Le Zoo de Pont-Scorff vendu à une ONG anti-captivité

Une organisation nommée REWILD et créée par 7 associations (Sea Shepherd, Centre Athénas, Hisa, Le Biome, One Voice, Wildlife Angels, Darwin) a annoncée le projet de rachat du Zoo de Pont-Scorff.

Cette organisation annonce qu’elle a signé un compromis de vente, le 16 décembre 2019, pour l’achat du Zoo de Pont-Scorff. Ils ont 5 mois pour lever 600 000 euros et sécuriser l’achat du zoo. Faute de quoi la vente n’aurait pas lieu. A ce moment, plus de 100.00 € a été levé.

Leur objectif:
Renvoyer dans leur milieu d’origine et rendus à la vie sauvage les 560 animaux vivant au Zoo. Ensuite, ce lieu deviendra un centre de réhabilitation pour accueillir les animaux sauvages issus du trafic et saisis par la justice française.

Acheter un zoo par des associations anti-captivité pose débat. Le 25 septembre dernier, via un communiqué, cette association n’écartais pas de porter plainte contre le Zoo de Maubeuge par rapport à la panthère saisie qui avait été volée. Aujourd’hui, ils sont à la tête d’un parc zoologique. Que vont-ils faire pour assurer la protection des animaux?

Cette association dit également que la présentation d’animaux au public est un commerce et que l’accueil d’animaux saisis dans les zoos permet d’alimenter ce commerce. Alors pourquoi acheter un zoo?

Le trafic d’espèces (vivant ou mort) figure désormais parmi les dix priorités d’un plan d’action de trois ans, lancé en 2018 par la Commission européenne. Il faut savoir qu’entre 2009 et 2017, la douane française a sauvé 7643 animaux du trafic. Hormis quelques refuges, seuls les zoos, riches de leur expertise, savent comment les alimenter, les soigner… Les zoos coopèrent avec les états, des agences gouvernementales, des institutions scientifiques, des associations, … offre des animaux pour un retour dans la nature comme par exemple le cas de 5 rhinocéros noirs transférés au Rwanda (voir ici).

En France, il existe de nombreux refuges dont la Tanière. L’ouverture de ce site est prévue au printemps 2020. Il s’est donné pour mission d’accueillir et protéger tout animal abandonné, en détresse ou sans solution, venus d’horizons différents. Autre refuge, le parc et refuge animalier “la Dame Blanche”, un des rares refuges de Normandie dédié aux animaux sauvages, est en difficulté financière. Sans cette structure, que faire de tous ces animaux blessés?

Autre point au sujet des animaux
Le quid des animaux confiés par l’EAZA dans le cadre des EEP? Ces animaux gérés par un programme d’élevage n’appartiennent pas au Zoo de Pont-Scorff mais à l’EAZA. Resteront-ils sur place ou seront-ils placés dans d’autres structures zoologiques? Quid des animaux qui devront rester sur le site, seront-ils visibles comme dans un zoo?

Relâché des animaux c’est important mais vont-ils en amont faire tout le travail sur le terrain pour ne pas les relâcher n’importe où, dans n’importe quelles conditions… ? Le travail sur le terrain est long et fastidieux. La réintroduction concerne la génération d’après.

La plus importante menace pour la faune et la flore est la perte et/ou la dégradation de l’habitat provoquées par l’extension des zones agricoles. Par exemple au Brésil, Jair Bolsonaro, le président brézilien, a été la cible d’une avalanche de critiques de scientifiques, d’ONG de préservation de l’Amazonie et des populations indigènes pour son soutien au développement de l’activité économique, et notamment de l’agriculture et l’exploitation minière, dans des zones protégées.

De nombreux zoos sont très investis dans les programmes de conservation depuis des années et agissent malgré ce qu’on peut dire. En Afrique, beaucoup de structure portent le nom de sanctuaire mais ne sont que des réserves privées qui font de l’argent chose reprochée aux zoos pour les anti-zoos. D’ailleurs quand vous visitez une réserve naturelle comme Masai Mara, au fond ce n’est qu’un méga zoo car en dehors de la réserve, la faune n’a pas vraiment sa place.

Dernier question: le financement
Ils annoncent un centre de formation unique en France alors que dans le monde des soigneurs animaliers, il y a trop de formations. Le site deviendrait un “futuroscope des animaux” avec des animaux sauvages en réalité virtuelle qui s’inviteront dans les allées de l’ancien zoo. Mais aussi, il sera proposé des hébergements insolites. Feront-ils aussi des cagnottes pour payer le personnel, la nourriture, les soins aux animaux, les travaux…

Les zoos et les anti-captivité auront toujours du mal à trouver un terrain d’entente. Malheureusement, ils proposent de belles paroles, reste à voir dans le futur comment le site évoluera mais le fait c’est qu’il seront aussi un zoo. En effet, au terme d’une période de transition, le site reste ré-ouvert au public.

Le site de Rewild: www.rewild.ong

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