète, la chauve-souris de Cuba ou l’escargot de terre cubain, sans oublier l’oiseau national : le Trogon de Cuba.

Grâce à cette exposition, le service pédagogique du zoo espère sensibiliser un public le plus large possible à la biodiversité de notre planète qu’elle soit locale ou exotique, en espérant réveiller ou alimenter la bienveillance indispensable à la survie des écosystèmes riches et fragilisés par nos activités.

>> Exposition visible du 10 juillet au 29 septembre, peu après l’île extérieure des singes hurleurs de la serre amazonienne. Gratuit.

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