Carnet rose chez les singes d’Amérique latine du Zoo de Bâle

Les heureux évènements se sont succédé chez les titis, les atèles et les pinchés à crête blanche du Zoo de Bâle. La situation des singes d’Amérique latine dans leur milieu naturel est malheureusement moins réjouissante.

© Zoo de Bâle

Des naissances ont été recensées chez trois espèces parmi les singes d’Amérique latine vivant au Zoo de Bâle! Le 1 er  juillet, c’est un atèle qui a vu le jour. La jeune femelle délicate s’agrippe à la fourrure de sa mère Bonita pendant que celle-ci se balance entre les branches. Chez les pinchés à crête blanche, Gitana (9 ans) a mis au monde des triplés le 24 juin dernier. Malheureusement, l’un des petits est mort juste après la naissance. Il est rare de réussir à élever des triplés, car le lait maternel est rarement présent en quantité suffisante. Et le plus jeune représentant du pavillon des singes est actuellement le titi roux mis au monde par Chica (17 ans). Étant donné qu’il est difficile de distinguer les mâles des femelles chez les titis roux, le sexe du petit dernier n’est pas encore établi avec sûreté.

L’avenir sombre des singes d’Amérique latine
Les pinchés à crête blanche ne se trouvent plus que dans la partie nord-ouest de la Colombie , le titi roux dans l’ouest du Brésil et dans l’est du Pérou. Quant à l’atèle de Geoffroy, son habitat est réparti en Amérique centrale. La situation des trois espèces est jugée critique dans leur espace naturel et leur avenir est incertain. Ce sont les titis roux qui s’en tirent le mieux. Depuis 2012, le Zoo de Bâle s’engage en faveur du «Proyecto Mono Tocon», qui vise à préserver et à explorer une espèce voisine au Pérou, le Titi des Andes, encore bien plus menacé que le titi roux. Ce projet tente de faire accorder le statut de protection officiel à des territoires stratégiques, tout en sensibilisant les habitants à la protection des espèces.

© Zoo de Bâle

L’avenir des pinchés à crête blanche est tout sauf rose: ils sont menacés d’extinction.et leur population ne cesse de se dégrader. Les atèles sont eux aussi menacés d’extinction, avec une population en recul constant. Le péril numéro un pour les singes d’Amérique latine réside dans la disparition de leur espace vital, liée à la déforestation. Les vastes zones forestières dans lesquelles l’atèle de Geoffroy peut vivre en toute tranquillité sont devenues très rares. Les gigantesques forêts d’autrefois ont laissé place à des surfaces agricoles cultivées pour l’alimentation humaine. On observe la culture de l’ananas ou l’élevage de bovins qui finiront par atterrir dans l’assiette de nous autres Occidentaux. Dans une moindre mesure, la chasse est également responsable du recul des populations. Bon nombre de singes sont encore utilisés comme animaux domestiques ou comme «médicaments».

© Zoo de Bâle

Une situation originale pour les pinchés à crête blanche
À une époque où les pinchés à crête blanche étaient plus nombreux, notamment dans les années soixante et soixante-dix, on a capturé beaucoup d’individus pour les besoins de la recherche en Europe. C’est ainsi que la population des zoos s’est constituée. C’est la raison pour laquelle, selon les spécialistes, la diversité génétique est désormais plus grande dans les zoos qu’en milieu naturel. La population des jardins zoologiques est apparue à une époque où il y avait beaucoup plus d’animaux dans la nature. C’est pourquoi cette espèce peut être candidate à de futures réintroductions. Les animaux vivant en zoo pourraient théoriquement enrichir les populations sauvages. On pourrait ainsi profiter de l’expérience acquise avec les Tamarins-lions dorés, réintroduits avec succès par le passé. En Colombie, le «Proyecto Tití» s’engage pleinement pour la protection des pinchés à crête blanche.

Abonnez-vous à notre newsletter

* obligatoire