Le San Diego Zoo Safari Park accueille des ornithorynques!

Le San Diego Zoo Safari Park a annoncé l’arrivée de deux ornithorynques depuis l’Australie et l’inauguration de leur installation le 22 novembre 2019. Un plaisir de vous faire partager cette nouvelle en lien avec San Diego.

© Christina Simmons / San Diego Zoo Safari Park

Les deux ornithorynques sont arrivés par avion à San Diego fin octobre, depuis le zoo australien de Taronga, pour devenir les ambassadeurs cette espèce en dehors de leur Australie natale. Il s’agit de Birrarung, un mâle de 8 ans et d’Eve, une femelle de 15 ans.

Le San Diego Zoo Safari Park est actuellement le seul zoo en dehors de l’Australie à accueillir des ornithorynques. C’est la première fois depuis plus de 50 ans que des ornithorynques sont élevés en dehors de l’Australie!

Une cérémonie a eu lieu le 22 novembre dernier pour inaugurer cette nouvelle installation avec la présence de Elder Rory O’Connor, des jeunes de la communauté Yugambeh et de Chelsey Martin, consul général du consulat australien à Los Angeles.

© Christina Simmons / San Diego Zoo Safari Park

A San Diego Zoo Global, ils sont extrêmement honorés et ravis d’accueillir des ornithorynques au Zoo Safari Park, a déclaré Paul A. Baribault, président / chef de la direction du San Diego Zoo Global.

«Avoir des ornithorynques au San Diego Zoo Safari Park nous permet d’élargir le travail des zoos australiens afin de sensibiliser le public aux espèces uniques qu’ils gèrent. Des millions de personnes verront ces deux animaux ici, s’émerveilleront de la diversité étonnante de la faune et s’engageront de nouveau à prendre des mesures de conservation qui permettront de sauver des espèces dans le monde entier. S’occuper de ces deux ornithorynques et les partager avec notre public est une grande responsabilité – une responsabilité que le zoo de San Diego assume avec toutes les espèces avec lesquelles nous nous engageons à travailler », a ajouté Paul A. Baribault.

© Christina Simmons / San Diego Zoo Safari Park

Plusieurs mois de préparation et de formation ont été nécessaires pour assurer le transfert réussi des ornithorynques. Trois soigneurs du San Diego Zoo Safari Park et un vétérinaire se sont rendus en Australie pour se former à l’élevage et aux soins des ornithorynques. Le soigneur australien des ornithorynques du Zoo de Taronga a accompagné les ornithorynques lors de leur voyage et est resté à San Diego pendant deux semaines pour les aider à se familiariser avec leur nouvelle maison.

En outre, des représentants du Zoo de Taronga ont été consultés sur tous les aspects de la conception de l’enclos. Cet enclos de classe mondiale comprend trois bassins, des rivières, de vastes tunnels et des zones de nidification. L’enclos a été construit il y a plus d’un an, dans l’attente de l’arrivée des ornithorynques, grâce aux dons généreux de plus de 500 donateurs.

Les deux ornithorynques se sont bien acclimatés à leur nouvelle maison et ils n’ont pas perdu de temps à explorer chaque centimètre carré de leur enclos. Ils sont visibles dans le secteur Walkabout Australia qui parcourt quatre types différents d’habitats australiens: la prairie, la forêt tropicale humide, la zone humide et le désert. Parmi les animaux, en plus des ornithorynques, il est possible de voir des dendrolagues de Matschie, des kangourous gris, des wallabies à cou rouge et des casoars à casque.

Un programme de conservation in situ
Le San Diego Zoo Global travaille depuis longtemps avec des collègues australiens et possède de différentes espèces australiennes, notamment des koalas, des diables de Tasmanie, des wombats, des échidnés, de nombreuses espèces d’oiseaux et de nombreuses espèces de reptiles. L’arrivée des ornithorynques en tant qu’ambassadeurs des espèces australiennes permettront de communiquer sur l’importance de l’eau pour les humains et la faune. Les ressources en eau douce et les habitats sont affectés par la pollution et le changement climatique. Les visiteurs sont encouragés à faire partie de la solution et à protéger la faune par le biais de mesures de conservation de l’eau et de pratiques permettant de ralentir les changements climatiques.

Pour comprendre ce qui se passe avec les ornithorynques en Australie, et pour mieux comprendre leurs conditions de vie et celles qui affectent d’autres espèces aquatiques – le San Diego Zoo Global s’est engagé à consacrer des fonds permanents à la conservation des ornithorynques sur le terrain. Le San Diego Zoo Global, l’Université de Melbourne et des équipes de conservation se sont associés pour lancer un projet unique conçu pour en apprendre davantage sur l’ornithorynque et ses menaces pour sa survie.

