Naissance de jumeaux pandas géants à Pairi Daiza!

Les équipes de Pairi Daiza et du China Conservation and Research Center for the Giant Panda ont l’immense joie de vous annoncer la naissance, ce jeudi 8 août (le 08/08, alors même que le 8 est le chiffre… de la chance dans la culture chinoise), de jumeaux bébés Pandas géants à Pairi Daiza (Belgique). Il s’agit de la deuxième et troisième naissances de Pandas géants à Pairi Daiza (et dans le Benelux), après celle de Tian Bao, le 02 juin 2016.

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

C’est un nouvel espoir pour la préservation de cette espèce classée « vulnérable » par l’IUCN, l’International Union for Conservation of Nature, et dont les réintroductions dans la nature de spécimens nés parmi les hommes sont couronnées de succès. A ce jour, onze Pandas géants nés en captivité ont ainsi déjà été réintroduits en pleine nature. Neuf sont toujours en vie actuellement. Un chiffre fantastique !

Eric Domb, Président-Fondateur de Pairi Daiza : « Cette double naissance est une merveilleuse nouvelle pour cette espèce extraordinaire mais aujourd’hui toujours menacée ! Nous sommes fiers, en tant que Jardin zoologique, de pouvoir collaborer ainsi au sauvetage du Panda géant. Et la naissance de ces deux bébés est aussi une formidable récompense pour l’énorme travail mené au quotidien par toutes les équipes, les soigneurs, les chercheurs de Pairi Daiza et du China Conservation and Research Center for the Giant Panda ».

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

Les naissances
Les premiers signes de début de mise bas sont apparus ce mercredi soir. Placée sous la surveillance constante de Monsieur Li Guo, expert du China Conservation and Research Center for the Giant Panda (Chine), de Jella Wauters (chercheuse à la Faculté Vétérinaire de l’Université de Gand) ainsi que des équipes de vétérinaires et de soigneurs de Pairi Daiza, la maman Hao Hao a montré les premiers signes de contractions ce jeudi matin, vers 9 heures. Placée dans sa « salle de maternité », elle a mis son petit au monde à 13 h 26, quelques heures après que la poche amniotique se soit rompue. Un petit mâle poussant des cris stridents et débordant d’énergie venait de naître !

Comme elle l’avait fait il y a un peu plus de trois ans avec Tian Bao, Hao Hao a immédiatement montré une énorme affection toute maternelle pour son nouveau-né. Elle l’a de suite pris dans sa bouche pour le laver et ensuite le garder bien au chaud contre elle. Ce n’est que quelques heures plus tard que l’expert chinois, accompagné par les équipes vétérinaires de Pairi Daiza, ont pu rentrer dans la salle de maternité pour établir le contact avec la maman. Une fois la confiance installée, les experts ont pu extraire un peu de son lait maternel afin d’en stimuler la production et de vérifier l’état de santé du nouveau-né, d’établir son sexe et de prendre son poids. Le second fils de Hao Hao se porte pour l’instant à merveille et pèse 160 grammes.

Deux heures plus tard, alors que nul ne savait avec certitude si une nouvelle naissance allait se produire, Hao Hao a donné la vie à un deuxième bébé. Pour, immédiatement, lui porter les mêmes gestes protecteurs et les mêmes marques d’amour qu’au premier-né. Ici également, ce n’est qu’après plusieurs heures que les équipes de vétérinaires et de soigneurs ont pu peser et établir le sexe du bébé. Cette fois, il s’agit d’une petite femelle, affichant 150 grammes sur la balance. Son état de santé est lui aussi très satisfaisant.

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

Les premiers jours, comme lors de chaque naissance, seront toutefois cruciaux pour les deux bébés. La priorité des experts et soigneurs est donc maintenant de veiller, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à ce que Hao Hao continue sur sa lancée et allaite correctement ses deux petits. Pour assurer un repos suffisant à l’heureuse maman et surveiller l’évolution des petits, il est par ailleurs envisagé de placer alternativement un des bébés sous couveuse et de le nourrir au biberon. Lors de naissances gémellaires de Pandas géants, rarissimes tant en milieu naturel que parmi les hommes, il est en effet fréquent qu’un des deux bébés décède.

