Naissance exceptionnelle d’une Propithèque couronnée à la Citadelle de Besançon

Pour la deuxième année consécutive, le Jardin zoologique du Muséum de Besançon voit s’agrandir sa famille de propithèques couronnés. Après Soa fin 2018, une nouvelle femelle a vu le jour le 22 décembre dernier. Une naissance porteuse d’espoir pour cette espèce de lémuriens endémique de Madagascar, particulièrement menacée.

© Clarisse Cointet

Le Propithèque couronné (Propithecus coronatus) est une espèce classée « en danger » sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la conservation de la Nature ). Actuellement, la population dans la nature est estimée à seulement 1000 individus. Seuls 8 parcs zoologiques au monde (7 européens et 1 malgache) accueillent cette espèce, représentant fin 2019 une population de 17 individus dont seulement 5 femelles.

Aujourd’hui, le Muséum présente une famille composée d’un couple reproducteur et de leurs deux jeunes : Eridan, le mâle âgé de 22 ans ; Raozy, la femelle âgée de 5 ans ; leurs petites Soa âgée de 1 an et la dernière née âgée de bientôt 2 mois. La petite propithèque pesait environ 100 g à sa naissance. Contrairement à Soa, née l’année dernière, elle n’a pas eu besoin d’être élevé e à la main. En effet, sa mère a tout de suite eu les bons réflexes maternels et a ainsi su prendre soin d’elle. Cette nouvelle naissance, la deuxième en deux ans, représente un grand espoir pour la pérennité de la population en parcs zoologiques puisqu’avec sa sœur, elles sont les plus jeunes femelles en Europe.

Le suivi de cette gestation (5 mois et demi) a été facilité grâce à l’entrainement médical pratiqué tout au long de l’année par les équipes animalières. Cette technique permet aux animaux de recevoir de manière volontaire les soins vétérinaires , dans une totale coopération et sans stress. Cela permet ainsi de réaliser des échographies et d’ observer de plus près les individus sans manipulation. Cette méthode se révèle être d’un confort inégalable à la fois pour l’animal mais aussi pour le soigneur et le vétérinaire.

Le travail méticuleux des soigneurs dans leurs tâches quotidiennes pour les soins apportés à ces animaux (observations, nourriture, enrichissements alimentaire ou de l’environnement) contribue à leur bien-être et favorise ainsi les naissances. Il est à noter que les premiers mois de vie de cette espèce fragile sont considérés comme critiques. La viabilité de la petite femelle ne peut, pour l’heure, être garantie malgré les bons soins prodigués par sa mère et par les équipe s animalières, qui veillent à son bon développement et à sa bonne santé.

© Clarisse Cointet

En attendant les beaux jours qui permettront de découvrir la petite et l’ensemble de sa famille dans leur loge extérieure, les internautes sont invités à voter dès ce soir pour le prénom du bébé parmi trois prénoms malgaches soumis par les soigneurs :
– Tiana signifiant « aimé »
– Tahiry signifiant « trésor »
– Fara signifiant « benjamine »
– Fanja signifiant « fleur »

Rendez-vous sur la page Facebook de la Citadelle pour voter
Reconnu à l’échelle internationale pour son implication et son savoir-faire en matière de préservation et de reproduction des espèces menacées, le Muséum de Besançon s’est engagé depuis de nombreuses années dans la conservation ex-situ (« hors de la nature ») des lémuriens. Il présente à ce jour trois espèces de ces primates endémiques de Madagascar, toutes menacées d’extinction : le Propithèque couronné, le Vari à ceinture blanche et le Lémur couronné.

Au fil des années, le Muséum a ainsi acquis une solide réputation en la matière auprès des établissements zoologiques. Cela a notamment permis d’accueillir, en 2017, l’association des vétérinaires de zoos puis l’association francophone des soigneurs animaliers pour une formation sur l’élevage des lémuriens. Les vétérinaires, les soigneurs et les chefs soigneurs ont formé une trentaine de confrères sur les caractéristiques et les besoins des lémuriens.

Par ailleurs, la Citadelle soutient depuis 2011 l’association « Sifaka conservation », à hauteur de 2000 € par an. Cette association malgache œuvre à la préservation du Propithèque couronné, dont il subsiste environ 1 000 individus –-population en forte diminution – vivant encore à l’état sauvage dans différentes forêts au centre ouest de Madagascar.

© Clarisse Cointet

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