Le projet utilise une technologie innovante, dans laquelle des échantillons d’eau sont testés pour détecter des traces d’ADN environnemental afin de mieux connaître les espèces présentes dans les écosystèmes d’eau douce. Il s’agit de la plus grande enquête entreprise pour les ornithorynques et permettra aux chercheurs de cartographier de manière exhaustive leur répartition actuelle. Les informations guideront les étapes futures pour la protection des ornithorynques et des écosystèmes dont ils dépendent dans les régions de Victoria et de Nouvelle-Galles du Sud. L’étude en cours est également importante pour aider à mieux comprendre et évaluer l’impact de l’activité humaine sur cette espèce.

L’ornithorynque
Il s’agit d’un mammifère semi-aquatique pondant des œufs. Il vit sur la côte Est de l’Australie, dans des ruisseaux, des criques et des rivières d’eau douce des États du Queensland, de la Nouvelle-Galles du Sud, de Victoria et de Tasmanie. Les ornithorynques sont uniques en apparence, ils ont un long museau qui ressemble à un bec de canard, une queue en forme de castor, des pattes palmées et une fourrure dense. Ce sont d’excellents nageurs qui pagaient avec leurs pieds palmés à l’avant et se guidant avec leurs pattes postérieures et leur queue. En nageant, des plis de peau recouvrent leurs yeux et leurs oreilles pour empêcher l’eau de pénétrer et leurs narines se ferment sous l’eau. Les ornithorynques peuvent rester submergés pendant environ 20 à 40 secondes à la fois.

Les ornithorynques sont plus actifs au crépuscule et pendant la nuit. Afin de permettre aux visiteurs du Safari Park de bénéficier de la meilleure vision possible et de créer un environnement optimal pour les ornithorynques, le cycle d’éclairage de leur enclos a été inversé, de sorte qu’il imite la nuit de jour et la journée de nuit.

Il est difficile de voir des ornithorynques, à la fois dans la nature et dans un environnement zoologique. Pouvoir apercevoir ces animaux est une expérience rare et spéciale. L’ornithorynque est classé comme quasi menacé dans la nature sur la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), principalement en raison de la destruction de son habitat, du changement climatique, de la prédation et du contact direct avec les humains. Les scientifiques ne connaissent pas le nombre exact d’ornithorynques dans la nature mais les estimations vont de 10 000 à 100 000 individus.

© Christina Simmons / San Diego Zoo Safari Park

Un animal rare en captivité
Bien que les programmes d’élevage en captivité n’aient eu qu’un succès limité, l’élevage des ornithorynques dans les zoos australiens s’est considérablement amélioré au cours des dernières années grâce à des meilleurs techniques d’élevage et une meilleure compréhension de la biologie de l’ornithorynque. Des établissements australiens ont connaissent de la reproduction depuis 1998. Des reproductions en captivité de deuxième génération ont également eu lieu.

Dans l’histoire de la captivité, c’est en 1922 que le Zoo du Bronx présenta le premier ornithorynque dans un zoo en dehors de l’Australie. Il s’agissait d’un mâle arrivé le 14 juillet 1922; malheureusement, il mourut le 30 août 1922.

Invitation avril 1947 © WCS Archives collection

Un quart de siècle après, le Zoo du Bronx expose à nouveau des ornithorynques le 25 avril 1947, il s’agissait de Cecil, le mâle), Penelope et Betty, les deux femelles. Les ornithorynques ont connu un succès retentissant si bien que l’installation ne montrait qu’un ornithorynque à la fois et qu’elle n’était ouverte qu’une heure par jour. L’installation était tellement submergée que pour la saison 1948, une taxe de cinq cents fut imposée dans l’espoir de contrôler la foule. Malheureusement, “Betty” est décédée le 6 septembre 1948. Les deux autres ont vécu beaucoup plus longtemps. La femelle a disparu au cours d’une parade nuptiale en juillet 1957. Le Zoo avait reçu un télégramme de Miami indiquant que Penelope avait été repérée à Cuba, en pleine révolution cubaine. Penelope n’a jamais été retrouvée et deux mois plus tard, Cecil décédait.

Le printemps suivant, en 1958, trois autres ornithorynques arrivèrent à New York. Profitant des améliorations apportées au transport aérien depuis une décennie, un nouveau trio composé de Paul, Pamela et Patty, arrivèrent par fret aérien.  Malheureusement, ils se s’étaient pas bien adaptés, au printemps 1959, ils avaient tous trois péri. Les États-Unis n’ont pas eu d’ornithorynque depuis. (Source: www.wcsarchivesblog.org)

Au milieu des années 90, le gouvernement australien a déclaré qu’aucune exportation d’ornithorynques vers des zoos étrangers ne serait autorisée tant qu’une population captive autonome n’aura pas été établie. Le zoo de San Diego a été le premier zoo au monde à avoir des koalas – ils en ont depuis 1925. Avoir des ornithorynques aujourd’hui en dehors de l’Australie est un espoir dans la protection de cette espèce menacée.

 

 

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