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

A Pairi Daiza, les deux bébés pandas nés hier l’ont été après insémination, en avril 2019. Une opération réalisée sous le contrôle de Monsieur Strong, expert chinois, de l’équipe vétérinaire de l’Université de Gand et qui a consisté à inséminer la femelle Hao Hao, sous anesthésie générale, avec le sperme, extrait sous anesthésie générale également, du mâle Xing Hui.

Avec cette double naissance, Pairi Daiza compte désormais 5 Pandas géants. La maman Hao Hao et le papa Xing Hui arrivés en 2014, Tian Bao (mâle) né le 2 juin 2016 et ceux qui seront nommés pour l’instant et provisoirement « Baby Boy » et « Baby Girl ».

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

Des réintroductions réussies!
Symbole universel de la conservation animalière, le panda Géant fait l’objet d’un programme de conservation international établi depuis plus de 30 ans par la Chine. Pairi Daiza et Pairi Daiza Foundation participent activement à ce programme mondial de reproduction depuis 2014 (arrivée de Hao Hao et Xing Hui en Belgique) et la naissance du premier bébé panda né en Belgique, Tian Bao, en juin 2016.

Un travail de longue haleine et un engagement pluridisciplinaire qui portent leurs fruits ! En effet, depuis plusieurs années maintenant, le nombre de Pandas géants observés dans la nature est en augmentation, rapprochant lentement cette espèce, qui était au bord de la disparition totale, d’un état stable et d’une sauvegarde pérenne.

L’Union Internationale de la Conservation de la Nature (IUCN) annonçait d’ailleurs en 2016 un « abaissement de statut » pour l’espèce, la faisant passer du statut « en danger » à celui de « vulnérable ». Depuis 2012, la Chine mène également un programme de réintroduction dans la nature du Panda géant. Depuis lors, 11 Pandas géants nés parmi les hommes ont déjà été réintroduits, et 9 sont toujours en vie. Une preuve, si besoin en est encore, que l’union des efforts de tous (experts, ONG, gouvernements, jardins zoologiques, etc.) permet de réintroduire des Pandas géants nés en captivité dans leur milieu naturel et par là de préserver les écosystèmes des forêts où ces animaux vivent et jouent un rôle crucial pour la survie d’autres espèces. La présence de Pandas géants dans la nature permet notamment d’aider à la dispersion des graines de bambou et par là à régénérer des forêts où vivent des centaines d’espèces animales. À l’avenir, de nouvelles réintroductions de Pandas géants sont annoncées. Pour leur assurer le plein succès, la Chine œuvre notamment à la création d’une gigantesque réserve naturelle de plus de 20.000 kilomètres carrés, sur les provinces du Gansu, Shaanxi et Sichuan permettant d’interconnecter plusieurs territoires où vivent des Pandas géants, et ce afin de favoriser la diversification génétique en période de reproduction.

© Pairi Daiza / Benoit Bouchez

Le soutien de la Pairi Daiza Foundation
Si Pairi Daiza participe aux programmes de sauvetage de l’espèce via notamment l’accueil, depuis 2014, de Hao Hao et Xing Hui, la Pairi Daiza Foundation n’est pas en reste ! La Fondation finance ainsi les travaux de la chercheuse belge Jella Wauters à la Faculté Vétérinaire de l’Université de Gand. Ses recherches (“Metabolomics in the Giant Panda: unraveling the reproductive biology”) visent à développer un test qui permettra aux scientifiques, partout dans le monde, de différencier notamment les « fausses » des « vraies » grossesses de Pandas géants ou de prédire la période de chaleur de la femelle panda (quelques semaines avant son début) sur base de marqueurs hormonaux présents dans l’urine de l’animal.

Des recherches précieuses dans le cadre de la reproduction, et donc de la survie, de cette espèce en danger. La période de fertilité d’une femelle panda géant n’a en effet lieu qu’une seule fois par an et ne dure que de un à trois jours. Si, dans ce court laps de temps, une fertilisation a lieu, le reste de la grossesse reste un énorme mystère.

La durée précise de la grossesse, les fausses couches et/ou les raisons d’absorption du fœtus par le système reproductif chez la femelle panda géant sont à ce jour encore méconnues. Les marqueurs hormonaux, qui sont au cœur des travaux de Jella Wauters, pourront aussi indiquer le moment précis de l’ovulation et permettre de suivre l’évolution d’une des grossesses les plus mystérieuses du règne animal, augmentant en bout de course et de manière significative les chances de reproduction, et ce non seulement dans les parcs zoologiques et centres de reproduction en Chine mais aussi dans la nature.

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