Des diables de Tasmanie arriveront bientôt à la Ménagerie, le Zoo du Jardin des Plantes

Emblèmes d’une espèce menacée et d’un projet de conservation ambitieux, des diables de Tasmanie rejoindront la Ménagerie du Jardin des Plantes à la fin du mois de mars.

© David Clode

Deux mâles âgés d’un an et demi s’apprêtent en effet à rejoindre un enclos aménagé rien que pour eux. Ce dernier a été préparé selon un cahier des charges rigoureux transmis par le centre de conservation de l’espèce afin de satisfaire au moindre besoin des animaux.

Aude Bourgeois, vétérinaire chargée de les accueillir, prépare cette arrivée de longue date. Dès 2016, elle assistait à une formation au parc zoologique de Copenhague qui héberge cette espèce depuis plusieurs années et fournit des individus aux parcs européens. Deux autres soigneurs de la Ménagerie ont également été formés depuis, et le reste de l’équipe de la Ménagerie a reçu toutes les informations nécessaires pour prendre soin de ces deux nouveaux pensionnaires à la biologie et aux instincts si particuliers.

« Il se pourrait qu’au début, il y ait un temps d’adaptation car ils vont voyager en avion depuis l’hémisphère sud où c’est actuellement l’été. Ensuite, nous allons devoir nous habituer à les manipuler même s’ils sont plutôt dociles. Leurs dents pointues peuvent blesser sévèrement s’ils se sentent en danger. Puis, nous devrons gérer des dents cassées en raison de la force de leur mâchoire, des plaies et des blessures fréquentes qui résultent des morsures entre eux, notamment lorsqu’ils s’affrontent face à la nourriture. Leur vieillissement n’est pas non plus évident. L’espérance de vie d’un diable de Tasmanie est d’environ 7-8 ans en captivité mais dès 4-5 ans, ces animaux développent naturellement des cancers et présentent des dégénérescences nerveuses provoquant des pertes d’équilibre. Cela nécessitera des soins et de l’attention. Nous sommes prêts ! », précise Aude Bourgeois.

Cette espèce est classée « en danger d’extinction » : les diable de Tasmanie sont en effet victimes d’une terrible tumeur à la face transmissible par morsure, qui a déjà éliminé 80 % des individus. Une population de réserve a été créée et des animaux « ambassadeurs » sont envoyés dans différents zoos, en Europe et en Amérique du Nord. La Ménagerie a ainsi été sélectionnée par la Fondation tasmanienne pour la sauvegarde de l’espèce.

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