La position de l’AFdPZ au sujet de la situation du Zoo de Pont-Scorff

Le Zoo de Pont-Scorff, établissement qui connaît des difficultés financières depuis de nombreux mois, est actuellement sous les feux des projecteurs.

L’Association Française des Parcs Zoologiques (AFdPZ) tient à préciser que suite à une visite de membres du Conseil d’Administration de l’AFdPZ au Zoo de Pont-Scorff le vendredi 5 avril 2019, un courrier de mise en demeure avec une demande de mise en conformité pour des raisons de sécurité et de bien-être animal lui a été adressé. En effet, de nombreux points relevés ne correspondaient pas à l’éthique de l’AFdPZ et aux standards des parcs zoologiques modernes. “Nous serions heureux qu’une éventuelle reprise permette l’amélioration rapide de ce parc” indique l’AFdPZ.

Aujourd’hui les parcs zoologiques ont des missions et des obligations réglementaires de conservation de la biodiversité, d’éducation à la protection de la nature, et de recherche scientifique. Ils œuvrent en tant que conservatoires de la biodiversité avec comme priorité le bien-être animal.

Les animaux des zoos, tous nés en parcs zoologiques, participent à la conservation des espèces menacées. D’ailleurs les zoos travaillent en étroite collaboration avec les ONGs de conservation, comme par exemple l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) depuis un grand nombre d’années.

Les populations d’espèces menacées hébergées en zoos sont gérées par le biais de programmes d’élevages européens. Ainsi les zoos ne sont pas propriétaires des animaux qui appartiennent en fait à ces programmes coordonnés par des biologistes pour conserver la diversité génétique des populations, et définir des recommandations d’élevage.

Des réintroductions très contrôlées
Lorsque cela est possible, une fois le biotope protégé, les menaces éradiquées, et avec l’accord des communautés locales du pays concerné, les zoos organisent des réintroductions. Récemment, cela a par exemple été le cas cette année pour 5 rhinocéros noirs (en danger critique d’extinction selon la liste rouge de l’UICN), 2 gorilles des plaines de l’Ouest (aussi en danger critique), 8 bisons d’Europe (vulnérable), et des tortues cistudes. Ce type d’actions se fait sous conditions scientifiques strictes et suit les recommandations de l’UICN. Les individus sélectionnés notamment sur des critères d’origine, d’âge, de comportement, et de conditions physiques, font l’objet de surveillance sanitaire stricte et d’un protocole d’acclimatation in situ. Cependant les réintroductions ne constituent qu’un des aspects de la
conservation des espèces.

Lutte contre le trafic d’espèces menacées 
En plus de ce type d’actions, les zoos s’engagent dans la lutte contre le trafic des espèces, cause majeure de disparition de la biodiversité. Ainsi l’AFdPZ a déposé une motion pour le congrès mondial de la Nature 2020 de l’UICN visant à élever ce type de trafic au rang de crime grave. En complément afin de sensibiliser les citoyens à cette menace, l’AFdPZ a sorti cet été aux Editions Glénat une bande-dessinée intitulé « Les Adieux du Rhinocéros » avec un cahier pédagogique. Et bien sûr, les zoos collaborent avec les autorités (Douanes, ONCFS, gendarmerie) mais aussi avec les associations de protection animale, pour l’identification, la recherche de placement en France, le recueil, et la réhabilitation d’animaux sauvages saisis, abandonnés ou divaguant, permettant ainsi non seulement de participer à la lutte contre le trafic mais également d’éduquer le public à la problématique du trafic animal et des
NACs (Nouveaux animaux de compagnie).

Rodolphe Delord, Président de l’AFdPZ précise « Nous sommes fortement engagés financièrement et humainement dans la conservation de la biodiversité. Cela passe aussi par la lutte contre le trafic sur le terrain en France et à l’étranger. Tous les ans, les zoos français fournissent un hébergement de qualité auprès d’experts de la faune sauvage à plusieurs centaines d’animaux saisis en détresse. »

Le retour à la vie sauvage est rarement possible pour ces animaux issus du trafic, en particulier car le pays d’origine des spécimens est la plupart du temps inconnu (car les animaux transitent par plusieurs pays et leur répartition géographique est très large), et car leur état de santé ou leur statut sanitaire ne permet pas le renvoi dans leur pays. Dans tous les cas cela implique un processus long de réhabilitation, de protection du milieu de relâché (afin que l’animal ne soit pas de nouveau victime du trafic), et d’analyses sanitaires et génétiques pour ne pas contaminer les populations sauvages.

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